La couverture de l’album donne immédiatement le ton du récit: le portrait officiel de De Gaulle, la main posée sur les volumes de la constitution de la nouvelle République, le visage et l’épaule éclaboussés de sang.
Bien peu le savent aujourd’hui, mais les débuts de la 5e République ont été entachés de violence et de magouilles politiques dans le but d’assoir le nouveau régime et d’assurer sa pérennité.
Pour cela, un instrument est créé, le SAC, sorte d’officine plus ou moins secrètes, composée de barbouzes issus de divers horizons, assemblages d’amitiés goes-normes (anciens résistants ou collabos, anciens de la guerre d’Algérie membres de l’OAS…).
C’est aussi l’époque de ce qu’on a nommé la France-Afrique, période où l’on finance le parti politique au pouvoir avec des Malettes remplies de billets provenant dES trafics d’armes et autres produits illicites. Chirac, Pasquoi et cie semblent avoir trempé là-dedans…
Et gare à celui qui se mêle trop de ces affaires. Deux principaux assassinats font l’objet de l’enquête menée par un journaliste et retranscrite en BD par l’excellent Étienne Davodeau. Celui du juge Renaud d’abord, téméraire magistrat et celui du ministre Boulin, très vite maquillé selon eux en suicide. Mais il y eut aussi le cambriolage de Strasbourg, la tuerie d’Auriol et les pressions sur les journalistes, jugés et familles des victimes.
Un sacré coup de pied dans la fourmilière, qui relancera peut être un jour les enquêtes sur l’enfance de notre chère République