"Sommes-nous les jouets des astres ? Qu’est-ce que ces choses lointaines éveillent en nous, qui nous anime et nous pousse à agir d’une façon qui nous étonne nous-mêmes ?
Au-dessus de la demeure de Vidal, l’éleveur d’ânes, une planète brille trop fort ; le comportement de cet homme paisible s’en ressent. Son amie Aube assiste, impuissante, à sa transformation. Parviendra-t-elle à l’arracher à cette influence néfaste, ou faudra-t-il attendre l’aide de Peyr Romo, le magicien des Monts de Soufre ?
Dans la vallée de Pélagis, de vieux instincts s’éveillent, prêts à dévorer toute humanité dans le cœur des êtres…
Une plongée dans l’âme d’un monstre, dans l’univers des Sentiers des Astres.
Un court roman pouvant se lire en toute indépendance du cycle principal, luxueusement présenté et illustré, pour les fêtes de fin d’année !"
Mon roman préféré de l'auteur et de loin. J'ai tout aimé ici, de la plume carrément sublime de Platteau, à l'histoire de la famille Romo, de Peyr le magicien, sa femme Aube et leurs enfants... Et Vidal ce bon vieux Vidal. L'atmosphère de ce récit est remplie de poésie et de charmes, je me suis surpris à me voir aux côtés des personnages, allongé sur l'herbe des collines la nuit et observer les constellations du sentier des Astres. La tension du récit monte crescendo et la plume précise et imagé de l'auteur m'a fait froid dans le dos 😅 Au fil des pages, l'atmosphère devient lourde, les contes d'horreur prennent corps et vie sous l'astre néfaste et c'est toute la vallée qui est en danger.
Un court récit poignant qui aura su m'atteindre au cœur. 💖
Ça y est, on est des grands chez Le Cri du Troll, la preuve : on nous envoie un livre sans qu’on ait harcelé quiconque pendant trois semaines avec notre subtilité légendaire (oui, enfin, pas que ce soit dans nos habitudes hein…). Et attention, c’est pas n’importe quoi ! Les Moutons Électriques nous ont proposé le tout pitit et tout mignon Dévoreur de Stefan Platteau, un roman court de moins de 150 pages situé dans l’univers du Sentier des Astres dont le tome 1, Manesh, est sorti en 2014.
Le retour du conte
« Oui, mais personne n’a lu Manesh ici ! », s’est exclamé le troupeau de trolls déconfits. « Ne vous tracassez donc point » répondit l’éditeur ovin, « Il n’est nul besoin de connaitre l’univers pour se délecter de Dévoreur ». Qu’à cela ne tienne, on a donc voulu tirer à la courte-paille le chanceux qui allait pouvoir chroniquer la bête, et puis on s’est rappelé qu’on était des trolls, et nous avons sorti les massues… Et me voici donc devant ce petit ouvrage à la couverture magnifique, réalisée par Melchior Ascaride comme tout le design intérieur. De la taille d’un format poche à la forme presque carrée, le livre est illustré par des petits cabochons à chaque début de chapitre, et toutes les pages sont bordées de runes pour habiller le texte. Ça donne un objet magnifique.
Dans Dévoreur, nous faisons la connaissance d’Aube Romo qui vit avec son mari et ses deux enfants dans une maison isolée sur la montagne. Peyr, son époux, est un grand magicien qui doit partir pour une mission de plusieurs mois en laissant ses proches. Heureusement que Vidal, leur meilleur ami et plus proche voisin, est là pour leur rendre visite et distraire la petite famille restée à la maison grâce à sa bonne humeur. Mais un jour, Aube remarque que Vidal ne vient plus, il reste cloitré dans sa maison avec ses enfants, se comporte froidement avec son amie. Quelque chose de pas très frais se trame dans la montagne et Aube va bientôt découvrir ce qui rôde et menace sa famille.
On retrouve une ambiance de conte à travers ce court récit, l’auteur nous plonge dans cet univers avec maitrise et talent dans un style proche de ses modèles. Ce style est impressionnant, on prend un réel plaisir simplement avec la prose de Stefan Platteau. Par-dessus tout, il nous donne de suite envie d’entendre cette histoire à l’oral, ou même de le lire à voix haute tant la narration s’y prête (une version audiobook m’inciterait sûrement à tester ce format). Elle parvient à garder cette tradition de la transmission orale des histoires alors qu’on la lit, oui je sais, c’est con mais c’est ce que j’ai ressenti tout de suite.
♪ Et vice et versaaaaaaa ♪
Le livre se découpe en deux parties distinctes : Dans la première, on suit Aube tandis qu’elle essaye de comprendre le phénomène étrange qui plane sur la montagne. Cette partie est très réussie grâce à son aura de mystère. L’héroïne va tout faire pour découvrir ce qui se trame malgré le danger et la peur car la sécurité de ses enfants est en jeu. L’ambiance effrayante emporte le lecteur jusqu’à ce qu’il comprenne à quoi il a affaire. Dans la seconde partie c’est Peyr qui va prendre le relais, la menace est maintenant déclarée et l’histoire devient plus orientée vers l’aventure et change légèrement de ton. Le magicien va partir affronter le danger armé de son arsenal de sorts et de connaissances.
Les contes sont en général destinés aux jeunes et servent à leur transmettre des valeurs à travers une morale et un sens du danger. D’ailleurs ils apparaissent aujourd’hui comme bien violents pour leur cible et sont souvent édulcorés pour nos contemporains, mais pas de ça ici ! Dévoreur prends ce ton cruel et gore propre aux grands classiques, c’est génial de constater que l’auteur garde ce qui fait la force du genre et ne prend pas les lecteurs pour des êtres fragiles que la moindre babiole traumatiserait. Mais l’originalité de cette aventure est que, pour une fois dans un récit de ce type, on ne se place pas du point de vue des enfants.
Par ce simple changement de perspective, Stefan Platteau donne à son histoire une signification nouvelle. Il parle à l’enfant en dévoilant les dangers du monde et le sens de la peur, mais on s’aperçoit vite qu’il parle également à l’adulte, et surtout au parent ou futur parent potentiel. Dévoreur explore notre responsabilité face à l’enfant, que ce soit le nôtre ou celui des autres. La dédicace à la fin du roman trouble autant qu’elle éclaire sur l’intention, surtout par rapport à la relation entre Peyr et sa fille à la fin de l’histoire.
The evil within
Dans les classiques comme Le petit Poucet ou encore Hansel et Gretel, les enfants sont isolés des adultes ou opposés à eux, ils sont livrés à eux-mêmes face à la dure réalité et à la cruauté du monde. Ici l’écrivain intègre les adultes à leur aventure, ils ne sont ni exclus, ni placés en opposition du monde des enfants. Ils en font partie intégrante. C’est marrant quand on voit que « les adultes sont devenus méchants/ont disparu/ont abandonné les enfants » est devenu un des clichés absolus de la littérature Young Adult alors qu’il est tellement plus puissant de parler du mélange des générations que de leur exclusion mutuelle, ce qui nous est vraiment bien démontré ici.
ALERTE SPOILER : Dans la suite de l’article, je vais parler d’un des thèmes du livre, mais qui constitue en soi un spoiler par rapport à l’identité du mal qui rode dans cette première partie. Je ne dévoile rien sur les évènements ou la fin, mais si vous voulez vraiment garder la surprise sur la menace qui plane sur les Romo (ce que je recommande si vous ne savez rien du livre), sautez directement au verdict, mais je ne peux décemment pas critiquer le bouquin sans aborder ce thème.
En effet, Stefan Platteau revisite la figure de l’ogre si emblématique des contes classiques, l’ennemi est une créature immense qui ne pense qu’à manger les montagnards et surtout les enfants. L’ogre a toujours représenté le monde extérieur une fois sorti du cocon familial, les adultes dangereux et cruels, mais ici on ne peut s’empêcher de prendre ça comme une réflexion sur la paternité. L’adulte peut être responsable et protecteur, c’est un refuge pour les petits qui ont besoin de confiance et d’affection. Mais il est aussi l’effrayant, le violent et le menaçant qui a le plein pouvoir sur plus faibles que lui. Et dans les yeux d’un enfant, la vision de l’un ou l’autre changera son rapport au monde et on assiste à ce changement du point de vue du parent, impuissant à complètement protéger l’innocence de son gosse. C’est puissant.
Dévoreur est tout petit, mais c’est un livre immense. Il reprend tous les codes du conte classique mais en modifie juste ce qu’il faut pour y apporter la touche personnelle et la fraicheur qui suffisent à emporter le lecteur, et à lui donner de la profondeur et de l’importance. Dans le fond comme dans la forme, ce roman est une réussite absolue. Bon, j’ai un peu envie de lire Manesh maintenant…
Dévoreur est un one shot, qui se déroule dans le monde de la série Les Sentiers des Astres, dont Manesh et Shakti sont les deux premiers tomes. Il ne faut pas avoir lu ces livres pour entamer la lecture de Dévoreur.
C'est aussi le premier Platteau que j'ai lu. Comme j'avais écrit dans ma critique de La Stratégie des As de Damien Snyers (à lire ici), Stefan Platteau a gagné, en 2015, le prix des Imaginales (le plus grand festival de l'imaginaire en France) pour son début, Manesh. Non seulement l'histoire même, mais surtout son style d'écriture (de haut niveau) avait surpris (de façon positive) le jury.
En tant que néerlandophone, j'ai déjà lu plusieurs livres en français (comme vous pouvez voir ici), entre autres de Damien Snyers, Gabriel Katz, Pierre Grimbert, Pierre Pevel, Pierre Bordage, .... Non seulement pour améliorer mon français (qui est une des trois langues nationales en Belgique), mais aussi parce que la France a un offre énorme dans le domaine de la Fantasy et SF (ou l'imaginaire, tout court).
Mais bon, revenons sur Dévoreur, une histoire qui compte 135 pages et qui se lit assez facilement, tant qu'on maîtrise suffisamment la langue française. Le style est, en effet, d'une haute qualité et d'un haut niveau. Il n'y avait pas mal de phrases ou de mots pour lesquel(le)s il me fallait un dictionnaire. (Qu'est-ce que ça va donner, le jour où je lis quelque chose de Jean-Philippe Jaworski ou d'Alain Damasio [dont j'ai trois livres dans ma collection]? ;-) )
Le livre est reparti en plusieurs chapitres, chacun se concentrant sur un ou plusieurs personnages: * Aube, la femme de Peyr Romo, le magicien des Monts de Soufre, et qui ont 2 enfants * Vidal, l’éleveur d’ânes, qui part pour le marché, mais n'y arrive jamais et ne vend donc pas d'ânes. Lui aussi, il a deux enfants. * Peyr Romo, le magicien des Monts de Soufre, qui revient de son voyage * La rencontre (violente et éclairante) et entre Vidal et Peyr Romo, quand ce dernier est mis au courant, par son épouse, des événements lors de son absence
Les dieux jouent aussi un rôle important, que se soit par rapport au comportement des personnages, ou dans le monde même.
Dévoreur fait référence à un dieux néfaste, comme c'est décrit dans le livre et montré dans une sorte de schéma. Et cette influence est à la base des événements obscures, même un peu lugubres. Je me souviens d'avoir lu quelque part une référence à, par exemple, H.P. Lovecraft. Puisque je n'ai jamais lu quelque chose de Lovecraft, je ne peux pas confirmer ou faire une comparaison.
En tout cas, malgré les obstacles poétiques (pour moi) - qui ont une valeur ajoutée, car enrichissant -, j'ai bien aimé cette petite histoire, qui me semblait un mélange de, entre autres, Robin Hobb et le monde de la série Dragonlance, dans laquelle les dieux jouent aussi des rôles cruciaux. J'ai hâte de lire la série même.
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Dévoreur is een alleenstaand verhaal, dat zich in de wereld van de reeks Les Sentiers des Astres, waarvan Manesh en Shakti de eerste twee delen vormen, afspeelt. Je hoeft die boeken niet gelezen te hebben om Dévoreur te kunnen lezen.
Het is eveneens het eerste boek van Platteau dat ik gelezen heb. Zoals ik in m'n recensie van La Stratégie des As van Damien Snyers geschreven heb (zie de link hierboven), heeft Stefan Platteau in 2015 de "Prix des Imaginales" (het grootste festival in Frankrijk dat zich toelegt op het imaginaire - fantasy, sciencefiction, ...) gewonnen voor z'n debuut, Manesh. Niet enkel het verhaal, maar ook de kwalitatieve schrijfstijl heeft de jury aangenaam verrast.
Ik heb, als Nederlandstalige, al meerdere Franstalige boeken achter de kiezen, van o.a. Damien Snyers, Gabriel Katz, Pierre Grimbert, Pierre Pevel, Pierre Bordage, .... Ik lees niet enkel in het Frans (toch een van de drie landstalen in België) om m'n talenkennis bij te schaven, maar ook omdat Frankrijk een enorm aanbod heeft op het vlak van fantasy en sciencefiction (kortom, het imaginaire, het denkbeeldige).
Terug naar Dévoreur, een verhaal dat 135 pagina's telt en best vlot te lezen is, zolang men de Franse taal voldoende beheerst. De stijl is inderdaad van een zeer goede kwaliteit en een hoog niveau. Er waren bijgevolg een redelijk aantal zinnen en woorden waarvoor ik naar de woordenboek moest grijpen. (Wat zal dat geven wanneer ik op een dag boeken van Jean-Philippe Jaworski of Alain Damasio zal lezen? Van deze laatste heb ik er alvast drie in m'n verzameling)
Het boek is verdeeld in meerdere hoofdstukken, elk gewijd aan een of meerdere personages: * Aube, de vrouw van Peyr Romo, de tovenaar van de Zwavelbergen; samen hebben ze twee kinderen * Vidal, de ezelkweker, die regelmatig naar de markt in het dorp trekt, maar er op een dag nooit aankomt en dus niks zal verkopen. Ook hij heeft twee kinderen. Z'n echtgenote is echter al een tijdje geleden overleden. * Peyr Romo, de tovenaar van de Zwavelbergen, die terugkeert van z'n reis * de (gewelddadige maar ook verhelderende) ontmoeting tussen Vidal en Peyr Romo, vooral nadat deze laatste door z'n vrouw op de hoogte wordt gesteld van de recente ontwikkelingen die zich tijdens zijn afwezigheid afgespeeld hebben
De goden spelen ook een belangrijke rol: het beïnvloeden van het gedrag van de personages of de ontwikkelingen in de wereld zelf.
De titel Dévoreur verwijst naar een van de schadelijke (kwaadaardige) goden (dieux néfastes), zoals ook in het boek schematisch afgebeeld en beschreven in het verhaal zelf. Die invloed ligt ook aan de basis van de duistere, lugubere gebeurtenissen. Ik herinner me ergens gelezen te hebben, dat Platteau voor dit verhaal geïnspireerd was door o.a. H.P. Lovecraft. Ik heb echter nog nooit iets van Lovecraft gelezen, dus kan ik dit noch bevestigen noch ermee vergelijken.
In ieder geval en ondanks de poëtische hindernissen (althans voor mij), die van toegevoegde en verrijkende waarde zijn, heb ik dit verhaal graag gelezen. Het leek me een geslaagde mengeling van Robin Hobb en de wereld van Dragonlance, waar de goden ook een cruciale rol vervullen. Ik ben benieuwd naar de serie zelf.
Un très bel objet-livre qui renferme de la magie, du courage, mais aussi de la folie. Un conte macabre mené par la plume fluide et addictive de Stefan Platteau, où cependant la magie règle parfois un peu trop facilement les choses. Les mots de la fin sont justes et interpellent. Une belle lecture !
Belle histoire/ conte, fluide, fantastique et véridique en même temps (la meilleure qualité du fantasy). Le fil narrateur est coupé par endroit par des choses narrées un peu maladroitement qui nous sortent de la transe dans laquelle un livre bien écrit nous plonge. Un bon livre.
Ah voilà un coup de maître, une histoire d'ogre pour adultes, ça manquait! On a peur et mal avec la femme du magicien, on serre les dents pour les enfants et on ne termine pas par une fin gentillette, c'est parfait. Une belle morale pour terminer et le tour est joué.
Nous suivons Vidal, un éleveur d'ânes et une famille qui le côtoie dont le père est magicien. Il existe des astres fastes et néfastes : le dévoreur fait partie de la seconde catégorie et va avoir une influence sur Vidal et nous assistons à une transformation progressive de ce personnage. Nous explorons la profondeur de l'âme humaine. Celle-ci a ses faiblesses et c'est par celles-ci que l'astre va pouvoir influencer cette âme, en s'attaquant et en profiter de ces faiblesses. La plume est toujours aussi belle, et on explore tout ce qui a un rapport avec la magie, peu développée dans Manesh. Une magie où l'on invoque les esprits pour nos propres besoins. Un univers très sombre et particulier. Nous abordons la noirceur de l'âme et lorsque c'est porté par une si belle plume, je dirai presque que c'est beau. Et puis, cette façon de narrer cette histoire comme une légende, j'ai trouvé que c'était extrêmement bien fait ! J'ai hâte de continuer la saga Le Sentier des Astres !
Très belle nouvelle, très bien écrite, des personnages très intéressants aussi. Dévoreur est une belle introduction au monde que Stéfan Platteau veut mettre en place. De ce fait, j'ai hâte de commencer Manesh et d'entamer la trilogie en tant que telle.