Sur le trajet du retour, la tête pleine de projets, de devoirs, de rêves de bonnes notes, Margot sursauta. Un bras lourd, menaçant, venait de se poser sur ses épaules, et une voix chuchota :
— Tu viens avec moi ce soir, chérie.
Elle ne savait pas ce qui lui arrivait. Elle se dégagea et se mit à courir. C’était un grand garçon de quatrième ou de troisième. Pour la deuxième fois, elle arriva chez elle secouée et à bout de souffle. La sixième était pleine de dangers.
— J’ai été attaquée dans la rue, cria-t-elle en se demandant si c'était bien cela qu'on appelait "viol". On m'a violée ! hurla-t-elle à tout hasard. Sa mère et sa sœur se pressèrent à ses côtés.
— Qu’est-ce qui s’est passé ? Elle expliqua le bras, le garçon, le « Tu viens avec moi ce soir, chérie », d’un ton sinistre.
— C’est tout ? interrogea sa sœur déçue qui s'attendait à une histoire plus juteuse.
— Ça ne fait rien, consola sa mère. Peut-être qu’il aimait ta tête. Ce n’est pas si terrible.