édifiant! La profondeur d'analyse de Mme Carrère, basée autant sur les sources soviétiques officielles que des rechèrches commandées par des soviétologues américains et des organismes religieux, est surprenante dans sa justesse et précisions des causes de la dissolution de l'URSS, et permet de dire aujourd'hui qu'il n'est jamais possible de prévoir qu'un ouvrage, même près-ce que prescient, attirera quelconque attention au moment de son édition. Intéressant de voir que tous les prévisions se sont réalisés - du réveil d’intérêt des minorités ethniques pour leurs propres langues et leur racines, à la crise de la main-d’œuvre, à la fondamentalisation et la création d'un islam politique et à l'immigration massive tadjike et ouzbèke en Russie, à la crise religieuse et identitaire et cætera. Reste maintenant à voir, si le le département du planification - ce fameux Gosplan et le KGB de l'époque ont décelé ses tendances, vu qu'ils avaient aussi accès à des sources étrangères comme cette chercheuse, et que tout de même ils ont été la source première de ses statistiques, s'ils ont sus reconnaître et par la suite ont seulement préféré de fermer les yeux, ou que cette fameuse phrase sur la sélection négative au sein des administration était vrai et que le bateau a perdu le capitaine aussitôt quittant le port de la croissance et de la détende politique Khrouchtchevienne pour s'engager dans la morosité Brezhnevite.
L'auteure avait vu juste : L'empire soviétique s'est bien effondré mais pas pour les raisons qu'elle invoque dans son livre. Non pas que ces dernières n'existent pas, loin de là mais si l'URSS et par voie de conséquence les pays de l'Europe de l'Est se sont effondrés, se sont avant tout parce que le régime était en déliquescence.