Décembre 1888. Alors que le bon peuple de Paris s’interroge sur cette tour que l’impérieux Gustave Eiffel fait édifier à grands frais, d’étranges rumeurs circulent dans les faubourgs de la capitale : les morts parlent !
Interpellé par la presse à ce sujet, le préfet de police M. Henry Lozé tourne en ridicule « les plaisanteries de quelques coquins ». Ainsi parle-t-il devant le beau monde, sous les feux électriques du parvis de l’Opéra Garnier. Mais, depuis l’ombre de ses cabinets, l’homme lance sur cette affaire les plus fins limiers de la République.
Pendant ce temps, l’Académie des sciences en appelle à ses éminents savants pour que la pensée rationnelle, une fois pour toutes, triomphe des ténèbres de l’obscurantisme.
Une lecture très agréable. Nous sommes plongés dans le Paris de ce tournant de siècles, tiraillé entre l'opulence de ses beaux quartiers marqués par le Baron Haussmann et ses quartiers populaires où s'ébattent petite pègre et trafiquants en tout genre. Nous suivons un duo d'inspecteurs classique: le grand homme expérimenté et le jeune bleu qu'on lui colle aux basques. Mais l'originalité vient des caractères assez particuliers de ces personnages. On suit avec plaisir ces traversées de Paris marquées d'une plume généreuse et volubile pendant que se déroule petit à petit l'intrigue qui nous intéresse et où nos policiers se trouvent mêlés. Il y a un petit côté roman-feuilleton policier vu la longueur, mais au moins nous n'avons pas de raccourcis bâclés et le style de l'auteur est toujours très agréable à lire. Le début semble fortement réaliste mais petit à petit les éléments fantastiques se mettent en place. Le final donne absolument envie de lire la suite.
J'ai mis un peu de temps à rassembler mes impressions pour pouvoir parler de ce livre avec objectivité. Parce que c'est un bouquin très particulier. Il comporte pas mal de défauts et pourtant, j'ai beaucoup aimé ma lecture. Je l'ai même adorée. Mais elle s'aborde avec prudence.
Pourquoi j'ai aimé ? Ça tient en grande partie à son intrigue, bien sûr, assez surprenante, pleine de révélations, extrêmement détaillée, parfois affligée de longueurs et de lenteurs, mais surtout à son personnage principal - l'inspecteur de la sûreté Eudes Anatole Faust Lacassagne, surnommé le Khan ou encore "l'homme au moineau", ancien militaire ayant vécu en Asie, dont le profil est pour le moins atypique et la force redoutée. Il est secondé par un tout jeune collègue, Louis Bertillon, naïf et empathique (son totalement opposé, en somme) totalement fasciné par son mentor.
Partis d'une histoire de disparitions de cadavres en plein coeur de Paris, à l'époque où émergent les fondations de la Tour Eiffel et où se prépare la fameuse exposition Universelle de 1889, Lacassagne et Bertillon nous entraînent avec eux au coeur d'une aventure fabuleuse qui nous permet d'explorer comme jamais la capitale figée sous les glaces, de s'égarer dans ses ruelles, ses institutions, ses marchés immenses, ses cimetières, ses abattoirs et ses cafés-théâtres.
Mais très vite, les disparitions laissent place aux cadavres.
Avec un lyrisme bien maîtrisé, l'auteur nous balade en fiacre ou en dirigeable des morgues de la ville aux bureaux de la sécurité aux côtés de ses protagonistes dont la gouaille est jouissive et la volonté de faire toute la lumière sur cette affaire, indéfectible – jusqu'à mettre leurs vies en danger. On se perd dans la nature des indices découverts, les symboles ésotériques, les fleurs mystérieuses, les sujets scientifiques, les annulaires coupés et les combats qui s'enchaînent. Entre deux affrontements et deux engueulades (pas facile, "l'homme au moineau"), on se creuse l'esprit, comme Lacassagne, pour tenter de relier les évènements entre eux, pour trouver les coupables. Très vite, on réalise, comme lui, que cette histoire va plus loin, que les enjeux sont plus personnels et qu'au final, celui qui est en danger, ça pourrait bien être Lacassagne lui-même...
Encore une fois, le récit n'est pas sans défauts. Le style demandera une période d'adaptation; les nombreuses expéditions dans les méandres de la ville pourront en lasser plus d'un; la masse d'informations sur le Paris de l'époque, les détails scientifiques, la documentation sur l'histoire de certaines inventions du XIXème siècle... Tout cela peut sembler mal incorporé dans le récit, perdre le lecteur et provoquer une impression brouillonne et surchargée. Sans parler des personnages secondaires assez stéréotypés...
Cependant, j'ai trouvé que ces défauts s'effaçaient devant la richesse du récit, son originalité et la maîtrise de l'intrigue. Il faudrait être naïf pour ne pas reconnaître le talent de conteur de Feldrik Rivat, l'énergie brillante injectée dans ses personnages, la performance littéraire qui permet de ramener à la vie ce Paris de la Belle Époque avec ses lumières, ses génies et sa noirceur, ou la manière dont il a conçu son histoire pour que chaque élément s'imbrique parfaitement à la manière d'un puzzle lorsque la lumière est faite à la fin. Et quelle fin !
Pour moi, c'est une très belle découverte à l'ambiance soignée, une acquisition que je vais conserver précieusement avant de me procurer la suite indispensable, même si ce livre, premier d'un dyptique, reste destiné à un public patient, amateur de langage recherché, de steampunk, d'enquête policière à la Sherlock Holmes et d'ésotérisme.
C'est dans le cadre d'un challenge que j'ai acheté ce livre: lire un livre dont la couverture vous attire mais sans en lire le résumé. C'est donc à l'aveugle que je me suis lancée (chose que je ne fais jamais!)
Du fantastique, une enquête policière, une fiction historique... ce sont des thème que je lis et que j'affectionne, c'est donc à ce niveau là une bonne pioche.
Pour ce qui est de l'histoire en elle-même, ce n'est pas un franc succès par contre. J'ai enchaîné les moments d'ennui avec des moments de frénésie de lecture.
L'histoire est très longue à se mettre en place, l'écriture est soutenue, avec l'utilisation d'expressions passées de mode depuis fort longtemps, ce qui ne facilite pas la compréhension et l'enquête passe à mon goût trop souvent au second plan.
Cependant il faut reconnaître le grand travail de recherche de l'auteur ainsi que l'ambiance d'un Paris de la fin de XIXe siècle qu'il a su dépeindre avec beaucoup de réalisme.
Le point fort, pour moi, est le personnage d'Eude Lacassagne: mystérieux, déroutant, souffrant de nombreux maux et affligé de tocs. C'est un personnage vraiment intéressant.
Mais voilà, l'ennui ayant pris le pas plus souvent que l'intérêt (j'avoue avoir fini le livre en diagonal), et malgré une fin qui laisse sur sa fin, je ne poursuivrai pas ma lecture avec le second tome.
Malheureusement après deux cents pages je n’arrivais toujours pas à apprécier pleinement l’histoire et je n’arrivais pas à suivre l’enquête tellement j’étais lente dans ma lecture. 1 mois pour lire un peu moins que la moitié. Les romans policier ne sont pas mon genre littéraire préféré (voire que j’aime le moins) donc j’ai sans doute fait une erreur en achetant ce livre en sachant que c’était une enquête et en deux tomes 😢 En même temps je veux savoir de quoi ça parle vraiment car pour l’instant je n’ai que compris que des cadavres disparaissaient… L’univers ne m’était pas familier donc je ne comprenais pas tout ce qu’ils se disaient. Et puis l’univers policier et tout, vraiment pas mon truc. N’empêche que je m’accrochais pour les révélations et le duo Lacassagne-Bertillon Mais Lacassagne ne montre vraiment aucune empathie et de sympathie et à un moment je commençais à m’impatienter. En fait, le roman est assez lent à démarrer. Et je ne veux pas risquer une panne de lecture.
Je crois qu’il peut plaire à plein d’autres. Je conseille quand même parce que je n’ai pas terminé et que ce n’est pas mauvais du tout.
J’ai bien aimé l’argot de l’époque et la richesse du vocabulaire, mais malgré l’ambiance immersive, je décrochai tout le temps. Je me retrouvait à rêvasser et à penser à d’autres lectures. L’intrigue met trop de temps à se lancer et j’ai fini par poser le livre. Sauf que je n’avais absolument pas envie d’y revenir. Certains passages m’ont sortie du récit, et le fameux “Grand Khan” m’a définitivement perdue. Vraiment, je ne comprends pas le délire des surnoms de ce style. C’est mon deuxième abandon de l’année. La chronique complète dispo ici : https://sorbetkiwi.fr/index.php/la-25...
3,5 J'ai beaucoup aimé l'ambiance du livre, mais l'histoire traine un peu trop à mon gout. C'est dommage car je me suis vraiment prise dans l'histoire, mais les révélations mettent trop de temps à arriver. Je vais lire la suite car j'ai quand même envie d'avoir la résolution de cette affaire !
J’ai adoré l’ambiance du livre, je suis tout de suite rentrée dedans mais je trouve la fin un petit peu précipitée et floue. le dernier « chapitre » du livre confuse plus le lecteur qu’autre chose. Les personnages restent bien construits et attachants, on entre direct dans l’histoire et on veut que ce mystère soit résolu, et empêché. Il est tout de même nécessaire de lire le tome 2 pour comprendre le tome 1, donc à voir quand j’aurais fini la lecture du Chrysanthème Noir.
Dommage que ce roman escamote sa fin, volontairement ou pas d'ailleurs, ce n'est pas vraiment la question. L'univers et l'intrigue sont plaisants mais ne m'ont pas marquée plus sue ça non plus.
[3.5] Magnifique écriture! Le setting est fantastique, et l'enquête captivante, même si un peu gruesome. Je ne suis pas particulièrement fan de Lacassagne, ce qui a fait baisser ma note. Et même si on m'a offert les deux tomes en même temps (hâte de lire la suite!), je préfère avoir le fin mot de l'enquête en terminant un tome.