"Elle était une femme de tête et de coeur, vertigineuse." Lawrence d'Arabie. Il faudrait dire "Bell de Bagdad" comme on dit "Lawrence d'Arabie". L'aventure de Gertrude Bell auprès des chefs bédouins de Mésopotamie est le reflet au féminin de celle du colonel Lawrence en Arabie. Fille d'un grand industriel du Yorkshire, titulaire d'un premier prix à Oxford, celle qu'on surnommait la "khatun", la "dame" ou "la reine du désert", accomplit entre 1900 et 1914 six expéditions archéologiques et diplomatiques entre le Levant et l'Euphrate. Agent secret et ambassadrice occulte au service de Sa Gracieuse Majesté durant la Grande Guerre, elle est la seule femme à participer au titre de conseiller aux conférences internationales de 1919 et 1921. Autre point commun avec T.E. Lawrence, elle allie un courage physique extrême à une grande fragilité sentimentale et comme lui, elle connaît une fin tragique : douloureusement frappée par la mort de son amant au front en 1915, elle ne s'en remettra jamais, et sa disparition à Bagdad, en 1926, au sommet de sa carrière, laisse planer des doutes. Inspiré par sa correspondance magnifique (dont les lettres échangées avec son amant), en grande partie conservée et jamais traduite en français, le livre dresse un portrait émouvant d'une grande dame de l'aventure.
Une biographie passionnante et très facile à lire sur un personnage extraordinaire quelque peu tombé dans l'oubli : Gertrude Bell, "la Lawrence d'Arabie au féminin".
Appelée la Khatun, la reine du désert ou encore la « Bell » de Baghdad, Gertrude Bell est l’une de ces femmes courageuses qui partent à l’aventure et à la découverte sans y penser à deux fois. Riche héritière anglaise de l’époque victorienne et major de l’université d’Oxford, elle ne s’attendait sûrement pas à une destinée remplie d’expéditions dans le désert d’Arabie et en Mésopotamie. Ce qui est sûre c’est qu’elle a su forger son destin par elle-même et s’imposer par son intelligence et la vivacité de son esprit. Elle est cette figure féminine qui a réussi à endosser plusieurs rôles : Globetrotteuse, archéologue, aventurière, diplomate, ambassadrice et espionne. Elle est en quelque sorte l’alter ego féminin de Lawrence d’Arabie, plus célèbre et plus connu que Gertrude. Le livre s’inspire de ses correspondances envoyées à sa famille et ses relations pour dresser un portrait fidèle de Gertrude qui se gardait cependant d’exprimer ses émotions ou ses vrais états d’âme dans ses lettres. La biographie se lit aisément, n’est pas du tout soporifique bien au contraire elle est très instructive et redonne ses lettres de noblesse à cette femme d’exception.
Quelle vie, mes ami(e)s, quelle vie ! Et quelle incroyable personnage !
A lire si vous aimez les voyages dans le désert, les femmes de tête au courage en acier trempé, quand les petites histoires personnelles rencontrent la grande Histoire... tout cela avec un style poétique et digne d’un roman. Fascinant !
Biographie intéressante même si j'aurais aimé avoir un tout petit peu plus d'informations sur les activités politiques et intellectuelles de Gertrude Bell qui sont mentionnées de manière un peu allusive. Cela m'a donné envie de lire plus sur l'histoire du Moyen Orient en tout cas. Ça m'a fait réfléchir aussi sur les motivations des aventuriers.
Il est incroyable de se dire que le nom de cette femme évoque si peu comparé à son contemporain Lawrence d'Arabie. Et pourtant quelle femme et quel destin! Incroyable. C'est même elle qui est à l'origine de la création de l'Irak. Un personnage à qui il faut rendre justice. C'est ce que fait magnifiquement cette biographie.
Quel beau sujet ! Faire le portrait de Gertrude Bell, archéologue, aventurière, agent secret britannique. Gertrude Bell est née en Angleterre sous le règne de Victoria dans une grande famille industrielle. La jeune femme brillante et anti-conformiste, remplie d'une soif inexorable d'apprendre, sera le premier étudiant à obtenir une mention très bien à la School of Modern History d'Oxford. Dès la fin de ses études, elle commence à voyager et ne s'arrêtera jamais. En 1892, elle passe plusieurs mois en Iran et découvre l'Orient dont elle sera l'une des grandes spécialistes. Elle mène alors plusieurs expéditions dans les déserts syrien et mésopotamien. Elle parle l'arabe, le perse et le turc. Elle intègre ensuite les services secrets britanniques et le « bureau arabe » au Caire puis devient « Secrétaire d'Orient ». Elle participe notamment à la conférence du Caire qui dessine les frontières de la région et crée la Syrie, l'Irak, et la Jordanie. Elle soutient notamment la prise de pouvoir en Irak de la minorité sunnite contre les chiites. Les réflexions et le travail de Gertrude Bell sur le Moyen-Orient trouvent ainsi bien des échos aujourd'hui, à l'heure où la Syrie et l'Irak ont sombré dans le chaos. A ce titre et à la vue de l'exhaustive bibliographique, tout laissait présager une biographie passionnante, mais il n'en est rien. Le point de vue choisi par l'auteur rend le portrait de Gertrude Bell sans saveur, en totale contradiction avec sa personnalité excentrique. L'auteur enchaîne les digressions inutiles comme celle sur la mode des années 1880-1890 et adopte un ton un peu trop sentimental. Avec ce portrait de l'aventurière anglaise, Christel Mouchard signe une biographie mièvre et sans caractère, tout le contraire de ce que fut Gertrude Bell.
Une femme au destin unique : passionnée, aventurière, globe trotteuse, et incroyablement moderne. Mais un ouvrage très (trop ?) documenté qui rend la lecture parfois longue et ardue.