Je vais commencer cet avis par un fait que je ne vois pas souvent apparaître : comment ce livre lie le lesbianisme avec le détournement de mineures. Comme si être lesbienne ne pouvait se faire que si on était initiée à 15 ans par une adulte d'au moins le double de notre âge. Toutes les relations lesbiennes importantes de ce livre l'ont vécu. C'est choquant et profondément lesbophobe (oui, déjà en 1990, date à laquelle ce livre a été écrit) Et c'est pour ça que j'enlève une étoile.
Et c'est bien dommage, car les sentiments et la navigation des amours lesbiens sont bien menés - bien évidemment, dans leur contexte historique, vu que le récit nous transporte sur la période 1965 à 1979 (par contre, aucune mention du sida?!) C'est un livre très prenant. Le format épistolaire, coupé d'extraits de journaux personnels, rend la narration intime. L'Histoire apparaît dans les mailles du récit, mais ne conditionne pas les personnages à un fatalisme historique comme nombre d'écrits lesbiens (et LGBTQAI+ en général) le font. Le récit est centré sur ces quelques femmes, leurs vies, leurs décisions, leurs erreurs, leur compromis - et au delà de ça, leur sororité, le soutien inconditionnel qu'elles se portent. Les hommes n'ont jamais la parole, ils ne sont que figurants - que ça fait du bien! Il y a aussi le côté suranné de cette aristocratie/haute bourgeoisie qui navigue un monde aux idées de plus en plus modernes: des citations en grec anciens, des références que je n'ai parfois pas saisies, des commentaires "féministes" (en tout cas pour l'époque) - bref, la Droite (ça dépayse, je lis plutôt des trucs de gauchistes) C'est un plaisir à lire, une fois qu'on met de côté le détournement de mineures. Et toujours d'actualité, d'ailleurs.
Un livre que j'aurais aimé avoir découvert quand j'étais ado, aux alentours de 14/15 ans. Bien qu'il ne soit pas à mettre dans les mains d'une âme trop sensible ! C'est un très beau livre, une histoire tourbillonnante, remplie de personnages aussi incompréhensibles qu'attachants. Le style épistolaire était bien judicieux, d'ailleurs ! L'attribution du Goncourt du premier roman ne m'étonne pas du tout !
J’adore les romans épistolaires, je trouve qu’ils ont un vrai charme. On découvre l’histoire de façon très subjective et l’histoire est pleine de trous, le lecteur ou la lectrice est alors invité à imaginer ce qui se passe entre les lettres. Les Amies d’Héloïse, c’est l’histoire d’un groupe de femmes, de leurs amours, de leur vie sexuelle, de leurs rêves et de leurs espoirs. C’est touchant, et si on veut suivre les personnages sur la durée, c’est possible car il y a une suite ! Seul bémol (et en même temps ça fait partie du charme de l’oeuvre), on voit l’histoire de femmes uniquement issue de l’aristocratie.
Impossible de mettre une note à un livre qui normalise les relations entre une mineure et une femme de 35 ans. Je trouve ce livre très bien écrit et le côté épistolaire nous emmène au plus près de la bourgeoisie post 68 de droite mais qui flirte avec le MLF. J’ai aussi aimé le fait que le lesbianisme ne soit pas au centre de l’histoire mais juste évoqué comme un fait, tout comme la sororite évidente entre les différentes correspondantes.
Muy irrealista, pero llevadero, típica "lectura de verano". Interesante el planteo de un triángulo amoroso entre personas homosexuales, ya que permite jugar de modo diferente con las parejas potenciales y/o concretadas.