Ricoeur essaie de rétablir l’importance du rapport entre récit et histoire, en commençant cette trilogie sur le temps et la narration.
Mais, avant de faire une reconnaissance parmi les différentes réflexions théorisées par les historiens sur le temps, il analyse les idées de Saint Augustin et Aristote sur le temps même.
Chez Saint Augustin, il y a trois sortes de présent : le présent du passé (mémoire), le présent du présent (attention) et le présent du futur (attente). En plus, la perception du temps nait du rapport entre l’âme humaine et le reste du monde : le présent du passé est caractérisé par des sentiments de nostalgie, de regret de mal-être pour le temps perdu, lorsque le futur est ressenti parce qu’on se voit ou souhaite quelque chose, donc il y a une projection vers ce qui peut potentiellement se produire. Bref, le temps n’est pas une chose objective, mais il dépende de l’être humain et de sa capacité d’éprouver les émotions. Le temps est perçu par le biais de la discordance entre nos émotions et le monde autour de nous-même.
Chez Aristote, surtout en lisant sa Poétique, la perception de l’écoulement du temps est, au contraire, une question d’harmonie. Les différentes situations de l’histoire sont liées entre elles par de rapports logiques ou causaux qui permettent de les considérer comme un seul et unique récit. De plus, Aristote considère plus importante l’action de l’homme, c’est pour ça que l’intrigue, selon lui, dérive de l’interaction entre les personnes, plus que de leur volonté ou désir. Mais, l’intrigue n’est pas seulement liée à la concordance, parce qu’il serait plus juste de concordance discordante : en effet, la bonne intrigue est caractérisé par les retournements de la fortune, par les « coups de théâtre » qui changent la régularité des actions.
Plus loin, Ricoeur explique sa théorie des trois mimesis : la première est la pre-compréhension de l’action en général par le spectateur, laquelle permettra de suivre l’intrigue de la narration. La deuxième mimesis est le « comme si », c’est-à-dire la construction d’une action qui pourrait être possible dans le monde inventé par l’auteur. Enfin, il y a la troisième mimesis : c’est la jonction entre le monde du texte et celui du lecteur. Elle se réalise avec l’interprétation : soit directement, comme dans le cas de l’acteur, soit indirectement, comme dans tous les cas où on fait une critique de l’œuvre narrative.
La deuxième partie du texte est moins théorique : là Ricoeur montre les visions sur l’histoire des différentes écoles d’historiens. Il y a qui ceux qui n’accepte pas de considérer l’histoire comme une matière narrative : en effet, leur but est d’analyser la longue durée et de connecter plusieurs facteurs entre eux : l’économie, la politique, la géographie, l’anthropologie, etc. Donc il n’y a pas des personnages, mais des structures qui ont besoin d’outils de la statistique ou des science sociales pour être comprises : c’est l’échec de l’histoire comme texte narratif. En revanche, il y a une autre façon de construire la pensée historique : en considérant les groupes ou les structures humaines comme des personnages, parce que, d’un point de vue grammatical, chaque chose est le « personnage » du propre verbe. En outre, cette vision reprend le concept de retournement : en effet, l’événement historique est le moment où un changement arrive, en exprimant une nouvelle façon de l’action humaine ou sociale. C’est pour ça qu’on peut parler d’intentionalité historique : la reconstruction des événements devient une recherche des causes éventuelles, afin de rétablir les liens logiques entre les choses. Possibilité qui arrive seulement après un certain temps, parce qu’elle nécessite un regarde rétrospectif pour comprendre si les différentes intentions ses sont réalisées, surtout comment ils l’ont fait, où et quand. Mais, peut-être que la chose la plus importante est de voir si les intentions ont été poursuivies de façon volontaire ou si elles ont été trahies par les étroits intérêts humains.