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Martin Cet Été

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Nous sommes le 20 septembre. Cette phrase parait d'une évidence et d'une banalité sans histoires. Or, il n'en est rien. " Nous " n'est plus le même " nous " qu'au début de l'été. Mon fils, Martin, n'est plus parmi nous.
(...) Et comment taire un tel évènement, qui sera, à coup sûr, le plus grave de ma vie ? Comment, aux yeux mêmes de mes trois enfants, parler d'autre chose ? Souffrir en silence, dit-on. Voilà bien ce à quoi je passe le plus clair de mon temps, intolérable et pourtant il faut le tolérer parce que nous n'avons pas le choix, si ce n'est quelques mots dits à ceux qui sauront lire, des mots comme les enfants de cœur de Soutine, souffreteux, c'est-à-dire démunis et tourmentés, " dans le besoin ", des mots nécessiteux quel que soit l'éclat qui par moments les porte. Si j'écris, c'est d'abord par amour. Pour Martin : que puis-je faire d'autre pour lui aujourd'hui ? c'est peut-être aussi afin de ne pas succomber à l'hébétude, à cet effondrement qui vous laisse stupide, muet comme une tombe ; afin d'habiter les mots (les mots anciens, les mots nouveaux) avec lesquels nous vivons.
B.C.

245 pages, Paperback

First published January 1, 1995

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Bernard Chambaz

100 books7 followers

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Profile Image for Adele.
11 reviews
September 23, 2018
Depuis dix ans, ce livre prenait la poussière. Dix ans, que je redoutais sa lecture. Dans ce récit, un père raconte la douleur incommensurable, inimaginable de perdre un de ses fils de seize ans. 16. Injustice de l’accident. J’avais acheté ce livre d’occasion dans le cadre d’un échange. La personne qui me l’avait envoyé avait glissé ce mot “J’espère que vous pleurerez moins que moi”. Je ne sais combien avait pleuré cette personne, mais je déversais des torrents de larme sur ces pages. J’avais appris à connaître Martin, cet enfant magnifique et plein de vie, ce presqu-homme, et je le perdais moi aussi. Je ne pouvais imaginer, et à la fois imaginais avec force détails, la douleur du père. En refermant le livre, je gardais le souvenir de Martin qui avait pris chair et qui était entré dans la constellation des gens que j’avais connus et aimés.
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