Ce livre m'a été recommandé par un ami qui est un grand connaisseur de Grangé. Pour ma part, je n'en avais jamais lu de cet auteur, mais étant fan de thriller je savais qu'il en était un des grands noms. Mais maintenant que j'ai enfin testé, j'ai vraiment beaucoup de mal à comprendre d'où viennent les flots de revues positives à son égard.
Alors certes ce n'est pas un mauvais livre en soi, mon unique étoile ne représente que mon expérience personnelle. Mais après avoir entendu tellement de bien sur cet auteur, je m'attendais à quelque chose de fracassant, de renversant, de complètement inoubliable, alors que tout ce que j'ai eu, je l'avais déjà vu dans des dizaines de thrillers auparavant. D'accord, les meurtres sont innovants et oh là là il y a du sang partout, mais au delà de ça, l'intrigue n'est pas différente du reste de la masse de policiers de nos jours. Je l'ai lu très vite, en une journée, mais pas parce qu'il était intriguant, mais parce que j'étais désespérée de voir quelque chose se passer, enfin. Le livre paraissait immensément vide, comme si l'auteur avait voulu remplir le plus de pages possible pour faire joli. Les personnages étaient creux et sans saveur, l'intrigue était quasi inexistante, les retournements de situation étaient tout à fait prévisibles et le style d'écriture, qui se devait apparemment d'être original et sensationnel s'est juste avéré pompeux et répétitif à mon gout. Chaque petit détail était expliqué sur des paragraphes entiers et il y avait des répétitions de choses déjà expliquées, alors que des parties importantes telles que l'histoire du tueur se résumait en quelques mots.
Mais si seulement l'histoire n'avait eu que de petits défauts de construction, peut être aurais-je été plus indulgente. Non, mon plus gros problème a été le nombre de détails complètement aberrants et grotesques dans l'histoire. Les personnages féminins ne sont là que pour deux choses: le désir pervers des hommes et le désir sanguinaire des hommes. Je ne prétends pas que la réalité est toute rose et que ce genre de choses n'arrivent jamais mais dans ce cas là il n'y avait aucune retenue, aucune pudeur, et définitivement aucun respect; à mes yeux ce n'était que l'auteur qui se faisait plaisir en crachant du torture porn sur la page. Les femmes sont souvent dégradées, humiliées, battues, utilisées comme des objets. Certes, c'est un roman policier, et certes les points de vues que l'on suit sont ceux de personnes instables, mais cela n'excuse pas la violence et la vulgarité avec lesquelles les personnages féminins sont traités tout au long du livre. C'est exactement la même chose avec tous les personnages qui ne sont pas blancs, souvent appelés par leurs ethnicité plutôt que leurs prénoms, ou même les personnages LGBTQ+ qui sont recalés dans deux catégories plutôt simples: morts ou criminels violeurs d'enfants. Merveilleux.
Donc voilà, je ne prétends pas savoir ce que c'est d'écrire un livre et encore moins un policier de ce genre qui demande de se plonger dans les tréfonds les plus sombres de l'espèce humaine, mais il existe tout de même des limites à ne pas franchir. Il y a une différence entre montrer la réalité et la cruauté, et s'auto-satisfaire à jeter de l'hémoglobine, du sexisme, du racisme et de l'homophobie toutes les quatre pages. Après, peut être n'est ce absolument pas le reflet de ce que pense l'auteur, mais cela reste de très mauvais gout que d'avoir à lire ce genre de choses...
Mais bon encore une fois, opinion personnelle...