Gabriel MATZNEFF naît le 12 Août 1936 à Neuilly-sur-Seine, dans une famille issue de l'émigration russe provoquée par la Révolution de 1917. En 1953, il commence à tenir son journal intime, qu'il publie progressivement à partir de 1976. En 1957, il rencontre Henry de Montherlant et demeure pour lui un ami jusqu'à son suicide, survenu en 1972. Il disperse les cendres de Montherlant sur le forum romain et dans le Tibre. Ses journaux et romans font vite de créer la polémique en France et ailleurs. "Matzneff se veut insaisissable. Toujours en fuite. Païen imprégné d'orthodoxie, végétarien qui aime la viande, pédéraste qui aime les femmes - ou l'inverse, Gabriel Matzneff est aiguillonné par le sexe, passionné par le Christ, la Russie, l'écriture, l'antiquité gréco-romaine. Difficile de trouver écrivain plus original"
Vénus et Juno et le journal de Gabriel Matzneff pour les années 1965 à 1969. Pour citer l'auteur en expliquant le sens du titre de son journal: "le titre, emprunté de Bossuet: les années qui recouvre ce troisième tome de mon journal sont celles où j'ai balancé entre Vénus et Junon, c'est à dire entre mes amours libertines et la tentation de mariage, entre l'inconstance et la fidélité, entre l'aventure du donjuanisme et l'aventure du couple." et le journal et dédié à la femme qui était dans ses pages intimes et captivantes évidement la tentation nuptial dont il parle. Le journal est plein de provocation, plein d’intelligence, plein de sagesse. "Je crois en Dieu, je ne crois pas en Dieu, quelle outrecuidance! L'important n'est pas que moi, pour moi, je croie ou ne croie pas en Dieu, mais que Dieu, s'il existe, croie en moi."
Ce ne sont pas uniquement les mots de Matzneff qui sont beaux ici, ce sont aussi des mots des autres, les citations vivaces et mémorables. "16 novembre. Tôt ce matin, longue entrevue avec le métropolite Antoine, à l'exarchat. Il me dit: il y a trois folies: la folie de la foi, la folie de l'espérance et la folie de l'amour."
C'est un journal plein d'humeur, plein de tristesse, plein d'espoir, plein d'amour. On peut l'ouvrir n'importe où et on est tout de suite fasciné par l’énergie de ce vilain monsieur, cet écrivain génial, plein d'élan plein de fraicheur. A part de la tristesse sous-jacent ces pages, la tristesse qui sera toujours une partie inévitable de la vie pour tous gens qui aiment paradoxalement sachent comment savourer la vie, il y a une noblesse d'esprit une curiosité, une vivacité admirable, et il y a comme il y a me semble-t-il pour tous les esprits religieux avisés pleins de discernement, (Thomas Mann, Dostoïevski) une paradoxe, un combat entre la chair et l'esprit, l'outrance et la légalité la vie bien préparée, socialisée, acceptée, bourgeoise enfin. Gabriel Matzneff comprend tout cela. Il y a aussi une autre tristesse, la tristesse de savoir que la vie libre et précieuse et très rare, parce que toujours toujours il y a la canaille, les masses des bougons et pires bien pires, les "larves", les envieux, le bas peuple rosse les gueulards puritains, les esprits malsains dont la vie n'offre pas beaucoup et par haine contre les gens qui reusissent , dirigent la vertu et la morale pour désarçonner les cavaliers de l'esprit. Matzneff nous conseille de ne pas se trop fâcher, c'est après tout une vertu aristocratique de bien garder le sang-froid. "Nous sommes cernés par de larves, mais il ne faut pas s'en émouvoir."