« — Où est-ce qu’on m’envoie ? demanda Gilles. — On t’a trouvé une place à Montaigne, à Anjou. — Une polyvalente? Oh non! En plus, il n’y a même pas de classes de secondaire 1 dans cette polyvalente-là, non? — C’est vrai, ça commence avec les classes de secondaire 2. Le directeur de Montaigne à qui j’ai parlé m’a dit que tu pourrais avoir quatre groupes de secondaire 3. — Quoi? Mais je n’ai jamais enseigné à des élèves aussi âgés! Ça n’a pas d’allure de me faire ça! Juste au moment où l’école recommence. Et, en plus, on me change de niveau! Autant dire que j’ai perdu mon été à travailler pour rien.»
Montréal, 1978. À quelques jours de la rentrée scolaire, Gilles Provost est contraint de quitter la petite école où il enseigne le français depuis douze ans pour aller travailler dans une polyvalente qui accueille près de deux mille élèves.
La taille de la structure et la lourdeur administrative de l’établissement feront perdre à cet amoureux de l’enseignement tous ses repères. La nouvelle réalité de la polyvalente poussera le professeur à se remettre en question tout au long de l’année. Le «cirque» aura-t-il raison de sa vocation?
Si vous enseignez ou avez enseigné dans une polyvalente / école secondaire au Québec, vous DEVEZ lire ce roman qui raconte une année dans la vie de Gilles Provost, prof de français dans une école de plus de 2000 élèves de Montréal. L'histoire se passe en 1978, mais aurait pu très bien se passer en 2000 ou même en 2026... J'enseigne depuis 1999 dans une école secondaire du nord de Montréal et je jurerais que Michel David s'est inspiré de mon milieu de travail pour écrire son récit. Les ressemblances sont frappantes (j'en nomme quelques-unes, pêle-mêle): neige lors de la 1re rencontre de parents, de l'eau qui coule dans les classes, chaleur étouffante dans une classe vs froideur dans une autre, profs qui ne font pas leur surveillance lors des journées d'activités, délais à l'imprimerie, CPE, négociation syndicale, vote de grève, profs qui ne paient pas leur part pour le café, profs qui s'indignent quand la direction prend les présences aux réunions, une nouvelle direction adjointe qui ne fait pas l'unanimité, les cafés pimpés lors des pédagos, le choix des tâches en mai, le choix du chef de groupe, les surveillances d'examens de fin d'année, le nettoyage des casiers par les élèves et le bordel qui s'en suit, le jugement de maitrise, l'assemblée générale de fin d'année, la remise des clés... et, enfin, les vacances!!!
Un petit bijou publié à titre posthume en 2015 alors que ce serait le tout premier roman écrit par Michel David.