Après Ad unum, Didier Fossey nous entraîne une nouvelle fois dans le quotidien difficile des policiers. Effectifs réduits, affaires à élucider toujours plus nombreuses, il s’avère compliqué, voire impossible dans ces conditions de parvenir à concilier vie professionnelle et vie privée, cette dernière volant parfois en éclats avec des conséquences dramatiques. Au bout du rouleau, certain.e.s ne supportent pas que cette ancre disparaisse et partent à la dérive.
Au-delà d’une intrigue intéressante aux nombreuses ramifications qui entraîne le lecteur, le happe, Didier Fossey s’intéresse avant tout aux êtres humains, ces hommes et ces femmes qui enquêtent, totalement dépassés par le manque de moyens mis à leur disposition. Car oui, n’en déplaisent à certains rabat-joie, les policier.e.s sont des êtres humains, pas des machines dépourvues d’émotions. C’est cette dimension là que j’apprécie chez Didier Fossey. Il privilégie l’humain, le réalisme, même si ce n’est pas toujours beau à voir. Il montre la vie, telle qu’elle est, sans fard, sans faux semblant. Parce qu’il a été lui-même policier, il sait de quoi il parle. Pas de pleurnicheries, ni de jérémiades, les personnages n’ont de toute façon pas le temps pour tout cela. L’auteur va droit au but, il raconte ce qui est. Point. Et ce style direct, brut, donne du rythme au récit auquel le lecteur se laisse prendre, emporté dans l’enquête, dans la descente aux enfers d’un des personnages, jusqu’à la dernière page, jusqu’à la dernière seconde d’écoute.
Pour la dimension audio de ce texte, Nicolas Planchais réalise encore une fois une excellente performance que j’ai écouté d’une traite.