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134 pages, Paperback
First published January 1, 1901
“…el Turco Rojo no es una marioneta cualquiera, tiene sus ideas y opiniones como las tenemos nosotros. Y cuando ahora tires de los hilos y empiece a patalear, se dirá a sí mismo: «Soy un objeto con voluntad propia, me muevo como me viene en gana y únicamente por diversión; eh, ¡no hay nada más divertido que patalear!». Pero cuando dejes de tirar de los hilos, entonces pensará que está cansado y se dirá: «Que patalee el gato, no hay nada como colgar de un clavo en la pared y estar completamente en paz». Sí, ¡es la marioneta más graciosa del mundo!”
“No lograba determinar si en esencia él era como todos los demás y su destino era entonces una suerte justa, o si quizás él fuera tan excepcional como para poder ser admitido entre las excepciones; solo sentía que la norma cada día lo aprisionaba más fuerte, y que iba a desaparecen entre la multitud”
“Martin tenía otros sueños. Quería ser poeta. Escribiría un libro, una novela o una antología, o preferiblemente una pieza de teatro… Consagraría su vida a la búsqueda de la verdad y a dar a la gente aquello que encontrara o creyera encontrar en ella…Pero tenía el oscuro presentimiento de que mientras buscara la verdad, solo encontraría verdades y de que, mientras se las ofreciera a los hombres en un verso más maravilloso que cualquier música, o en una prosa clara y fría con palabras afiladas como dientes, se estaría despreciando a sí mismo por cosechar el honor y el oro de las migajas que por casualidad habría encontrado mientras, en realidad, era otra cosa la que buscaba”

Små guldfiskar, en långan rad,
vimla i silvervatten.
Liten åker till Drömmestad,
kommer nog fram till natten.
Snart, snart drömmarnas hus
skimra i månskenskvällen.
Klart, klart tindrande ljus
skymta på tusen ställen.
Slupen glider, det går mot land,
lyktorna hela raden
stå bland vimmel och sorl på strand,
klockorna slå i staden.
Or perhaps it was unnecessary that his life should end so tragically. When he thought it over more carefully, this seemed to him a trifle banal. He might just as well move to a small town, to Strengness or Grenna. There he could live alone with a parrot and a black cat. He might also have an aquarium with goldfish. Behind closed shutters he would dream away the day, but when night came he would light candles in all the rooms and pace back and forth, meditating on the vanity of life. And when the townfolk passed his house on the way home from their evening toddy at the rathskeller, they would stop to point at his window and say: “There lives Martin Birck. He has taught like a sage and lived like a fool, and he is very unhappy.”
La mère de Martin avait des cheveux châtain et des yeux bleus qui, à cette époque, étaient encore clairs et rieurs.
Martin, étonné et déçu, ne voyait pas d'autre différence entre la nouvelle année et l'année passée.
Certains jours, le lac, devenu vert, crachait l'écume ; des hautes vagues s'abattaient sur le pont ; aucun bateau à vapeur ne pouvait alors disputer aux voiliers de Roslag la première place dans le coeur de Martin. Il voyait dans chaque membre de l'équipage un héros qui bravait la tempête et les vagues pour atteindre quelque but mystérieux, car il ne lui venait jamais à l'esprit qu'ils allaient tout simplement à Stockholm pour vendre du bois, du foin ou de la poterie.
En récitant les prières avec lui, sa mère pleurait aussi. Elle était émue et épouvantée : c'est qu'on juge les crimes des enfants, ainsi que ceux des adultes, davantage selon le scandale qu'ils provoquent que selon leur nature propre, et le crime de Martin avait provoqué un scandale terrible.
Quand Martin Birck obtint sa casquette blanche, son premier souci fut de s'acheter une canne couleur cannelle et un paquet de cigarettes.
C'était donc moins le sort de son âme qui l'épouvantait que son avenir terrestre, car elle avait remarqué que la vie ne réussit quère à ceux qui rejettent Dieu et la religion. Certains se retrouvent en prison, d'autres quittent leur pays pour vivre parmi les étrangers, tous soulèvent la réprobation et la méfiance parmi les honnêtes gens.
Il cherchait dans les livres et dans sa propre pensée ce que, jeune, on cherche si souvent pour s'étonner plus tard qu'on ait pu se soucier de pareilles choses : une foi pour vivre, une étoile pour régler son itinéraire, une cohérence dans le réel, un sens et un but.
Il savait d'avance tout ce qu'elle allait répondre ; c'est pourquoi, fermé dans son mutisme, il regardait au-dehors et écoutait les pas fatigués des promeneurs et la pluie qui commençait à tambouriner sur le rebord de la fenêtre.
« Ici le temps s'est arrêté », avait dit Henrik Rissler. Il avait raison. Ici il s'est bel et bien arrêté. Car le temps se mesure par des changements, et moi je n'ai rien pour le mesurer.
Elle ne se rend pas compte de l'indifférence sans bornes qui accueille généralement les idées.
Cette idée lui avait plu parce qu'elle traduit une antipathie collective, une haine de classe, et l'homme moyen a toujours besoin d'aimer et de haïr collectivement. Prends-en note : c'est un signe infaillible d'un niveau inférieur.
L'image de l'enfer comme une fournaise a sans doute son origine dans les régions chaudes. Les habitants du Nord l'auraient au contraire décrit comme un lieu battu de vents, un foyer de grippes et de rhumes de cerveau chroniques.
Il ne cherchait qu'à se perdre, peu importe comment. Il avait probablement raison: c'est un objectif comme cela qu'on devrait se fixer pour avoir une chance de l'atteindre de son vivant.
L'individu qui s'arrête ici et là sur la route pour se détendre un peu avant d'être arrivé n'arrivera jamais.
Lorsque Martin entendait son père parler de ces bâtisses laides et les qualifier de belles, il songeait à l'injustice de l'existence qui, implacable, ferme l'accès au royaume de la beauté précisément aux membres les meilleurs et les plus utiles de la société. Car le chemin qui y mène passe par la tristesse, et ce n'était pas par plaisanterie que le musicien grec disait à Alexandre : « Que les dieux t'épargnent, seigneur, le malheur de comprendre la musique mieux que moi ! »
Cette logique lui semblait toujours aussi stupéfiante, même si, en rationalisant, il pouvait remonter jusqu'à ses origines, aux temps les plus anciens où la femme était encore la propriété de l'homme et où la sensualité était autorisée, encouragée même, tant qu'elle restait l'expression de la soumission à la volonté du maître, mais qui devenait criminelle et blâmable dès qu'elle osait s'assumer. Cette attitude est encore si profondément enracinée que - aussi bien dans la vie que dans les livres - on entend rarement un homme parler du désir charnel d'une femme autrement que sur un ton railleur et méprisant, s'il ne le concerne pas lui-même et n'arrange pas son propre désir.
Il écrivait franchement ce qu'il pensait en s'efforçant de penser de la façon qu'il croyait être celle du rédacteur en chef ; ce dernier, un brave bougre sans opinions préconçues, s'efforçait à son tour de penser comme il s'imaginait que pensaient les gens riches et cultivés.