La crise que nous traversons doit-elle nous inciter à faire le deuil de la libre pensée ? Ou au contraire à espérer sa métamorphose ? Elle n'est ni une idéologie ni un dogme mais une réponse de l'esprit, un «élan vital», face à la crise de la raison, à la montée des intégrismes et à la persistance du positivisme ambiant.
Bien que j'aie apprécié le développement des thèmes philosophiques, j'ai trouvé que le livre partait d'un point de vue européocentriste. De plus, pourquoi imposer le schéma "croire en Dieu - le rejeter - retrouver la foi" comme caractéristique du parcours de la libre pensée ?
La dernière partie du livre a traité d'évènements internationaux qui malheureusement ont manqué jusqu'à là. Je me demande aussi comment il se fait que les femmes soient si peu mentionnées dans ce livre (ou pas du tout si ma mémoire est bonne, à part peut-être la prostituée dans la gnose de Simon le Mage...), en particulier à cause de la place fragile qu'elles occupent dans l'histoire de la libre pensée... leur combat pour acquérir la liberté intellectuelle n'a pas été facile (et n'est toujours pas terminé dans de nombreux pays) ; l'auteur aurait pu par conséquent parler davantage des entraves auxquelles elles ont été confrontées durant des siècles entiers...
Je ne veux toutefois pas uniquement critiquer le contenu de ce livre, car il m'a aidée à avoir un aperçu effectif de l'évolution de la pensée occidentale. De plus, j'ai trouvé certaines remarques discrètes de l'auteur justes, voire cocasses... cela m'a rendu la lecture agréable.