"L'essentiel n'est pas de vivre longtemps, mais de vivre pleinement." Ce précepte, Sénèque l'a suivi à la lettre. Né à Cordoue, au début de notre ère, il a mené, sous Claude et sous Néron, une triple carrière d'homme d'affaires, d'homme politique et de littérateur. Riche, influent, admiré, il a pourtant connu l'exil et la disgrâce. Comment, alors, se prémunir contre les aléas du destin et la folie des hommes ? Par la philosophie, qui nous apprend à mépriser la vie : "C'est bien peu de chose que la vie, mais c'est une immense chose que le mépris de la vie." Le stoïcisme est une philosophie du bonheur. Son but : garantir notre liberté intérieure. "Accepter les ordres du destin, c'est échapper à ce que notre esclavage a de plus pénible : devoir faire ce qu'on préférerait ne pas faire." La liberté suprême est, pour un stoïcien, celle du suicide. Sénèque en a fait l'expérience : suspecté d'avoir pris part au complot de Pison, il se donna la mort - sur ordre de Néron. "Il n'y a que l'homme qui détruit l'homme par plaisir." Les Entretiens et les Lettres à Lucilius ne sont pas des œuvres de doctrine. Sénèque y parle très librement de sa carrière, de ses lectures, de ses voyages, de ses promenades ; il y expose ses goûts et ses dégoûts, ses idées et ses sentiments. Il nous permet aussi de suivre son lent travail sur lui-même : "On n'est pas sage, on le devient." La présente édition a été établie par Paul Veyne, professeur au Collège de France et auteur de nombreux travaux sur l'Antiquité grecque et romaine. Dans son importante Préface de près de deux cents pages, il retrace la carrière de Sénèque, véritable roman des temps néroniens, et met en évidence l'actualité de sa philosophie. Robert Kopp.
Lucius Annaeus Seneca (often known simply as Seneca or Seneca the Younger); ca. 4 BC – 65 AD) was a Roman Stoic philosopher, statesman, and dramatist of the Silver Age of Latin literature. He was tutor and later advisor to emperor Nero, who later forced him to commit suicide for alleged complicity in the Pisonian conspiracy to have him assassinated.
SENECA – Born in year 1 he was constrained to commit suicide at the age of 65, by order of Emperor Nero, his pupil and “friend”. Seneca’s masterpiece in literature is the collection of his 124 letters to his friend Lucilius. The book also contains his well-known and brilliant essays: ‘The Consolation to Marcia’, a Consolation to his mother Helvia, De Ire, De Clementia, De Vita Beata, De Providentia, De Constantia Sapientis, De Tranquilitate Animi, De Otio. It is advisable to start reading the Letters first, the introduction by Paul Veyne in his great wisdom, of 171 pages, is in itself a complete treaty on Stoic Philosophy, and therefore seems to me to pre-empt Seneca’s letters. Seneca's letters aim to convince and teach his friend to adopt his own Stoic Philosophy and to become “wise”. Letter after letter he explains that it is only up to yourself to intellectualize your way of thinking and live a life according to the laws of nature, with no need for God or master. Rejecting all human vices, the strife for honors, gold, and worldly pleasures, the wise man is above everything and therefore will not suffer pain inflicted by other humans. He knows he can exit this world anytime he chooses of his own will, by way of suicide. It needs patience to read all of these letters, many subjects and arguments are repeated many times. But Seneca’s style, at least in this translation, is easy and pleasant to read. I am close to adopt this Philosophy to myself, I have come to like it.
C'est la veille du solstice d'été et j'arrive à la fin de mon exil des réseaux sociaux. D'ici quelques semaines je reviendrai avec du nouveau contenu pour mon podcast sur YouTube. Durant cet exil, j'en ai profité pour continuer mon otium graecum ; ma studia humanitatis. Je suis parti en voyage dans le temps et l'espace afin de continuer mes méditations libertines en compagnie de Cicéron, Sénèque, Tacite et Edward Gibbon.
Je termine à l'instant mon édition de la Pléiade des pauvres de l'anthologie des textes de Sénèque, une oeuvre assez unique, traitant essentiellement de comment vivre et mourir, de manière droite et honnête, avec la raison pour guide et afin d'être un homme de bien. C'est le genre de textes qui vous met devant un choix devant lequel vous ne pouvez vous défiler : est-ce que je choisis comment je veux vivre ou est-ce que je laisserai la foule, le hasard et la Fortune choisir à ma place? "Beaucoup, disais-je? Mieux vaut dire presque tous. Tout le monde change quotidiennement de dessein ou de souhait ; tantôt on veut une épouse, tantôt une concubine ; tantôt on veut le prendre de haut avec ses clients, tantôt on se conduit plus complaisamment que le dernier de ses esclaves ; un jour on s'épanouit jusqu'à susciter l'envie, le lendemain on se rabaisse et se fait plus petit que ceux qui sont plus bas que terre. À cette heure, on distribue son argent, demain on en ratissera. C'est précisément ce qui décèle une âme dépourvue de discernement ; on lui voit tantôt une physionomie, tantôt une autre et, chose qui paraît le comble de l'ignominie, elle n'est jamais égale à elle-même. Dis-toi bien que c'est une grande chose que de ne jouer un seul personnage. Or personne, sauf le sage, ne joue un seul rôle ; nous sommes tous multiformes. Tu nous verras par moments rangés et sérieux, par moments prodigues et frivoles. Coup sur coup nous changeons de masque pour en prendre un qui exprime l'opposé de la figure que nous quittons. Prends donc sur toi de te montrer effectivement jusqu'au bout tel que tu as résolu d'être. Fais en sorte qu'on t'applaudisse ou au moins qu'on te reconnaisse. Il y a des gens qu'on a vus la veille et dont on peut dire à bon droit : "Qui est-ce?" tant ils ont changé." - Lettres à Lucilius, Sénèque, Livres XIX-XX, 120.
Nous entrons dans la vie rempli de candeur et sommes rapidement rattrapés par les aléas de notre destin ; notre bonne ou mauvaise fortune. Ces masques que l'on croise autour de nous sont difficiles à déchiffrer avec tout ce mouvement, tous ces bruits et autres effets de montre. Pis encore, notre première intuition est plutôt de suivre ce mouvement plutôt que de se demander dans quel direction la foule s'ameute.
"Je n'imiterai pas le gladiateur vaincu qui fait appel au peuple. Entrons dans la lutte, cette fois avec nos propres armes." - Lettres à Lucilius, Sénèque, Livres XIX-XX, 117.
Nous vivons présentement une régression sociale et cognitive à l'échelle planétaire. L'occident a failli dans son devoir d'éducation de la jeunesse. À chaque nouvelle vague d'écoliers, notre système se retrouve surchargé par des inaptes, des ineptes et une variation de créature fragiles plus proches de la bête que de l'homme, à cause de leur incapacité à utiliser la raison dans ses fonctions les plus utiles : lire, écrire, compter. Comment vouloir faire le bien quand l'humain est incapable de faire sa chambre?
Nous avons aujourd'hui une génération de jeunes gens avec le plus haut taux de problèmes de santé mentale de l'histoire de l'humanité. Dès 2013 les statistiques étaient en explosion de l'ordre de 300% chez les garçons et 200% chez les filles (qui entraient au cégep - dépression, anxiété et tentatives de suicide). Avec la pandémie, le bouchon n'a pas seulement sauté; le chaudron à explosé. Cette jeunesse est droguée à l'image des drones dans "A Brave New World" avec leur téléphone "intelligent" et leurs drogues d'ordonnance.
"On ennuie fort le dormeur que l'on arrache à un songe agréable, en lui enlevant un plaisir qui, tout illusoire, a cependant les effets de la réalité" - Lettres à Lucilius, Sénèque, Livres XVII-XVIII, 102. Malheuresement pour les milléniaux (83-95) et les iGen (96+), l'absence de modèle, la licence et la négligence furent les dénominateurs communs d'une entrée dans la vie adulte manquée. Ce que nous avons eu, c'est un culte de la victimisation (intersectionnel) faisant de nos enfants des êtres fragiles, victimisant ad vitam aeternam le sexe faible, la minorité opprimée et le colon étranger, et stigmatisant tout ce qui est viril, tout ce qui est rationnel, tout ce qui est blanc. L'hygiénisme ambiant a mené nos générations dans l'isolement, le ressentiment, la colère et l'apathie et bon nombre d'adultes n'ont toujours pas dépassés le stade des cartes pokémon.
Une des raisons de l'explosion des problèmes de santé mentale avc la pandémie, c'est l'impossibilité du voyage "pour se changer les idées" et vivre dans le changement, le mouvement, l'action...
"Quel profit un voyage a-t-il procuré par lui-même à qui que ce soit? Non il n'a jamais modéré le goût des plaisirs, réfréné les passions, réprimé les fougues de la colère, brisé les emportements forcenés de l'amour, pour tout dire, délivré l'âme d'un seul de ses maux. Il n'a point donné du jugement, dissipé l'erreur. Il fait pour l'homme comme pour un enfant qui s'émerveille de l'inconnu : il l'amuse un peu de temps par l'attrait de la nouveauté. Au reste, l'esprit à l'humeur déjà changeante est assailli de plus belle par le mal dont il est précisément affligé : l'agitation accroît son besoin de bouger et son instabilité. Qu'arrive-t-il? Les sites où ils couraient avec tant d'ardeur, nos gens les fuient avec plus d'ardeur encore. Vrais oiseaux de passage, ils prennent leur vol et s'en vont plus vite qu'ils n'étaient venus. Voyager te donnera la connaissance des nations, te fera voir de nouvelles configurations de montagnes, des étendues rarement parcourues et des vallées arrosées de sources inarissables, des fleuves offrant toujours à l'observation quelque phénomène naturel : c'est le Nil, dont le flot gonfle et déborde en été ; c'est le Tigre, qui disparaît pour diriger sous terre sa course invisible et de là sortir à plein courant ; c'est le Méandre, thème éternellement cher à la fantaisie des poètes, qui enchevètre ses courbes et souvent, dans le voisinage de son lit, s'infléchit encore avant de s'y installer. Au demeurant, il ne te rendra ni meilleur ni plus raisonnable. C'est l'étude qui doit être notre lieu de séjour, parmi les maîtres de la sagesse, - pour connaître les vérités acquises et pour découvrir de nouvelles vérités. Notre devoir étant de soustraire l'âme à son pitoyable esclavage, voilà le moyen de l'affranchir. Tant que tu ignoreras ce qu'il faut fuir ou rechercher, ce qui est nécessaire ou superflu, ce qui est juste, ce qui est moral, tu ne voyageras pas, tu ne seras qu'un errant." - Lettres à Lucilius, Sénèque, Livres XVII-XVIII, 104.
Avec la pandémie, c'est le moment idéal de construire sa forteresse intérieure, d'entamer des projets d'étude, de se concentrer sur ce qui peut réellement constituer notre propre bonheur (en fonction de la raison et de notre nature). C'est avec cette pandémie que nous devons réapprendre à vie en société : comment incarner des valeurs, comment se faire des amis, comment s'associer dans le but de construire des projets. Cesser d'attendre après la fin de la pandémie, la fin de mon diplôme, la fin de ci et la fin de ça. Tout cela dépend que de vous.
L'essentiel n'est pas de vivre longtemps, mais de vivre pleinement. " Ce précepte, Sénèque l'a suivi à la lettre. Né à Cordoue au début de notre ère, il a mené, sous Claude et sous Néron, une triple carrière d'homme d'affaires, d'homme politique et de littérateur. Riche, influent, admiré, il a pourtant connu l'exil et la disgrâce. Comment, alors, se prémunir contre les aléas du destin et la folie des hommes ? Par la philosophie, qui nous apprend à mépriser la vie : " C'est bien peu de chose que la vie, mais c'est une immense chose que le mépris de la vie. " Le stoïcisme est une philosophie du bonheur. Son but : garantir notre liberté intérieure. " Accepter les ordres du destin, c'est échapper à ce que notre esclavage a de plus pénible : devoir faire ce qu'on préférerait ne pas faire. " La liberté suprême est, pour un stoïcien, celle du suicide. Sénèque en a fait l'expérience : suspecté d'avoir pris part au complot de Pison, il se donna la mort – sur ordre de Néron. " Il n'y a que l'homme qui détruit l'homme par plaisir. " Les Entretiens et les Lettres à Lucilius ne sont pas des œuvres de doctrine. Sénèque y parle très librement de sa carrière, de ses lectures, de ses voyages, de ses promenades ; il y expose ses goûts et ses dégoûts, ses idées et ses sentiments. Il nous permet aussi de suivre son lent travail sur lui-même : " On n'est pas sage, on le devient. Edition dirigée par Paul Veyne
très cool ! ça m'avait bcp inspirée y'a 3 ans bon la je pense que j'adhère moins à ces pensées mais livre finalement très sympa à lire, c'est juste des copains qui parlent en lettre en s'envoyant des conseils c mignon