«Héritier du trône, Siegfried n’a de cesse de vouloir égaler son père, au mépris de ses véritables aspirations. Jusqu’au jour où il découvre l’infidélité de ce dernier. Il entreprend donc de le suivre jusqu’au Domaine des Cygnes où l’interdit prend les traits d’Engel, un jeune homme aux mille et un visages. À ses côtés, il s’autorise à profiter de l’instant présent. Hélas, ses devoirs d’héritier se rappellent chaque jour à lui, et avec eux les doutes qui affectent sa relation. Et pendant que nombre d’intrigues se tissent derrière son dos, le poids de la couronne sur sa tête s’alourdit. Bonheur et royauté ne font pas bon ménage, tout comme rêve et réalité. Comment choisir entre l’un et l’autre sans paraître égoïste aux yeux d’un peuple et d’un amant ? Cruel dilemme que seule l’issue d’un jeu de masques et de miroirs parviendra à résoudre. Car, au Domaine des cygnes comme au palais du Roi, tout est anamorphose. »
あらすじ 王太子のジークフリートは、父王の不貞の証拠をつかもうと後を追っていくうち、とある館に辿り着く。Domaine des Cygnesと呼ばれるその場所は実は娼館であるようだった。ジークフリートはそこで、王を惑わす謎の美女Angelと出会う。実は彼女はEngelという名の男であり、役者であった。これまで王太子という立場ゆえに、己の欲望を抑圧し自身の性癖をずっと認められずにいたジークフリートだったが、一目でEngelに魅了され、その言葉に耳を傾けるうち、王家の義務にとらわれた己の生き様に少しずつ疑問を抱くようになる。己の心に正直に生きることのどこがいけない? だが、欲望に忠実になりかけたそんなおり、父王が急逝。即位後は、これまで以上に責務にとらわれ、恋いする想いとは裏腹にEngelとはすれ違ってしまう。心のままに生きるか、それとも恋を捨てるか――選択の時はすぐそこに迫っていた……。
Ce roman est une véritable pépite, il est original, surprenant, prenant, envoûtant.
Je me suis laissée glisser avec délectation dans cette histoire pas comme les autres. Tout d'abord au niveau de l'écriture : elle est belle, poétique, juste, avec des métaphores, du sens, une vraie écriture comme celle de Shakespeare, une écriture qui vous transcende, tout du moins, de mon point de vue.
C'est l'histoire de Siegfried, futur Roi, qui dans sa quête de vouloir plaire à son père et d'assumer totalement son futur rôle, s'oubli un peu. Sa personnalité réelle est quelque peu effacée par son besoin de faire juste. Le jour où il découvre l'infidélité de son père, ce sont toutes ses certitudes, toutes ces choses qui lui semblaient acquises, qui partent en éclat : son monde qui se fissure, et fini par se briser.
Comme dit dans le résumé, en cherchant l'infidélité de son père, il arrive au Domaine des Cygnes. Ce lieu interdit, ce lieu clos, va tout bouleverser dans sa vie. Entre ces murs, il va faire la connaissance d'Engel. Engel, personnage aux mille facettes, aux manières frivoles et légères, mais qui au fond cache bien des blessures.
De cette rencontre, ces deux personnages vont grandir, mais tout ce chemin ne se fera pas sans souffrance. Siegfried soufflera le chaud et le froid, oscillera entre ce besoin d'être avec Engel, jeune homme un peu mystique, dont il essaiera d'entrapercevoir la véritable personnalité, et ce devoir d'être irréprochable pour la couronne. Son cœur et sa raison seront en conflit permanent.
Siegfried : jeune homme prétentieux, arrogant, sûr de lui, autoritaire, parfois méprisant, qui ordonne et exige. Seulement, sous ce masque, se cache une nature douce, aimante, fragilisée et oppressée par son devoir. Au fil des pages, vous allez l'adorer, vous allez le détester : voici tout le paradoxe de ce personnage si complexe.
Engel : personne aux allures gaies, joyeuses, mutine, qui se camoufle sous des apparences trompeuses pour satisfaire les autres, leurs besoins, leurs envies. Il est lui aussi quelqu'un de complexe, un peu mystérieux. Cependant, il se révèle attachant, émouvant, sensible, et au fil de votre lecture, vous allez vous demander si ce n'est pas un être magique, un peu féerique, mais surtout vous allez découvrir ses blessures et ses déceptions, sa vraie histoire. Une histoire qui s’entremêle douloureusement à celle de Siegfried.
Engel et Siegfried, ensemble, forment un tout, ils se complètent, se sont trouvés. Dans leurs émois, ils sont délicats, fragiles, sensuels. J'ai craqué pour eux. J'ai eu peur pour eux. J'ai souffert avec eux, souffert de ces barrières qui se mettent en travers de leur chemin, souffert de ces apparences qu'ils se forcent à respecter, souffert de leurs disputes, de leurs dilemmes.
Une vraie intrigue parsème ce roman, car au-delà de l'amour de Siegfried et Engel, c'est toute la monarchie qui sème le doute et le trouble, avec des complots, des tricheries, des tromperies. Les personnages secondaires sont détestables de par leur mépris, leur arrogance, leur soi-disant bonnes intentions. Siegfried aura pour seul allié son frère, Maximilian, un personnage agréable, drôle, plaisant, de bon conseil pour son frère, ce frère dont il lit en lui comme un livre ouvert. Leur complicité est belle à voir.
La fin est superbe, Siegfried gagne en assurance et en maturité, il bluffe, encore une fois, pour avoir ce qu'il souhaite plus que tout au monde. Le roman monte en puissance, les vérités s’enchaînent et surtout, cet amour entre Siegfried et Engel qui se construit, qui se dispute, cet amour qui les fait espérer, leur donne du courage.
Un beau roman où à travers les cygnes, leur blancheur, leur majestuosité, la féerie dégagée et la personnalité d'Engel, j'ai eu la sensation d'être dans un songe, un rêve.
La plume de l'auteur est, je crois, ce qui m'a le plus marquée. Ce style ancien est tout à fait exquis, agréable à l’œil, doux aux oreilles, des phrases qui vous enchantent l'esprit et le cœur. Un excellent travail de l'auteur. Cette écriture m'a complètement charmée, du début à la fin, elle m'a fait vibrer, frissonner, m'a donnée un impact de plus dans les sentiments que ressentent Siegfried et Engel, car tout est bien décrit : de leurs pensées les plus secrètes à leurs ressentis, leurs frissons, leur désespoir aussi, le désespoir que tout s'arrête, le désespoir de la perte de l'autre, le cœur déchiré de Siegfried entre son devoir et son amour, l'âme peinée d'Engel face à son bien-aimé qui s’entête et hésite, et surtout, cette libération de ce qu'ils ressentent, cette libération d'aimer.
En bref, un roman coup de cœur, que ce soit pour l'histoire, pour les personnages auxquels je me suis attachée, pour l'écriture : tout m'a conquise. Une histoire addictive, des personnages atypiques et émouvants, des secrets, des complots, et surtout l'amour...un amour un peu fou, un amour sincère, un amour véritable et honnête. Un amour qui vous donne le courage de vous affirmer, d'ouvrir les yeux, un amour qui vous libère, qui vous apaise. Un amour qui vous insuffle la force de vous battre pour ce que vous souhaitez plus que tout au monde, pour votre bonheur, pour votre âme, pour votre cœur.
Un roman d'amour à la fois poignant et sublime, le tout raconté par une plume excellente, avec un savoureux parallèle au Lac des Cygnes.
Merci. Et bravo pour la couverture qui est tout simplement sublime.
Anamorphose … un titre bien énigmatique … L’anamorphose est un procédé habituel du gothique, fait pour créer un effet de terreur et qui, s’inscrivant dans un cadre culturel tourné vers l’ambigüité, abolit les frontières entre réel et imaginaire. C’est après ce petit instant culturel que je vais commencer à rédiger ma chronique.
Tout d’abord, j’ai été très amusé de redécouvrir le 17ième siècle par le biais de ce roman, une période de l’histoire que j’avais étudiée durant ma dernière année scolaire. C’est une période fortement intéressante au niveau des arts. La première question qui fuse dans ma tête après avoir lu ce roman est de savoir si ce roman s’inspire de faits réels ou fictionnels. C’est assez ambigu. Bien entendu, on sait que ce sont des aventures fictionnelles mais l’enrobage est très trompeur. J’ai donc étudié cette époque avec ma professeure de français et les éléments qui sont repris dans ce livre sont réalistes … ils sont même réels. Nous avons donc une authentification du roman par les éléments passés. Les éléments sont d’abord la relation royale avec les divers personnages tels que le roi, les courtisans, les princes mais également les périodes de la journée d’un roi. Nous voyons également que l’art est très important, ça l’était aussi dans le passé. Nous avons donc une série d’informations qui sont destinées à ancrer le récit dans le réel. Ces informations continuent également dans les personnages, dans leur personnalité. Nous pouvons faire le lien entre certains protagonistes de l’histoire et d’illustres personnages du passé que tout le monde connaît. Ainsi, nous nous retrouvons avec un roman mettant en scène une régente dévote partageant les voies du Seigneur avec un homme de religion aux multiples magouilles et un jeune roi montant sur le trône et apprenant tout juste à gouverner… Tous les amateurs d’Histoire en seront ravis. Ensuite, ce roman met également en scène un amour interdit mais surtout un amour riche en péripéties. Quand je dis un amour interdit, je pense également le fait que ce soient deux hommes. Attendez, je vois vos dents crisser et vos poings se serrer. Il faut se mettre à l’époque. Au 17ième, une relation pédéraste était taboue et bien entendu, blasphématoire pour notre Dieu Tout-Puissant et était donc interdite, proscrite. Mais cette interdiction ne se limite pas au sexe des personnages mais aussi à leur rang social et là, je me tais avant de divulguer d’autres informations qui pourraient vous spoiler le livre. Pour continuer sur le caractère de la richesse d’action, je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps. Nous sommes dans un récit riche en péripéties physiques mais également mentales. Nous voyons donc les personnages évoluer tous les deux travers des scènes assez nombreuses et comme tampons entre elles, nous avons une réflexion des protagonistes, nous dévoilant leurs pensées, ce qui nous donne une omniscience sur l’histoire. Comme vous avez pu le lire dans mes autres chroniques, je suis assez réticent face à de la réflexion car on s’en lasse vite. Ici, l’auteure a su gérer la recette de son livre en proportionnant le mental et le physique, ce qui donne un mélange des plus réussis. Pour terminer, ce roman ne pourrait se nommer « Anamorphose » sans le sentiment pour le lecteur et les personnages de se sentir parfois perdus entre le réel et l’imaginaire. Nous assistons parfois à une distorsion du rêve ou du présent nous menant sur les routes de l’incertitude et de la perte de nos repères. Nous avons l’impression d’être perdus dans les délires de l’auteure alors que nous n’avons seulement une nappe de brume autour de nous et par une habilité d’écriture, l’auteure nous faire prendre les sentiers du symbolisme, de notre être endormi. Avoir une expérience avec cela nous terrifie en quelque sorte et le seul moyen de se protéger (ou de comprendre) est de se déconnecter pour ensuite réfléchir à ce qu’on vient de lire. C’est la première fois que je vois et subis une telle expérience littéraire et mettre des mots dessus est assez difficile. Quoiqu’il en soit, n’ayez crainte de vous perdre sur les sentiers du récit car l’auteure vous remettra toujours sur le droit chemin.
En conclusion, je recommande la lecture de ce livre que j’ai assez bien apprécié.