En dépit des efforts de la propagande officielle, il est devenu difficile, aujourd'hui, de continuer à dissimuler le déclin continu de l'intelligence critique et du sens de la langue auquel ont conduit les réformes scolaires imposées, depuis trente ans, par la classe dominante et ses experts en " sciences de l'éducation ". Le grand public est cependant tenté de voir dans ce déclin un simple échec des réformes mises en œuvre. L'idée lui vient encore assez peu que la production de ces effets est devenue progressivement la fonction première des réformes et que celles-ci sont donc en passe d'atteindre leur objectif véritable : la formation des individus qui, à un titre ou à un autre, devront être engagés dans la grande guerre économique mondiale du XXIe siècle. Cette hypothèse, que certains trouveront invraisemblable, conduit à poser deux questions : Quelle étrange logique pousse les sociétés modernes, à partir d'un certain seuil de leur développement, à détruire les acquis les plus émancipateurs de la modernité elle-même ? Quel mystérieux hasard à répétition fait que ce sont toujours les révolutions culturelles accomplies par la Gauche qui permettent au capitalisme moderne d'opérer ses plus grands bonds en avant ?
Jean-Claude Michéa (né en 1950) est un professeur de philosophie (aujourd'hui à la retraite) et un philosophe français, auteur de plusieurs essais consacrés notamment à la pensée et à l'œuvre de George Orwell.
Fils d'Abel Michéa, résistant communiste pendant la Seconde Guerre mondiale, il passe l'agrégation de philosophie en 1972 à l'âge de vingt-deux ans. Engagé au Parti communiste français, il s'en écarte en 1976.
Professeur de philosophie au lycée Joffre à Montpellier depuis la fin des années 1970 (il a pris sa retraite à la fin de l'année scolaire 2009-2010), Jean-Claude Michéa est connu pour ses prises de positions très engagées contre les courants dominants de la gauche qui, selon lui, ont perdu tout esprit de lutte anticapitaliste pour laisser place à la « religion du progrès ».
Prônant des valeurs morales proches du socialisme de George Orwell, Jean-Claude Michéa fustige l'intelligentsia de gauche qui s'est selon lui éloignée du monde prolétarien et populaire. Il défend des valeurs morales collectives dans une société de plus en plus individualiste et libérale, faisant exclusivement appel au droit et à l'économie pour se justifier. Il « considère que les idéaux bourgeois libéraux ont triomphé du socialisme en le phagocytant » et « déplore que le socialisme ait accepté les thèses du libéralisme politique ».
Participant depuis de nombreuses années à l'entraînement d'adolescents, il a publié un livre sur le football, tout à la fois éloge de ce sport populaire par excellence, et critique de l'industrie footballistique. Selon lui, le football est mis à mal par les doctrines comme le merchandising et le supporter qui en sont les conséquences les plus néfastes.
Puis, dans L'Enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes, Michéa développe la théorie selon laquelle l'enseignement serait passé d'un enseignement tourné vers la culture générale et l'émancipation intellectuelle du citoyen à une formation préparant l'individu à la compétition économique du xxie siècle.
Dans Impasse Adam Smith, Michéa considère que la gauche est une alliance entre le socialisme et le progressisme formée lors de l'Affaire Dreyfus, qui ne peut se faire qu'au détriment du socialisme, la gauche ne faisant ainsi que livrer un peu plus le monde à l'emprise économique du libéralisme économique. Pour Michéa, le libéralisme est structurellement une idéologie progressiste, opposée aux positions conservatrices ou réactionnaires comme l'avait souligné Marx. De la droite à l'extrême gauche, une idéologie libérale est selon lui à l'œuvre. L'essai qu'il a publié en 2007, L'Empire du moindre mal, est consacré à cette question. Son livre a fait l'objet d'un accueil critique plutôt positif chez les partisans de la décroissance ou la Revue du MAUSS5. Sa position est proche de celle du philosophe Dany-Robert Dufour dans son ouvrage Le Divin marché.
Dans les Mystères de la gauche (2013), il poursuit cette critique de la gauche, qui selon lui, « ne signifie plus que la seule aptitude à devancer fièrement tous les mouvements qui travaillent la société capitaliste moderne, qu'ils soient ou non conformes à l'intérêt du peuple, ou même au simple bon sens ». La gauche étant devenue identique à la droite, cherche à dissimuler cette proximité en mettant en avant les questions «sociétales».
Jean-Claude Michéa est également l'un des principaux introducteurs en France de l'œuvre de l'historien américain Christopher Lasch, dont il a préfacé plusieurs ouvrages dans leur traduction française.
Pequeña gran lectura. Me quedo con tres ideas, lúcidas aunque desalentadoras: 1. La crisis del sistema educativo no puede disociarse del óbito que afecta a la sociedad contemporánea en su conjunto. Forma parte de un movimiento histórico que también afecta a la desintegración de las familias, descompone la existencia material y social de los pueblos y los barrios y destruye las formas de civismo que amortiguaban todo el sistema. 2. Ese desarrollo de la crisis del sistema educativo no es posible sino en el seno de un sistema capitalista, siendo la crisis resultado deseable para el libre desenvolvimiento de la expansión del capital. Esto es así, porque en el sueño de la Economía capitalista hay que eliminar cualquier obstáculo al juego “natural” del mercado. La humanidad se forma por personas que actuan como átomos sociales en constante movimiento e impulsados por una única consideración: la de su interés bien entendido. 3. En esa axiomática del interés la escuela tradicional se presenta de manera contradictoria: por una parte ejerce de obstáculo al sistema, pero por otra amortigua sus efectos, haciendo convivir de manera inverosimil lo mejor con lo peor. Michéa señala que tanto el status quo como la reforma del sistema educativo conducen a un callejón sin salida desolador.
Lecture intéressante dans l'ensemble qu'il convient toutefois d'aborder armé d'esprit critique compte tenu de certaines affirmations, quoique l'ouvrage m'a semblé plus nuancé et moins polémique que l'empire du moindre mal, notamment parce que Michéa évite ici de s'en prendre à l'ensemble de la gauche en les accusant de libéralisme.
Il attaque toutefois Cohn-Bendit, Alain Duhamel, Jack Lang, et d'autres. Peut être le point le plus contestable : Il réfute au passage l'apologie de la délinquance des analyses sociologiques type Bourdieu, estimant que les 'cailleras' font surtout le jeu du capitalisme et aliènent la classe populaire. Il parle également de la propagande dominante qui me 'manque pas d'égarer les plus imbéciles des militants'. Vocabulaire surprenant pour ce grand partisan de la 'common decency' orwellienne.
Bonne analyse du démantèlement progressif du l'école, aussi bien à la faveur de la droite que de la gauche, que ce soit pour faire des économies ou remplacer l'esprit critique républicain par l'esprit servile dont le capitalisme est si friand.
Très bonne analyse de la façon dont Mai 68 permis essentiellement une revolution libertarienne des moeurs capturée par son slogan "il est interdit d'interdire", laquelle permis d'entrer dans une nouvelle ère de consumérisme. L'évolution de Dany le Rouge est assez caricaturale à ce stade.
On retiendra la distinction entre l'indignation sincère face à l'injustice, et les agitateurs qui semblent surtout motivés par leur propre quête de pouvoir.
Michea y développe à nouveau sa foi dans la common decency orwellienne incarnée par la disposition à honorer la triple obligation du don analysée par Marcel Mauss, laquelle est une base anthropologique universelle primaire. Il explique la façon dont l'échange marchand au contraire se traduit par une transaction ponctuelle sans obligation, donc infiniment moins porteuse de lien.
Il developpe un peu la distinction entre intérêt et désintéressement et explique comment paradoxalement la marchandisation permet de mieux distinguer les deux au point de permettre un désintéressement plus distinct.
On se souviendra également du développement sur la Ruche aux abeilles de Bernard de Mandeville, sous titré "vices privés, vertus publiques".
Parte de una premisa interesante y provocadora, ¿el estado actual de la educación es el resultado de un plan organizado para perfeccionar el sistema capitalista? Pero le faltan ganas de desarrollarla y de hacerlo claramente.
Sujet très intéressant mais assez mal traité. Tout n'est pas à jeter mais l'argumentation est vraiment succincte et très (trop ?) marquée idéologiquement.
Naturellement, et Latouche le montre très bien, cette plasticité de la coutume risque toujours de conduire à des «arrangements» avec le droit qui peuvent ouvrir la voie à la corruption. Mais si, pour ces raisons, les exigences variées de la coutume doivent en principe être subordonnées aux impératifs égalitaires du droit, celui-ci doit être seulement conçu comme, d’une part, le cadre général des relations humaines concrètes et, d’autre part, comme l’ultime instance à laquelle on doit se référer lorsque les différends et les conflits ne peuvent plus être réglés aux niveaux primaires de l’existence sociale. Quand, par conséquent, le droit en vient à fonctionner d’emblée comme un recours normal, voire préalable – quand, en d’autres termes, la menace de procès réciproques devient une forme ordinaire de la civilité – on entre alors dans le règne des individus procéduriers et dans la tyrannie du droit. C’est précisément ce qui a lieu chaque fois que progresse la modernisation marchande dela vie. En détruisant systématiquement les traditions et les coutumes qui étaient l’horizon historiquement donné des transactions quotidiennes – le système capitaliste tend progressivement à ne laisser aux individus, pour régler leurs différents litiges, que deux modalités majeures: la violence et le recours systématique au Tribunal. Telle est la manière moderne de vivre que les États-Unis expérimentent depuis déjà longtemps, et à laquelle, par conséquent, nous allons devoir bientôt apprendre aussi à nous plier; si, du moins, nous décidons de ne rien faire pour conserver la maîtrise de notre propre destin !!
Pourrait être 5 étoiles, manque parfois un peu de profondeur pour me laisser le sentiment d'avoir essorer et lutter avec le sujet traité, c'est plus un article allongé qu'un essai totale et final. Mr. Michéa a une vision incroyable le livre/article datant de 1999 anticipant l'animation et la "bienveillance pour débiles profonds" et les écrans (au sens physique d'écran et d'écrans informatique) notamment de la période Covid (déjà tant oubliée et liberticide). Période triste où la ''common decency" comme exp
Het is, voor zover ik het mij kan herinneren, zeker 15 jaar geleden dat ik nog eens een Frans boek las. De laatste jaren zijn het vooral Engelse en Nederlandse boeken die ik gelezen heb. En sinds "kort" ook Duits.
Natuurlijk is een filosofisch werk niet direct het beste om terug in het Frans te lezen, maar gezien de dikte (140 pagina's) en het feit dat ik het in "leesleen" kreeg, vond ik het best ok om de poging te wagen, ook al ben ik niet bekend met de auteur of de geciteerde werken van collega-filosofen, bijvoorbeeld. Het onderwerp, echter, sprak me wel aan.
Maar, de academische schrijfstijl, gekoppeld aan het veelvuldig toevoegen van bijzinnen, maakt het lezen er niet makkelijker op. Ik heb toch meermaals bepaalde stukken moet herlezen om de hoofdzin te zien en te (proberen te) begrijpen.
Feit is wel dat de samenleving tegenwoordig enorm in het teken van de economie staat - als ik Michéa's betoog goed begrepen heb (anders pas ik m'n recensie wel aan) - en dat we ervoor moeten zorgen dat we de opgebouwde en verkregen waarden, voorrechten, opvangnetten, ... niet weer te grabbel gooien of laten afbouwen. Allemaal ten goede van het kapitalisme en de economie? Ofte dat we eens moeten stilstaan bij de (d)evolutie van het onderwijssysteem, de invloed van de politiek, ... Let wel: Michéa concentreert zich hier op Frankrijk, maar betrekt er wel, voor een stuk, Europa en de VS bij.
Maar nogmaals, ondanks de het formaat van het boekje, is de tekst toch een zware pil om te begrijpen. Spijtig dat dergelijke auteurs niet altijd in staat zijn hun bevindingen op een iets toegankelijkere manier naar buiten te brengen, vooral als het een groot publiek moet bereiken.