C'est un bon livre qui défend l'argument cosmologique (pour être précis argument cosmologique de la contingence, une version thomistico-leibnizienne qui combine PRS et PC). Il est assez complet et introduit beaucoup de distinctions sur lesquelles on a envie de réfléchir mais il dit des choses assez étranges (voir après) et ne développe pas suffisamment/ou avec trop peu de rigueur certains points (par exemple différence entre PRS et PC). Dans tous les cas, c'est le plus grand livre sur l'argument cosmologique de la contingence avec Necessary Existence de Pruss et Rasmussen.
Introduction :
Contexte et état de l’art de l’argument cosmologique. Jusqu’à récemment, c’était un argument décrié et désuet considéré comme faible à cause de et depuis Kant et Hume. Mais on peut l’améliorer et le réexpliquer plus clairement, et alors on se rend compte qu’il est en fait puissant.
Chapitre 1 : Une défense de l’argument cosmologique
Dans ce chapitre, l’auteur défend sa formulation de l’argument cosmologique prémisse après prémisse.
Il définit d’abord la contingence : plusieurs choses peuvent être contingentes, ça peut être une proposition comme il est couramment admis mais pas seulement (en même temps il est supposé qu’une chose concrète ne peut pas l’être, que ça n’a pas de sens). Effectivement, une chose concrète peut bien être contingente (on peut très bien avoir une chose qui aurait pu ne pas exister), et de même pour un événement (on peut avoir un événement qui aurait pu ne pas surgir).
Il montre ensuite qu’une chose contingente a forcément une cause extérieure à elle-même car elle ne peut pas se précéder dans l’existence, car ce serait contradictoire
Il montre ensuite qu’une chose contingente a soit une cause contingente et une autre etc. Donc une série infinie de causes contingentes, soit comme alternative exclusive une cause non-contingente, c’est-à-dire nécessaire. Il démontre que c’est la deuxième possibilité qui est la bonne, la première étant impossible. Il présente au passage la distinction entre ce qu’il appelle les séries de causes transitives et les séries de causes intransitives (illustration avec la naissance des enfants) qui ne sont rien d’autres que les séries de causes essentiellement ordonnées et les séries de causes accidentellement ordonnées si l’on reprend la terminologie scolastique traditionnelle. Il dit comme étrangeté que l’argument cosmologique ne s’occupe nullement des séries de causes intransitives, ce qui est clairement faux comme le kalam s’en occupe et que c’est aussi un argument cosmologique. Peut-être qu’il veut plutôt juste parler de son argument à lui qu’il est en train de développer (qui effectivement ne s’intéresse qu’aux séries de causes transitives).
Il montre après ... A Compléter.
Chapitre 2 : La bonne définition de cause
Dans ce chapitre, Reichenbach va montrer que la prétendue faiblesse de l’argument cosmologique est dû à l’adoption de nouvelles définitions déficientes de la “cause” (une connection nécessaire purement psychologique/mentale dans l’esprit entre deux événements où l’un précède forcément l’autre dans le temps très fortement inspiré de Hume problème = réduction par l'absurde si on suppose que toute série de causes doit être temporelle + contre-exemples de causes et d'effets non temporels mais directs/simultanés, une loi abstraite A COMPLETER problème = n'a pas de pouvoir causal) et donc conjointement à l’abandon inévitable de la conception traditionnelle de la “cause” comme production et “un pouvoir des objets” A COMPLETER.
Il réfute donc ces concurrents et finit par défendre la position classique.
Chapitre 3 : Le principe de causalité et le principe de raison suffisante
Dans ce chapitre, Reichenbach va décrire le principe de causalité et le principe de raison suffisante, expliquer leurs liens et leurs différences et les défendre face aux critiques de Hume et à d’autres plus récentes.
Les deux principes sont très liés car leurs notions adjacentes que sont celles de cause et de raison suffisante/d’explication sont très proches. Par contre, il est faux de les confondre. Ils n’ont pas le même “scope”. Par exemple, le PC ne peut pas par définition s’appliquer aux choses qui n’ont pas de cause(s).
Pour lui le PSR inclut aussi des explications non-causales desquelles il ne donne comme exemple que des buts/des intentions. Par exemple ce qui explique pourquoi je mange mon riz c'est parce que j'ai envie de manger (c'est une pensée donc n'a pas de pouvoir causale n'est pas une cause mais reste quand même une explication). C'est donc dommage de ne pas être allé plus loin car on peut facilement le bloquer sur ces points...
Chapitre 4 : propositions compliqué Distinction sur les types de propositions liées à la nécessité, pas compris grandchose A relire.
Chapitre 5: ensemble des êtres contingents Objection du sophisme de composition vs CA. L'argument de Reichenbach n'utilise pas de totalité (chercher une cause à une série de causes comme Duns Scot) donc inefficace. Il utilise juste une série de causes liée à un ou quelques objets ("the existence of any individual contingent being") comme Thomas d'Aquin.
Critique de Russell sur le non sens d'appliquer la causalité à l'échelle de l'univers au lieu des objets individuels.
A relire car complexe
Chapitre 6 : types de nécessité Nécessité liée aux propositions :
Nécessité logique = on tombe dans une auto contradiction avec cette même proposition si on la nie
Nécessité conditionnelle = proposition necessaire a condition que ses prémisses soient vraies et que le syllogisme soit valide (suivre nécessairement les prémisses) Nécessité liée aux êtres : si cet être existe alors il existe (éternel sans génération ni corruption, aséité/indépendant)
La plupart des philosophes contemporains pensent que l'argument cosmologique utilise la Nécessité logique.
Objection courante : Or comme l'existence d'un être est un fait contingent il n'a rien de contradictoire impossible. Donc CA est invalide. Ex : J. C. C.Smart, C. B. Martin
Paul Edwards Penelhum
En fait CA utilise plutôt la nécessité des êtres.
Chapitre 7 : CA se réduit à l'argument ontologique Beaucoup de critiques ont repris cet argument de Kant de son locus classicus qu'est un extrait de la Critique de la raison pure.
Le CA se détruirait face au dilemme : soit il réduit au OA et est donc inutile en plus de celui-ci, soit il est invalide car L'OA l'est aussi.
NBP 18 Aquinas sur les deux étapes du CA, démontrer l'existence d'un that puis déterminer ses attributs.
A relire après avoir lu Kant.
Chapitre 8 : gap problem Copleston présente bien H. J. Paton, Alston le défendent Wallace Maston défend le matérialisme
Réponse chaque composant de l'univers est contingent. L'univers est la totalité de ces composantes. Donc on peut concevoir que l'univers puisse ne pas exister (car si tous ses composants arrêtent d'exister en même temps alors il en va de même pour la totalité).
La causalité appliqué à une totalité (ici êtres contingents) n'a pas de sens car on sort du cadre du raisonnement (comme qu'est ce qu'il y a avant le temps ou qu'est ce qu'il y a dans l'espace ?). Réponse : il
suffit de placer la totalité du contingent dans son bon contexte de totalité du contingent et du nécessaire ou ses êtres causés. Pas trop compris à relire.
L'identification de l'être nécessaire ne fait pas partie de l'argument (est quelque chose d'extrinsèque) donc l'attaquer sur ce point ne me remet pas en cause.
Mais elle reste une question programmatic intéressante. On peut y répondre par 3 étapes : 1. Détermination des attributs de l'être nécessaire (existence nécessaire, Pas de début ni fin à son existence = éternel, aucune caractéristique des êtres contingents donc incausé et independant de toute chose = a se (aséité), donc aussi infini car limite par rien) 2. Détermination des attributs de Dieu
3. La méthode de la corrélation : est-ce que les deux sont la même chose ? Il semble que oui donc il y a de bonnes raisons de penser que l'être nécessaire est Dieu.
Argument et croyance Est ce cet argument peut pousser quelqu'un a croire dn Dieu et à placer en lui sa confiance ? Tout à fait possible de croire en son existence sans lui faire confiance.
Pour Kierkegaard, la foi va contre la raison. Pour l'auteur la foi croyance relève de la volonté et pas de la raison mais peut et doit se baser sur des raisons donc pas d'antinomie entre les deux.
A CRITIQUE, REFORMULATION, AND ULTIMATELY DEFENSE OF THIS ARGUMENT FOR GOD
Bruce Reichenbach is Professor Emeritus from Augsburg College in Minnesota, and has also written books such as 'Evil and a Good God,' 'On Behalf of God: A Christian Ethic for Biology,' etc.
He wrote in the Preface to this 1972 book, "More recently, interest has also been generated in the cosmological argument. Has the argument been properly understood? Are the traditional criticisms really damaging to the argument? Can the argument be reformulated in order to overcome certain weaknesses which have been discerned?... It is this challenge to analyze the propositions which the cosmological argument propounds and presupposes which we have undertaken to meet... It will be the reevaluation of both the argument itself and the criticisms which have been raised against it."
He states [then challenges] one argument, "if a contingent being is caused, it must be caused either by itself or by another; there is no third alternative. But obviously it could not cause itself to exist... [Thus] it must be caused by something other than itself... But this only sets in greater relief the first issue, namely, need a contingent being be caused at all?... must every contingent being have a cause of its existence? Cannot a contingent being exist uncaused?" (Pg. 8-9)
He summarizes the argument: "The totality of contingent beings is nothing more than the sum total of individual contingent beings. Each individual being ... could conceivably not be. But what would occur if all these beings ceased to exist at the next moment... the totality itself would cease to exist... But if this is the case, it is perfectly conceivable that the totality could not exist. And if the totality could conceivably not exist, then it too must be contingent. Therefore, if all the parts of something are contingent, the totality likewise MUST be contingent; it could conceivably not exist." (Pg. 102)
Against the argument that the material universe itself could be the "necessary being," he argues, "But is the world or material universe a proper candidate for the position of necessary being? I think not. The totality or world or universe is nothing over and above the sum total of its constituents. But all its constituents are contingent beings... Thus, contrary to what [Wallace] Matson claims [in 'The Existence of God'], the world cannot be the necessary being to which the cosmological proof argues, and it would be contingent because it is the totality of contingent beings." (Pg. 139)
This is still an excellent, detailed discussion of this crucial argument, and is of considerable value to anyone interested in the philosophy of religion.
I thought I loved metaphysics. This reading made me hate metaphysics.
To be fair—Reichenbach did do a way better job of explaining things in far more friendly and open terms than some of the other writers (I tend to lean more toward Ansel’s Ontological argument, but his writings are so deeply dense and slippery to read).