Il y a parfois des ruptures qui ne peuvent pas arriver, mais qui le devraient. Parce que les cœurs se crient après sans arrêt, enterrent tout le reste, s’enterrent eux-mêmes. Ils s’emportent et se débattent et débordent, avec cette certitude qu’ils s’arrêteront le jour final, le jour ultime où, à se heurter sans arrêt, à s’exister de trop près, à s’attendre, un coup de trop les éclatera.
Hiroshimoi est un récit en fragments d’ordinaire amoureux, coincé dans une boucle, qui martèle sans fin que l’espoir, c’est la résignation.
Hiroshimoi était comme un long poème, un peu difficile à suivre au début, puis on comprend l’histoire malsaine d’une fille amoureuse d’un garçon qu’elle doit laisser partir. Très différent de ce que je lis habituellement, surtout au nvieau de l’écriture mais ça m’a plu, ça fait différent et il se lit si rapidement!
Hiroshimoi, C’est des fragments d’amour malsain. C’est l’immensité du désir, la cruauté du réel. C’est la passion qui brûle, une relation qui s’effrite, s’effondre.
C’est une courte lecture électrisante d’émotions.
Je ne me tannerai jamais de lire les mots de Véronique Grenier. Ils vibrent forts en moi. Ils se faufilent jusqu’à mon coeur, l’écorche à chaque fois.
« Je t’ai laissé me poser une poignée dans le dos. Mais t’étais habitué, j’tais pas la première à qui t’en vissais une. »
« Il me semble avoir perdu des bouts de coeur, de chair, de corps. Des bouts de vie. En chemin. Me semble que je suis moins. »
J’ai la tête un peu pleine ces temps-ci alors ce n’était peut-être pas la bonne soirée pour lire cette poésie… j’avoue ne pas avoir tout compris. J’ai adoré son livre Colle-moi chez La courte échelle et sa plume m’avait fait pleurer. Ici, la structure de phrase est très différente de ce que je suis habituée à lire et parfois le message de l’autrice était un peu trop difficile à interpréter pour ce que j’avais envie.
Quand je catalogue un livre et que je ne peux m'empêcher de le lire à toute vitesse pendant mon heure de lunch, je sais que je viens de vivre *un moment de lecture*. J'aime beaucoup la langue écorchée, à vif de ce beau texte charnel, sensuel sur une passion amoureuse qui consume la narratrice tout entière... C'est beau, c'est triste, ça te râpe le coeur. À lire à haute voix. À relire.
J'avais beaucoup d'attentes envers ce livre et il ne m'a pas "accrochée" comme je pensais qu'il le ferait. Le texte est bon, la poésie magnifique, mais je reste sur ma faim. J'en aurais pris un peu plus :-)
À première vue, les livres comme Hiroshimoi me laissent indifférente. Même que j’ai tendance à abandonner ces lectures puisque le style « poétique-texte découpé » n’est pas quelque chose qui m'accroche. Cependant, Hiroshimoi m’a complètement coupé le souffle. Je l’ai refermé, ébranlée par ce que je venais de lire et avec l’envie de citer tout ce que j’avais absorbé. C’est beau, c’est fort. Définitivement, un coup de cœur et un livre qui ne quittera pas mes tablettes! . « Il me semble avoir perdu des bouts de cœur, de chair, de corps. Des bouts de vie. En chemin. Me semble que je suis moins. »
Une très belle écriture. Le fond n’est peut-être pas très original, c’est un sujet, des thèmes que l’on voit souvent dans la littérature québécoise, peut-être un peu moins à l’époque de sa publication, le livre date de 2016, mais bon… J’ai aimé le style, le ton ma rejoins, certains passages sont d’une réelle beauté. Une auteure que je relirai très prochainement! J’avais évidemment déjà entendu parler de ce livre, mais c’est après avoir vu l’entrevue de l’auteure dans la nouvelle émission littéraire de Claudia Larochelle, que je me suis décidé à finalement le lire.
J’en retiens l’excellente expression “prêt-à-spooner”, mais pas grand chose d’autre que le déclin d’une relation qui n’a jamais vraiment eu l’air d’en valoir la peine.
Récit d'une rupture en prose poétique. Phrases intenses, peine incarnée dans tout le corps. "M'a laisser ma porte d'entrée débarrée à toutes les nuits". Ou l'art d'attendre ce qui n'arrivera plus jamais.
« Je t’ai laissé me poser une poignée dans le dos. Mais t’étais habitué, j’tais pas la première à qui t’en vissais une. » Ahh, les affaires qu’on fait quand on aime (et qu’on espère fort).
J'ai beaucoup aimé cette lecture. La poésie y est intéressante et j'apprécie particulièrement d'essayer de lire entre les lignes et m'imaginer l'histoire derrière le texte.
Un des livres les plus attendus de l’hiver vient de paraître aux Éditions de Ta Mère, Hiroshimoi de la talentueuse blogueuse et écrivaine Véronique Grenier. 68 pages enflammées de désir, d’amour, mais aussi d’abandon et de concupiscence.
Les courts fragments donnent un rythme rapide à cette histoire d’amour, parfois à sens unique, qui, on le sent, on le sait, se dirige directement dans un mur. Un homme déjà en couple, une jeune femme intelligente et articulée, passionnée surtout, qui tombe sous l’emprise de celui-ci. Une histoire classique, presque banale dans les annales du film et du roman d’amour. Ce qui sauve tout, c’est la voix unique de Véronique Grenier. Une prose à la fois poétique où s’étiole une quotidienneté et un ancrage au réel parfois banal. Oui, l’amour, ça vole haut, ça frappe fort, ça brûle tout sur son passage, mais tout disparaît dans la cruauté de leur réalité: «Je sais pas si tu vois mes jambes écorchées, la trace de sang qui marque ton chemin. Je me vide. Pour des duck face cheaps. Et des jumelles. Et des filles de gym. Et celles qui resteront anonymes. Et elle. Pour qui j’aurai juste des doutes et des likes.»
On pourrait le croire naïf ce « je » martelé à chaque page, prenant d’assaut chaque phrase, chaque paragraphe, mais c’est tout faux. C’est justement ce trop-plein de conscience qui atteint le lecteur. C’est un « je » qui se positionne toujours en périphérie d’un « tu » destructeur. Ce « Hiroshimoi » sait pertinemment dans quelle voie il s’avance, dans quelle aventure il se lance, il court à sa perte en toute connaissance de cause, comme une marche lente et inéluctable vers «My own Guantanamo». Grenier, pour donner sens à tout cet amour trop fort pour un seul être, donne dans le langage brut, qui se rapproche beaucoup de l’oralité. Bien qu’elle aurait peut-être gagné en laissant de côté les formules discutables tirées du Web comme «des high five dans ta face avec une chaise», elle excelle dans les passages poétiques avec des images pleines et fortes, des émotions pures et riches. Hiroshimoi s’avère un récit écorché à vif, mais d’une beauté qu’on ne peut passer sous silence.
Extrait :
«Un jour, je t’ai demandé si tu allais me détruire, et ce n’était pas ton intention, il paraît. L’enfer était dans ma face pavé de ton vouloir, je me consumais, mais je le voyais pas. Des fois, les citations de Bukowski se trompent. Marcher au travers des flammes, tu peux pas bien faire ça. Ce qui te tue te tue. Tu sais.»
y a quecque chose. veronique grenier a quecque chose de raw, de vrai, de trop vrai - de la justesse, dit simple, dit précis, une précision belle et piégeuse. ça te parle si ça te parle, et quand ça l'fait, t'as genre un feeling que tu pourrais te replier dans c'te genre de poésie-là comme on s'emmitouffle dans des couvertes fluffy pour une sieste, les jours que tout en nous est fatigué de se trimballer pis qu'on veut se poser quecque part un temps se reposer les yeux pis le coeur. pis hiroshimoi ça une impression de ça, de mots qui conviennent, de plaies que tu reconnais, de souffles qui s'ajustent au rythme que tu penses fabriquer pis c'est à peu près un bout de tes ressacs dont tu t'imprègnes.
J'aime les textes de Véronique Grenier et son regard sur le monde, même si son style trop marqué à en être répétitif, trop cool, me dérange parfois. Mais ici, je trouvais que c'était comme "too much information", des anecdotes personnelles pas assez sublimées pour être rendues "universelles". Mais j'ai adoré le dernier paragraphe et la dernière phrase, qui résument bien les amours qui blessent mais dont on ne se défait pas assez vite, comme celui qui est le sujet du récit.
On dirait qu'elle aurait dû garder ce livre de côté quelques années pour l'améliorer et le publier plus tard. En tout cas.
Les débris éparpillés d'une relation amoureuse douloureuse, comme les scories éjectés par une passion volcanique, répandus à la ronde quand tout éclate! Moins un récit qu'un portrait impressionniste, presque poétique, composé d'événements en fragments et de bribes d'émotions. J'ai bien aimé l'écriture imagée et très sensible de l'autrice. Tout sonne vrai dans ce petit livre, qui se lit aussi vite que flambent les amours violents.
«Cette fois où je t'ai fait de la place dans mes tiroirs et qu'ils sont restés vides.»
Ce court texte est rempli d'images fortes et percutantes. La prose est très "orale" et mérite d'être lue (et relue) à voix haute. J'ai franchement préféré lire l'auteure dans ce livre que dans les chroniques qu'elle signe chez Urbania.
Un magnifique recueil et une plume magique, qui saisi le quotidien amoureux avec tellement d'humilité. Des frissons pleins les bras, le coeur qui se s'emballe et un peu mal au ventre, tant les peines d'amour, ça fait mal. Il faut assurément se plonger dans la poésie de Véronique Grenier.