Французский словарь "Робер" датирует первое употребление слова "идеология" 1796 г., а слово "идеолог" впервые было произнесено в 1800 г. Первым употребил термин "идеология " граф Дестют де Траси. Он разъяснил его 20 июня 1796 г. в докладе "Проект идеологии", прочитанном в Национальном институте наук и искусств, а затем в книге "Основы идеологии". Дестют де Траси принадлежал к "идеологам" - философской школе, объединившей последователей Локка и Кондильяка и ставшей связующей нитью между философией XVIII в. и позитивизмом. Идеи Дестюта де Траси изложены в работе "Основы идеологии". В этом сочинении, написанном в связи с задачей реорганизации системы образования, обосновывалось значение идеологии (в широком смысле) как системы идей, призванной восстановить единство наук. В работе идеология рассматривается как наука об идеях. Наука идеология представляет собой анализ человеческих способностей, опирающийся на концепцию Кондильяка. Дестют де Траси выделяет четыре способности человека, участвующие в формировании идей: чувства, память, способность суждения, воля.
Aux élections aux États généraux, il est élu député par la noblesse du Bourbonnais réunie à Moulins.
Il est un des premiers de son ordre à se rallier au tiers état après la crise du 20 juin 1789 et un des plus enthousiastes lors de la nuit du 4 août 1789.
Lorsque l'Assemblée constituante est remplacée par la Législative en septembre 1791[3], il se consacre aux sciences avec son ami Pierre-Jean-Georges Cabanis. Il est cependant nommé maréchal de camp (général de brigade) par La Fayette, commandant de l'armée du Nord, en 1792 ; mais, après le 10 août 1792 et l'émigration de son chef, il revient à la vie civile.
Pendant la Terreur, il est arrêté comme suspect le 2 novembre 1793 et reste incarcéré pendant onze mois, durant lesquels il s'initie à la philosophie sensualiste de Locke et de Condillac, mettant au point sa propre doctrine. Il recouvre la liberté après la chute de Robespierre (9 thermidor an II/27 juillet 1794).
Après le 18 brumaire, auquel ses amis de la société d'Auteuil, dont Sieyès est alors le chef, ont puissamment contribué, il est nommé l'un des trente premiers sénateurs.
Au Sénat conservateur, il est le chef des « idéologues » méprisés par Napoléon Ier, qui en fait tout de même un comte d'Empire. Outre Destutt de Tracy et Cabanis, la Société des idéologues compte parmi ses membres le comte de Volney et Dominique Joseph Garat.
En 1800, il publie des Observations sur le système actuel d'instruction publique.
Il est élu membre de l'Académie française en 1808.
Louis XVIII le fait entrer à la Chambre des pairs en 1814[5].
Il devient membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1832.
Son œuvre a eu une influence réelle sur les philosophes et économistes du XIXe siècle, notamment Thomas Brown, John Stuart Mill, Herbert Spencer, Taine et Théodule Ribot, mais aussi sur Stendhal et Karl Marx..
Son fils Victor Destutt de Tracy a été parlementaire sous la monarchie de Juillet et ministre de la Marine.
Sa fille a épousé Georges Washington de La Fayette en 1802.
Penser, c'est toujours sentir, et ce n'est rien que sentir
Antoine Destutt de Tracy (1754-1836), député de la noblesse lors des états généraux, mais fervent adepte des idéaux de la révolution française, est l'auteur de cet ouvrage philosophique destiné à l'enseignement (l'auteur s'adresse régulièrement à de "jeunes amis"). Il est question d'idéologie, là on parlerait maintenant plutôt de psychologie. Pourquoi idéologie, dont le sens usuel proche de "doctrine" est plutôt négatif, ne date que du XIXème siècle? Par étymologie, psyché, en grec évoque au sens propre le papillon, et au sens figuré l'âme. C'est donc un concept métaphysique dont de Tracy, influencé par Locke (voir l'Essai philosophique concernant l'entendement humain, lui-même inspiré de l'excellent Léviathan de Thomas Hobbes) et Condillac, souhaite s'écarter pour ne rester que dans une interprétation purement sensible. Et le premier sens, c'est le voir, video en latin, (ϝ)idein en grec, qui a perdu l'ancienne lettre digamma ϝ, et avec le son "w".
Les idéologues sont un groupe de savants, parmi lesquels Volney (voir Un grand témoin de la Révolution et de l'Empire : Volney), dont de Tracy était à la tête, et qui sont à l'origine de l'institut de France. Révolutionnaires de 89, ils n'ont guère apprécié la parenthèse républicaine de 92, et se sont attachés à la réaction thermidorienne de 93, et ont poussé le jeune Napoléon au pouvoir. Las, l'homme providentiel sur lequel ils avaient fondé tous leurs espoirs les a trahis: par le Concordat d'une part, en instrumentalisant la religion, puis par la recherche du pouvoir despotique d'autre part. Les idéologues, comme Napoléon appellera dorénavant avec mépris ses anciens alliés qu'il comble néanmoins d'honneurs et à qui il distribue des places, vont alors se murer dans une opposition stoïque de principe, et arriver ainsi jusqu'à la restauration sans encombres.
Comme dans le livre de John Locke, dont Voltaire avait popularisé la philosophie en France, il s'agit d'étudier l'esprit humain d'une manière objective, en se tenant loin du rationalisme ou du mythe, et en se tenant à la mesure, à l'expérience, à la prudence en somme. De là un soin particulier pour être clair, précis, juste, pour vulgariser en se tenant loin du jargon ou du verbiage d'école, et d'où un certain manque de difficulté ou de matière propre à satisfaire ceux qui aiment mettre leurs cervelles à l'alambic, ou en imposer au vulgaire pour le tenir à distance de ses propres ratiocinations. C'est pourtant la philosophie allemande qui va chasser la philosophie anglaise des universités de l'hexagone, celle qui jargonne et qui professe, celle dont on fait justement les idéologies, et ce par les efforts de Victor Cousin (Œuvres de Victor Cousin: Introduction L'Histoire de La Philosophie) pour imposer Kant et Hegel sur les bords de Seine.