Œuvre d'une incroyable virtuosité graphique, Coloforme et Niveaux de gris entraîne le lecteur dans un véritable vertige formel au cœur d'un univers étrange et envoûtant. Alors que Coloforme brille par le fort contraste de couleurs vives qui s'opposent, aussi bien dans des aplats mouillés et délavés que sous la finesse du pinceau, Niveaux de gris progresse tout en nuances du blanc au noir par un trait hachuré, trituré, qui cisèle des formes délicates. Si de prime abord, les deux récits semblent s'opposer graphiquement, ils se rejoignent avant tout par la contrainte formelle qui les a vus naître et développe des narrations-tiroirs où le lecteur se perd dans les méandres d'un monde en permanente mutation. Dans Coloforme, ce sont six formes colorées – une par case – qui donnent corps au dessin et au récit. On les retrouve à l'identique dans chaque page du livre, camouflées en une infinité de déclinaisons. Niveaux de gris s'apparente à un jeu de kyrielles visuelles, où, case après case, les numéros s’égrainent inexorablement tels les niveaux d’un jeu vidéo. La lecture devient une plongée dans un univers mouvant, oscillant entre science-fiction et récit d'aventures, où chaque case laisse miroiter au lecteur de nouvelles perspectives graphiques et narratives. La contrainte se fait ici libératoire, et nous donne à voir la magie de l'acte créateur qui fait surgir, d'une simple forme géométrique, tout un monde. Mais les univers qui naissent sous le trait d’Étienne Beck semblent inévitablement condamnés à la destruction, ou, plus exactement, en perpétuelle recréation. Les métamorphoses animales, végétales et humaines se succèdent, tout comme les civilisations. Les personnages eux-mêmes, difformes ou informes, n'échappent pas aux mutations, qui semblent être, au final, leur seul moyen de survie. La matière, sous toutes ses formes, est sans cesse en évolution, se dissout d'elle-même avant de renaître, malmenée par un auteur tout-puissant qui développe ainsi, par petites touches, sa propre mythologie de la création.
185×278 Amphigouri ¦ A.I. 10/2015 ¦ "D.2015-7205-4" ¦ 22€ = eo -›HARDCOVER (but the easiest type to smudge/rip)
Two silent (3 phylactere in '...Gris') "stories" that go from the front and the back toward the middle (but do not relate). The cover-looking one is in gloopy paint of all manner of colors with plenty of action including sex, death and dookie with characters that don't look like they should be in the same settings together. "Niveaux de gris" is 1008 color-free panels as numbered "Niveau" (≡levels≡ in English it seems) doing character and place morphing in progressions, introspections and I have no idea what else to tell you about that...
Narrative: * Both absolutely unintelligible! Another example of my 'reaching out there' for fringe-type stuff backfiring on me. I still hope these sort of visual experiences have some sort of aesthetic enrichment value.
Visual: ** Some skill can be observed through all of the slop he over-populates the book with. It's like he's a boy with a "dirty mind" playing with shapes on paper that occasionally look the part of quality art.