Lorsqu’il devient ambulancier dans l’un des quartiers les plus difficiles de New York, Ollie Cross est loin d’imaginer qu’il vient d’entrer dans un monde fait d’horreur, de folie et de mort. Scènes de crime, blessures par balles, crises de manque, violences et détresses, le combat est permanent, l’enfer quotidien. Alors que tous ses collègues semblent au mieux résignés, au pire cyniques face à cette misère omniprésente, Ollie commet une erreur fatale : succomber à l’empathie, à la compassion, faire preuve d’humanité dans un univers inhumain et essayer, dans la mesure de ses moyens, d’aider les victimes auxquelles il a affaire. C’est le début d’une spirale infernale qui le conduira à un geste aux conséquences tragiques.
Dans un style viscéral, Shannon Burke prend littéralement le lecteur à la gorge et nous livre un portrait de la condition humaine digne d’Hubert Selby Jr ou de Richard Price.
Shannon Burke est né dans l’Illinois. Il a été ambulancier à New York. Il est scénariste (Syriana) et écrivain. Après Manhattan Grand-Angle (Gallimard, 2007), 911 est son second roman. Les droits d’adaptation cinématographique ont été achetés par la Paramount. Todd Kessler (Les Soprano, Damages) en écrit actuellement le scénario pour le metteur en scène Darren Aronofsky (Requiem for a dream, Black Swan).
Shannon went to college at the University of North Carolina-Chapel Hill. He has published four novels: Safelight, Black Flies, Into the Savage Country, and The Brother Years. He has been involved in various film and TV projects, including work on the screenplay for the film Syriana, and he is the co-creator of the Netflix series Outer Banks. From the mid to late nineties he worked as a paramedic in Harlem for the New York City Fire Department. He now lives in Knoxville, Tennessee with his two sons.
Soyons voyeurs... Ce romans nous embarque dans les ambulances au service du quartier de Harlem des années '90, alors extrêmement dangereux. C'est plein d'histoires sordides de jeunes se faisant tirer pour des histoires de drogues, de vieux vivants dans leur crasse sans se rendre compte que leurs orteils sont gangrenés, de femmes donnant naissance high sur le crack. Difficile de ne pas succomber à la curiosité d'entrer dans ce monde. Ça se lit vite.
C'est une bonne lecture. Par contre, le synopsis semble être plus profond et "dark" que le livre est vraiment. La traduction contient beaucoup d'erreurs de français, ça fait un peu décrocher du livre lors de quelques moments cruciaux.
911, Nine-one-one est un numéro que nous connaissons tous et toutes. C’est celui des urgences. Les urgences américaines, bien entendu.
New-York, années 90… Un groupe d’ambulanciers urgentistes que nous allons accompagner durant des interventions.
De grâce, laissez de côté vos souvenirs de la série Urgences ! Ici, pas de beau George ClooNescafé pour vous prendre en charge avec gentillesse tout en vous servant un ristretto.
Ici, le seul Noir que vous pourrez prendre, ce sera celui que vous chargerez – ou non – dans votre ambulance. Et si vous êtes un peu sadique sur les bords ou brisé par votre travail, vous le prendrez avec votre ambulance, mais au sens propre… Oui, « boum » dans un être humain.
Je vous avais dit que nous étions à New-York, mais dans le quartier de Harlem !
La misère humaine est celle de Zola, les êtres décharnés qui louvoient dans les rues ont tous une aiguille fichée dans le bras, ou presque. Le quartier est gangréné et l’amputation ne résoudrait rien. Des immeubles sont laissés à l’abandon et la population aussi. Ce qui ne la rend pas aimable, vous en conviendrez.
Vous intervenez pour essayer de sauver des vies et vous vous prenez des insultes ou des parpaing sur la tronche. Bienvenue à Harlem !
C’est dans cette atmosphère particulière que travaille notre unité d’ambulanciers : des anciens, des vieux de la vieille, des altruistes, des sadiques, des blasés et notre Ollie, jeune bleu qui fait ambulancier afin d’avoir de l’expérience pour entamer des études de médecine.
Il est jeune et rempli d’empathie, l’amertume ne l’a pas encore contaminé, lui. D’autres sont déjà passé du côté obscur, se donnant pour mission d’éradiquer les drogués en les laissant crever (sorry pour le terme, mais c’est celui qui convient vu la manière dont c’est fait).
Chaque personnage est bien campé, a son caractère bien à lui, sa manière de bosser. Ollie est en apprentissage et son coéquipier est important. Nous verrons comment notre Olivier va basculer lentement du côté obscur de la Force. L’indifférence, ça te tue à petit feu.
Si ceci est une œuvre de fiction, l’auteur, qui fut ambulancier, sait de quoi il parle et chaque intervention est tintée d’un réalisme qui frôle la perfusion… non, pardon, la perfection !
Sans jamais tomber dans l’excès de voyeurisme, sans temps mort, sans jamais gaver son lectorat de termes médicaux en tout genre qui ferait ressembler le roman à un syllabus médical, l’auteur a mis en place toute une histoire derrière et on s’attache à certains personnages, on les voit sombrer, se raccrocher, s’en sortir ou péter les plombs.
Attention, c’est sombre, c’est du p’tit roman noir serré et vos tripes vont se remuer parce que l’auteur a dû mettre les siennes pour l’écrire. C’est sans concession aucune.
Si le 911 a changé notre jeune Ollie en 11 mois, le 911 vous changera en 200 pages. Ensuite, comme eux, vous ressentirez un grand vide.
Je ne classerai pas ce roman dans les thriller parce que ce n'est pas cela. Il y a des horreurs certes que l'on peut découvrir au fil des pages, mais ce qui les rend encore plus terribles, c'est qu'elles sont empreintes d'une réalité palpable et bien tangible. On est en 1993 et ce passé tout proche est parfaitement contemporain. Le visage de New-York et plus précisément de Harlem n'est pas glamour. Il est sordide, violent, sanglant, inhumain.
L'auteur sait de quoi il parle. Il a lui-même été ambulanciers urgentistes. C'est sans doute pour cela que l'on y croit tant à ce que l'on peut lire. Ces interventions sont plus incroyables les unes que les autres alors que l'on sait très bien que la réalité dépasse si souvent la fiction. L'écriture est comme l'action : courte, rapide, intense.
On découvre aussi la vie de ces ambulanciers, ces groupes unis, soudés et qui pourtant compte des individus si différents les uns des autres. Leurs vies sont mises à mal et la tragédie est latente.
Voilà un livre qui claque comme un bruit de portière d'ambulances. On est éblouie par la noirceur des propos et par des lumières trop violentes de la réalité. On est scotché et c'est rare.
À lire parce que l'Amérique n'aura plus jamais le même visage... après.
J'ai adoré me plonger dans l'histoire de ce livre. On y retrouve Cross et ses coéquipiers. Il est nouveau a la station d'ambulance, il s'occupe des blessés, les ammènent à l'hôpital et fais ses études en même temps.
I love immersing myself in the history of this book. There is Cross and his teammates. He is new to the ambulance station, he takes care of the wounded, the bring in the hospital and do his studies at the same time.
Shannon Burke a été ambulancier, il sait donc de quoi il parle. Et il en parle drôlement bien même. J’ai liquidé ce roman en quelques heures, happée par le récit, le rythme, l’ambiance, le propos. Ollie est un étudiant peu sûr de lui prépare son concours d’entrée tout en découvrant le métier d’ambulancier. Officiant dans le quartier de Harlem, il est confronté à des situations aussi terribles de tragiques. De l’empathie à l’indifférence il n’y a qu’un pas, et au fil des mois le jeune homme va passer par divers états émotifs et psychologiques. Burke nous immerge totalement dans son univers, souvent violent, parfois glauque, et nous présente un aspect du métier d’ambulancier dans ce qu’il peut avoir de plus ingrat. Ollie suit son cheminement personnel en étant témoin de drames humains, de misère, de désespoir. Le simple bleu de ses débuts devra décider quel camp choisir, quelle attitude adopter, avant de se perdre pour de bon. Un roman saisissant !