Spartacus, un personnage inspirant même après sa mort.
Yann Le Bohec (1946-) historien, professeur émérite à l'université Paris-Sorbonne, a enseigné dans plusieurs universités, dont Lyon III, Grenoble II. C'est un spécialiste de l’antiquité romaine, en particulier d’histoire militaire. Il a publié une trentaine d’ouvrages et dirigé une quinzaine d’autres, notamment The Encyclopedia of the Roman Army. Il a également été conseiller expert auprès du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et reçu quatre prix, dont de l’Académie française.
L’ouvrage fait environ 220 pages divisées en 11 parties. L’idée principale est que malgré le fait que Spartacus et ses hommes n’aient reçu aucune formation militaire, ils se trouvaient dans une zone hostile et étaient considérés comme indignes par la plus puissante armée antique du pourtour méditerranéen, a réussi à se transformer en chef de guerre ayant fait trembler la république romaine au nom de la liberté. Selon le census de 86-85, Rome comptait 463 000 citoyens romains pouvant mettre sur pied 9 armées de 50 000 hommes chacune, tandis que Spartacus s’est révolté avec 70 gladiateurs sur 200 que comptait la caserne. Ce combat, qui semblait perdu d’avance, a fait date dans l'histoire.
Ce qui justement est problématique pour le néophyte. Car d’un côté nous avons cinq auteurs qui accordent une dizaine de pages chacun au personnage, tandis qu’il a inspiré de nombreuses personnes à l’époque contemporaine. À travers sa lutte pour retrouver sa liberté, Spartacus est une figure dont s’est approprié de nombreux auteurs pour leur propre combat tels que les marxistes ou la Ligue spartakiste, un mouvement d’extrême gauche allemand qui fut actif durant la Première Guerre mondiale. De nos jours, il fait l’objet d’une riche production (livres, films, séries, jeux vidéo). Toutefois, Spartacus et ses hommes ne se battaient pas pour abolir l’esclavage, mais pour échapper à leur propre sort, ce que Yann Le Bohec décrit très bien dans ce livre.
C’est un très bon ouvrage, facile à lire, dont l’écriture est à la hauteur de la connaissance de l’auteur, bien qu'il n'a pas fait sa thèse sur Spartacus et les guerres serviles. Chaque chapitre se termine sur une conclusion qui facilite l’assimilation du sujet traité, à la fin une conclusion générale. Disposant d’une table d’iconographies, d'une chronologie, d'un index des noms communs et d'une riche bibliographie. Curieusement sur ma version Kindle il y n’y a pas de table des matières. À part cela, ce fut vraiment un plaisir de lire ce livre non seulement pour les connaissances, afin de replacer le personnage dans le contexte de son époque, mais également pour sa forme.
Citation : Les soldats pillaient et prenaient tout ce qu’ils pouvaient ; ils violaient ; ils tuaient, même quand ce n’était pas utile tactiquement ; et ils incendiaient tout ce qu’il était possible de faire brûler. C’est la tétralogie de la guerre dont nous avons déjà parlé et qui reviendra à plusieurs reprises dans ce récit.