Jane est Professeur dans une universite des États-Unis. Elle reçoit un livre manuscrit. Ce livre raconte en détail, chronologiquement, sa vie sentimentale. Jane lit ce livre, le lecteur avec elle. Entre chaque chapitre, un chapitre plus court nous dévoile les sentiments, interrogations, suppositions quant à l'auteur de l'ouvrage, de Jane.
Au départ, l'idée est intrigante et on s'assied volontiers avec Jane pour lire et réfléchir. Mais, après plus de 300 pages, on se lasse un peu, car il ne s'agit pas d'un enquête, d'un thriller haletant, mais toujours de ces chapitres du livre qui, grosso modo, répètent la même histoire (Jane à un certain nombre d'ex.) Chacun, à ses yeux est susceptible d'avoir fouillé sa vie pour en tirer le texte qu'elle a devant les yeux.
Et, lorsque l'auteur est finalement connu le pétard est mouillé, cela n'a plus vraiment d'intérêt -sans compter que une telle démarche semble trop irréaliste.
Car rien n'a échappé à l'écrivain mystère qui, outre une renquête serrée, imagine les détails et les ressentis de Jane au cours des divers événements toujours au plus proche de la vérité (y compris le nombre d'orgasmes, d'ailleurs ce livre est rempli de trop de sexe trop explicites complètement inutiles) Ce point ne m'a pas aidé à adhérer à la trame.
Donc, ce n'est pas vraiment une réussite.
Cependant, j'ai apprécié lire les aventures de Jane tant affectivement que professionnellement. Même s'il s'agit d'une personne insupportable par manque de confiance, par peur de la solitude, ces mêmes défauts me l'ont rendue attachante, finalement, car elle se débat avec ses échecs, ses espoirs, sa quête sentimentale comme sociale. Laissons ceci à l'auteur : les pages se tournent toutes seules.
Jane est finalement une personne telle qu'on en croise beaucoup. Elle a une situation enviable, mais n'est pas brillante dans sa fonction : elle a la flemme de suivre l'actualité liée à sa thèse en cours d'édition, elle est noyée par le quotidien et ne se préoccupe pas des étudiants. Aimée par son mari, elle le présente comme un joli trophée et retarde par tous les moyens possibles la possibilité de mettre fin à leur relation à distance, par caprice, pour le tester, et lui mène une vie infernale. Entourée d'amis investis et sincères, elle se sent supérieure à son amie qui n'est 'que' assistante sociale, elle trahit étourdiment son meilleur ami en proie à une crise sentimentale cruciale au moment ou pour une fois, il compte sur elle.
Surtout, elle juge le physique, l'orientation sexuelle et le couleur de peau de ses meilleures amies, se plaçant systématiquement au-dessus en tant que blanche hétérosexuels et universitaire.
Comme lu ailleurs, on est loin du talent d'une Joyce Carol Oates.
Il y a donc, dans ce livre, un effet page turner associé au fil des pages à une lassitude et un dégoût liés la personnalité de Jane.