Autant que la politique, peut-être même plus encore, la sexualité a construit l'Amérique. Depuis le choc du XVIe siècle, lorsque des Européens corsetés sont tombés nez à nez avec d'insolents " sauvages " explosant de sensualité, l'obsession du sexe – parfois sa hantise – a forgé l'identité profonde et orienté le destin de ce pays que l'on dit " puritain ". C'est le sexe, si convoité, si haï, qui impose l'ordre dans les colonies, puis scelle l'esclavage dans les corps des Noirs avec une brutalité inouïe. Le sexe, qui s'avilit dans la guerre civile, les interdits des Victoriens et les traques perverses du maccarthysme. Mais le sexe aussi, qui s'épanouit dans les Années folles et les sixties, puis parade au temps d'Internet et de la pornographie. D'une plume résolument romanesque, Nicole Bacharan raconte une autre histoire des États-Unis, voluptueuse et passionnée. Cheminant au fil des siècles, elle se glisse dans la peau des Américains du passé, partage leurs secrets intimes, et dévoile les vices enfouis sous leur vertu. Elle nous révèle une nation obsédée par la pureté et la transparence, écartelée entre ses idéaux et ses pulsions, qui aujourd'hui encore, à l'heure de la liberté des corps, se débat toujours avec ses vieux démons.
Nicole Bacharan est une politologue, spécialiste de la société américaine et des relations franco-américaines, connue pour ses livres et ses interventions à la télévision et à la radio en France et aux États-Unis. Elle est l’auteur de nombreux essais dont Faut-il avoir peur de l’Amérique ? ou Américains-Arabes, l’affrontement. Elle écrit également, en collaboration avec Dominique Simonnet, les romans de la série Némo.
Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et du Collège d'Europe de Bruges, Nicole Bacharan est chercheuse associée à la Fondation nationale des sciences politiques (Sciences Po) et National Fellow de la Hoover Institution à l’Université Stanford en Californie.
Le 11 septembre 2001, elle a déclaré en direct dans le studio du journal de 20 heures de France 2 présenté par David Pujadas : « Ce soir, nous sommes tous Américains »1, phrase qui sera reprise par Jean-Marie Colombani dans son éditorial du 13 septembre pour Le Monde2.