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Orgoliile Kremlinului

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"Imperiul Rus, care s-a format pe parcursul a jumatate de mileniu, a devenit cel mai mare din istoria mondiala a imperiilor. Dupa ultimul dintre cele trei valuri de expansiune teritoriala, s-a ajuns la un adevarat imperiu colonial, intins din Europa pana la Oceanul Pacific.
Imperiul Eurasiei de astazi a fost la un moment dat, cand Rusia stapanea si Alaska, unul americano-euro-asiatic.
Intr-un adevarat elan al cuceririi, la sfarsitul secolului al XVIII-lea, Rusia a pus piciorul in America, pe coasta Californiei, si a lansat expeditii catre Mexic si Hawaii, dar in fata opozitiei engleze si americane a fost nevoita sa renunte, multumindu-se doar cu Alaska, pe care a vandut-o Statelor Unite in anul 1867.
Aceasta adevarata istorie a Imperiului Rus, scrisa de o mare personalitate a lumii stiintifice, Helene Carrère D’Encausse, membru al Academiei Franceze, a fost publicata in anul 2005. Dar, deceniul ce a urmat aparitiei cartii a marcat o totala transformare a Rusiei, care incearca sa impuna o noua ordine de drept si de securitate internationala. Invazia Georgiei, ocuparea Crimeei si razboiul hibrid din Ucraina, ca si schimbarea perceptiei Rusiei privind UE, SUA si NATO din parteneri in dusmani, au impus o aducere la zi a continutului. Astfel, lucrarea a fost completata cu un capitol intitulat Postfata, conceput de reputatul comentator politic Emil Hurezeanu.
O carte de stricta actualitate geopolitica, orgoliile imperiale ale Kremlinului creand justificate motive de ingrijorare nu numai vecinilor Rusiei ci chiar la nivel global.

315 pages, Paperback

First published October 5, 2005

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About the author

Hélène Carrère d'Encausse

59 books29 followers
Hélène Carrère d'Encausse (born Hélène Zourabichvili) was the permanent secretary of the Académie Française and a historian specializing in Russian history. She was a graduate of the elite Paris Institute of Political Studies (better known as Sciences Po).

In 1991, Goudji created the academician's sword for her.

Her son, Emmanuel Carrère (born 1957), is an author, screenwriter and director.

(Wikipedia)

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May 8, 2022
Traversant plus de trois siècles et demi d’histoire, Hélène Carrère d’Encausse pose une question simple : sur quel modèle l’Empire russe, le plus longévif de l’histoire, a-t-il perduré ? En d’autres termes, comment les différents dirigeants ont-ils assuré une entente entre les différents peuples de l’Empire, et surtout entre le centre et la périphérie ? Quelle a été la pax russica, devenue ensuite pax sovietica ?

Le livre retrace d’abord la genèse de l’Empire. Moscou, sans cesse attaquée par la Horde d’Or, s’allie finalement aux Mongols pour gagner du pouvoir sur les autres principautés. Une fois ses forces rassemblées, Moscou se soulève contre les Mongols. Elle échoue d’abord, puis, victorieuse, elle commence la conquête des territoires qui l’entourent. Ivan III au XVème siècle, puis Ivan le Terrible au XVIème siècle lancent leurs conquêtes simultanément à l’Est (Sibérie) et à l’Ouest (Pologne, Lituanie, Livonie). La chute de Kazan en 1552 marque une rupture dans l’histoire russe avec la fin d’une longue rivalité. La Russie continue de s’étendre, notamment en 1654 lorsque l’hetman Bogdan Khmelnitski demande une union entre l’Ukraine et la Russie pour contrer la domination polonaise. La Russie entend alors absorber l’Ukraine dans son empire naissant.

C’est en 1721, sous Pierre le Grand, que la Russie devient un empire. Pendant 30 ans, il modernise le pays et ne trouvera de vrai héritier qu’en la personne de Catherine II. Sous son règne, une partie de la Pologne partitionnée entre dans l’Empire, ainsi que la Crimée après une victoire contre l’empire ottoman. D’abord indépendante sous protection russe, la Crimée est annexée par la Russie en 1783.
L’histoire de l’Empire est une histoire de tensions permanentes entre les pressions russificatrices du centre et les résistances nationales de la périphérie. A la fin du XIXème siècle, le Caucase se soulève, les nationalismes baltes se renforcent, l’Ukraine se révolte, les musulmans de l’Empire, portés par les Tatars, défient Moscou. Radicalisés, les partis nationaux se rapprochent alors des bolchéviques. Les révolutions russes, et en particulier celle d’octobre 1917, ouvrent la deuxième page de l’histoire de l’Empire russe.

Conscient de l’importance de la question nationale, Lénine charge Staline de déterminer la position des bolchéviques. Ce dernier définit alors la nation comme : « une communauté stable, historiquement constituée, communauté de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychologique qui se traduit dans la communauté de culture ». En appliquant une grille de lecture de classes (ie. les peuples veulent l’autodétermination parce qu’ils sont dans la phase capitaliste de la société), les bolchéviques ne comprennent pas la volonté d’autonomie (et non d’indépendance) des peuples de l’Empire, qui se radicalisent donc peu à peu. Pour preuve, à l’Assemblée constituant, votée après le coup d’état d’octobre 1917, 60% des 703 sièges vont aux socialistes révolutionnaires et seulement 168 aux bolchéviques. Hormis les baltes, tous les non-Russes ont voté pour des partis nationaux !

De fait, les Baltes et la Finlande obtiennent l’indépendance grâce au soutien de puissances étrangères. L’Ukraine, dont la Rada ne se déclare pas indépendante mais ne reconnaît pas non plus le gouvernement de Lénine, connaît quant à elle une période mouvementé, entre la paix de Brest-Litovsk de 1918, le coup d’état de l’armée rouge, la brève occupation allemande Kiev, le soulèvement populaire mené par le Général Petlioura et le Président Vinitchenko, et enfin l’incorporation définitive de l’Ukraine à l’Empire avec la naissance de l’URSS le 30 décembre 1922. L’Empire perd la Pologne mais conserve le Caucase en promettant l’indépendance des partis communistes nationaux, bien que ces derniers soient en réalité un instrument de pouvoir du centre.

La constitution de l’URSS de 1924 consacre l’union de républiques fédérales, au sein de laquelle la Russie garde tout de même un rôle central puisque les partis communistes nationaux sont incorporés dans le parti fédéral, et que la Russie ne possède pas de parti national mais uniquement le fédéral. Les Russes composent d’ailleurs 52% de la population mais plus de 65% du Parti. Les élites nationales jouent alors le jeu du pouvoir et entrent dans les partis nationaux pour infléchir la politique centrale. S’en suit, dans les années 30, une purge des partis et élites nationales. Pour toutefois maintenir la pax sovietica, Staline se saisit de la question nationale d’une manière particulière : il décrète que chaque groupe linguistique, peu importe sa taille ou le fait que sa langue soit uniquement parlée, doit devenir un groupe national.

La rupture de cet équilibre fragile, qui intervient à la fin des années 20, est impulsée par le centre. Staline décide d’une industrialisation de masse, condamnant par là la coexistence entre l’utopie communiste urbaine (26 millions de personnes) et la société paysanne (120 millions de personnes). Il lance la collectivisation, qui à terme s’étendra à 88% du territoire soviétique, malgré ses conséquences dramatiques : les paysans oppressés abattent la moitié de leur bétail plutôt que de le céder aux autorités, plus de 3 millions d’Ukrainiens meurent de faim lors de l’Holodomor, la sédentarisation forcée et les famines font des millions de morts en Asie centrale. Ce nouvel élan s’accompagne d’une relecture du rôle de la Russie dans l’URSS, présentée comme protecteur des autres nations et moteur de la révolution communiste.

Cette position privilégiée de la Russie au sein de l’union se renforce à la fin de la Seconde Guerre mondiale, puisque les Russes sont décrétés seuls vainqueurs tandis que d’autres nations sont accusées de collaboration et déportées pour une partie d’entre elles (tchétchènes, kalmouks, bachkirs, tatars, et des Ukrainiens). Les mythes fondateurs nationaux (Manas au Kirghizstan par exemple) et l’histoire nationale (les écrits de Hrouchevsky en Ukraine par exemple) sont interdits. L’union soviétique est russifiée.

Après la mort de Staline, les déportés sont amnistiés, mais comment les réintégrer dans leurs territoires d’origine alors que d’autres, des Russes le plus souvent, ont pris leur place ? L’auteur souligne ainsi que l’une des raisons pour laquelle Khrouchtchev donne la Crimée aux Ukrainiens en 1954 est pour leur laisser la responsabilité de la délicate réinsertion des Tatars de Crimée. Sous Khrouchtchev, les périphéries reprennent de l’importance en apparence, car l’URSS veut se placer comme leader des forces anticolonialistes.

Cette pax sovietica qui n’existe presque plus éclate en 1986. Le premier secrétaire (toujours un national) du parti kazakh est remplacé par un russe. Les manifestations, une première depuis 1920, forcent Moscou à nommer un local comme second secrétaire (celui qui a en réalité plus de pouvoir). Il s’agit de Noursoultan Nazarbaïev. Au 27ème congrès du parti, 30 après la déstalinisation, Gorbatchev annonce la glasnost. En 1987, des manifestations pacifiques secouent l’Union pour marquer l’anniversaire du pacte Molotov-Ribbentrop. La guerre du Nagorno-Karabakh éclate entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, cette dernière perdant alors confiance en Moscou, à laquelle elle avait pourtant toujours été fidèle. Le conflit se propage à l’Abkhazie, et la répression des manifestations à Tbilissi signe la fin de l’allégeance géorgienne à Moscou. Les Baltes mènent la danse de l’indépendance, suivis par l’Ukraine et la Moldavie (on pense notamment aux impressionnantes chaînes humaines baltes et ukrainiennes de 1989). C’est finalement la Lituanie qui déclare la première son indépendance.

Après qu’Eltsine ait émergé comme président national en s’opposant au putsch de 1990, la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie signent la fin de l’URSS le 8 décembre 1991, sans Gorbatchev. Le soviet suprême de l’URSS suivra le 26 décembre 1991. C’est la fin de l’Empire russe, façonné par les tsars et réinventé par les communistes. Pour la première fois depuis le 16ème siècle, la Russie doit s’inventer un destin étatique. Comment se réinventer dans un territoire resté profondément multinational (20 millions de musulmans pour 140 millions d’habitants) et avec 25 millions de ressortissants restés hors des frontières ? La constitution de 1993 consacre un état de droit multinational reconnaissant 89 sujets donc 21 organisés en républiques. Cependant, depuis la guerre de Tchétchénie de 1994, la Russie craint que ses nations autonomes ne demandent l’indépendance.

Avec le recul d’aujourd’hui (le livre a été écrit en 2005), il semble que la Russie soit prête à tout pour les en empêcher.

« L’Empire d’Eurasie » reprend de manière magistrale et accessible l’histoire de l’Empire russe par le prisme des nations qui le composent. En insistant sur les différences à la fois de traitement et de réactions des diverses périphéries (et notamment sur les différences entre les slaves et non slaves), Hélène Carrère d’Encausse œuvre à une compréhension plus fine de ce que l’on appelle parfois trop grossièrement « l’histoire russe ».

L
1 review
August 15, 2023
Un livre qui demeure d'actualité

Pour quiconque tente de comprendre l'actuel conflit entre l'Ukraine et la Russie ce livre demeure d'actualité en replaçant celui-ci dans sa dimension historique et, surtout, en faisant comprendre qu'il n'est qu'une facette de ces luttes qui agitent l'espace d'Eurasie.
Profile Image for Ciprian Daniel Ciobanu.
10 reviews1 follower
December 6, 2019
Cartea prezintă istoria Rusiei ,una interesantă și plină de conducători diverși. Unii mai democrati,alții mai puțin .
Apreciez faptul că autoarea s-a informat din multe surse istorice pentru a crea o capodopera care ne relevă cum a ajuns Rusia ,un imperiu pe 3 continente .
Profile Image for Dariusz Płochocki.
449 reviews25 followers
February 5, 2016
Praca Francuzki zdecydowanie warta jest polecenia, zawiera jak rzadko które źródło dobry opis sytuacji w Imperium Rosyjskim i Związku Radzieckim na Kaukazie i w Azji Centralnej, owszem mocno przemilczana jest rzeź Ahal Teke, o holocauście Czerkiesów takŻe właściwie nic się nie dowiemy, a pewne kwestie są poruszne po łebkach, jednak jeśli chcemy mieć ogólne pojęcie na temat szczególnie stosunku do muzułmanów, bez sięgania po szczegołowe monografie warto tu zajrzeć.
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