Ça fait deux jours qu’il mouille et les bêtes à l’étable s’ébrouent comme à l’approche d’un grand cataclysme. À Saint-André, des gens attendent au bar-salon Le Cristal que le temps se répare un peu. Au début, il n’y a que Loulou, la barmaid primordiale. Puis apparaît Rénald, très agité, nerveux comme un enfant qui a peur. Il y a un silence. Avec grand fracas entrent Martial, Mario et un inconnu, tous les trois détrempés. Prisonniers de la tempête, ils vont tour à tour raconter leur histoire et se confier leur peur la plus étrange, jusqu’à ce que chacun comprenne qu’il a un rôle à jouer dans une histoire plus terrible encore, et qui est toujours en train de s’écrire.
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La pièce de théâtre Saint-André-de-l’Épouvante, la première de Samuel Archibald, est une coproduction des théâtres À tour de rôle (Carleton), La Rubrique (Jonquière) et PàP (Montréal). Elle a été créée le 21 juillet 2015 à Carleton-sur-Mer au studio Hydro-Québec du Quai des arts, dans une mise en scène de Patrice Dubois, avec Dominique Quesnel (Loulou), Bruno Paradis (Rénald), Dany Michaud (Mario), André Lacoste (Martial) et Miro Lacasse (le gars de la ville). La pièce a été présentée à Carleton-sur-Mer du 21 juillet au 15 août 2015, à Jonquière du 16 septembre au 4 octobre 2015 (avec Isabelle Vincent dans le rôle de Loulou), et le sera à Montréal du 18 février au 12 mars 2016, à l'Espace Go.
Samuel Archibald teaches contemporary popular culture at the University of Quebec in Montreal, where he lectures on genre fiction, horror movies, and video games, among other subjects.
C'est ce qui est terrible avec les suspenses et les histoires d'horreur : on ne peut pas les critiquer correctement sans TOUT dire! (Mais je ferai de mon mieux.)
Alors voilà. Saint-André-de-l'Épouvante , c'est l'une des rares pièces de ma connaissance qui joue sur ce régime de l'horreur et du storytelling . Il faut dire que l'ambiance y est pour beaucoup : un bar miteux, faiblement éclairé, un soir d'orage, où sont coincés une vieille barmaid, un vieux policier, un jeune dérangé sorti de l'asile, un homme du village et un inconnu de la ville. Est-ce que c'est cliché? Oui. Est-ce que ça fonctionne pareil? HELL YEAH. Je ne m’étais pas aperçue à quel point j’étais tendue avant de terminer la pièce, me lever du fauteuil et constater à quel point j’avais mal partout.
La tension qui monte d’histoire de peur en histoire de peur était une excellente idée. Après tout, qui n’a jamais ressenti d’appréhension après qu’on lui ait raconté l’histoire du fantôme d’une jeune fille décapitée qui revient attendre son amant, ou celle d’un sauveur qui ne laisse pas de traces dans la neige parce qu’il est mort? Qui n’a pas ricané nerveusement en disant «C’est juste une histoire pour faire peur!», mais en se questionnant intérieurement sur la crédibilité du conteur? Alors, comment rester indifférent lorsqu’on nous raconte des histoires de peur à la chaîne avant de nous faire comprendre que c’est aussi ce que nous avons entre les mains (ou, dans le cas des représentations, sous les yeux)?
Si le coup de téléphone final relevait du génie, je me demande comment interpréter les propos de l’adversaire… il me semble qu’il y a anguille sous roche. Enfin, vous lirez par vous-même! ;)
Je m’attendais à rien considérant que j’avais vraiment pas aimé Quinze pour cent, mais finalement j’ai adoré !!! Ça se passe au Lac-Saint-Jean, donc clairement j’avais un parti pris, mais j’ai beaucoup aimé la lecture et j’imagine bien la pièce sur scène ! C’est simple, mystérieux et efficace 🔥
Courte pièce de théâtre qu'on pourrait qualifier d'horreur, ce qui est assez rare au théâtre. Les personnages sont dans les clichés, mais cela ne m'a pas dérangé. Ce que j'ai adoré, c'est l'ambiance et le rythme qui sont très bien mis en places. La finale est très bien, légèrement prévisible, mais surprenante sur certains points. Sincèrement une bonne pièce, simple et efface dans un genre que j'aimerais voir plus souvent au théâtre!
Je refuse de croire que Loulou c'est pas Loulou Lapierre et que tout le truc avec l'incendie de Briquet s'est pas inspiré de l'incendie de Chapais en 1980.
Je dois dire que j'aime la fin! Ça m'a quand même un peu surprise sur les dernières répliques!
J’ai bien aimé cette pièce, c’est bien écrit et intéressant, mais j’ai vu venir la fin .. j’irais la voir si elle était montée par contre ! Les personnages se sont un peu entremêlés dans ma tête pendant les dialogues plus banals, d’où ma note de 3.
C'est le genre d'histoire où il est difficile d’en parler sans tout divulgâcher… J’ai bien aimé, ça se lit tout seul, l'ambiance est bien pesante et le dénouement est surprenant. Ça devait être quelque chose sur scène...!
Malgré un début un peu houleux et chaotique, Saint-André-de-l'Épouvante se rattrape assez vite et s'avère simple, mais efficace, ses personnages étant riches et son histoire particulièrement pleine et complète. La pièce, à la fois légère pour ce qui est de sa progression, mais lourde pour ce qui est de son thème et des questions qu'elle soulève finalement, joue avec son existence même au sein d'une salle de théâtre, allant jusqu'à soulever une certaine horreur lorsque le lecteur (ou le public) se rend compte qu'il passe bien proche de prendre part à son déroulement de manière lugubre. La symbolique soulevée par ce court événement est cependant trop timide pour être véritablement signifiante et c'est cette timidité, trop présente dans l'oeuvre, qui l'empêche d'obtenir sa cinquième étoile.