C'est ce qui est terrible avec les suspenses et les histoires d'horreur : on ne peut pas les critiquer correctement sans TOUT dire! (Mais je ferai de mon mieux.)
Alors voilà. Saint-André-de-l'Épouvante , c'est l'une des rares pièces de ma connaissance qui joue sur ce régime de l'horreur et du storytelling . Il faut dire que l'ambiance y est pour beaucoup : un bar miteux, faiblement éclairé, un soir d'orage, où sont coincés une vieille barmaid, un vieux policier, un jeune dérangé sorti de l'asile, un homme du village et un inconnu de la ville. Est-ce que c'est cliché? Oui. Est-ce que ça fonctionne pareil? HELL YEAH. Je ne m’étais pas aperçue à quel point j’étais tendue avant de terminer la pièce, me lever du fauteuil et constater à quel point j’avais mal partout.
La tension qui monte d’histoire de peur en histoire de peur était une excellente idée. Après tout, qui n’a jamais ressenti d’appréhension après qu’on lui ait raconté l’histoire du fantôme d’une jeune fille décapitée qui revient attendre son amant, ou celle d’un sauveur qui ne laisse pas de traces dans la neige parce qu’il est mort? Qui n’a pas ricané nerveusement en disant «C’est juste une histoire pour faire peur!», mais en se questionnant intérieurement sur la crédibilité du conteur? Alors, comment rester indifférent lorsqu’on nous raconte des histoires de peur à la chaîne avant de nous faire comprendre que c’est aussi ce que nous avons entre les mains (ou, dans le cas des représentations, sous les yeux)?
Si le coup de téléphone final relevait du génie, je me demande comment interpréter les propos de l’adversaire… il me semble qu’il y a anguille sous roche. Enfin, vous lirez par vous-même! ;)