" revêtir le masque des mots de pierre de cuivre de fer surgir avec au cou le collier de mémoire "
Ce volume se compose du recueil Ferrements (1960) et d'un ensemble parcourant un demi-siècle de poésie. On y retrouve toute la force de la " parole essentielle " de Césaire : une poésie où le lyrisme vient conjurer l'informe, où l'imaginaire des Antilles, la sensualité des images, la flambée des mots rebelles éclairent les rêves et les angoisses d'un nouveau monde à forger.
Aimé Césaire, poète, dramaturge et homme politique mondialement reconnu, a joué un rôle considérable dans la prise de conscience des acteurs politiques et culturels de la décolonisation. Cadastre suivi de Moi, Laminaire, ainsi que les pièces de théâtre Une saison au Congo et Une tempête sont disponibles en Points.
Martinique-born poet, playwright, and politician Aimé Fernand Césaire contributed to the development of the concept of negritude; his primarily surrealist works include The Miracle Weapons (1946) and A Tempest (1969).
A francophone author of African descent. His books of include Lost Body, with illustrations by Pablo Picasso, Aimé Césaire: The Collected Poetry, and Return to My Native Land. He is also the author of Discourse on Colonialism, a book of essays which has become a classic text of French political literature and helped establish the literary and ideological movement Negritude, a term Césaire defined as “the simple recognition of the fact that one is black, the acceptance of this fact and of our destiny as blacks, of our history and culture.” Césaire is a recipient of the International Nâzim Hikmet Poetry Award, the second winner in its history. He served as Mayor of Fort-de-France as a member of the Communist Party, and later quit the party to establish his Martinique Independent Revolution Party. He was deeply involved in the struggle for French West Indian rights and served as the deputy to the French National Assembly. He retired from politics in 1993. Césaire died in Martinique.
très haut trouvé sourire perdu au double confin incandescent l'un de sel l'autre de silence morts qui remontent aux yeux des astres l'événement passe dans les nuages
hors d'un caverneux sommeil velu deux yeux écouteurs sans parler de pierres qui les fermentent comme la doute défaisant sans rien toucher rôde en tonnerre
rumeur pure quoique mêlée à choses précieuses qui rendent gorge vive agonie bien éphémère d'une flamme non coutumière
mobile fléau de songes ètranges
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Va, autour de moi, de mon flanc de ma tête, de mon noueux cœur noir, aux confins, ta ronde, harcelant de la cohue des affres mon nom.
Que perce, transperce l'écorce résistante le bec. Pour le reste s'ourle des termites la clandestine trame dans la proie engrangeant jusqu'au fond la morsure.
Or nul assaut ne déniant persévérant mon nom en la lymphe bien plutôt qui me centuple Persée je parcours l'intime fosse alimentant mes monstres voraces mes soleils et l'orage outre aubier me calcule contre-saison en anneaux d'arbre lents secrétaires d'un séisme.