" Je m'appelle Bianca. C'est ma mère qui a choisi ce prénom. C'est son côté "Américaine' même si l'Amérique, elle connaît pas. Il y a un mois jour pour jour, assise dans mon salon en compagnie de Teddy, le chat de la maison, je regardais la télévision. Teddy dormait, les lignes de ses lèvres supérieure et inférieure me souriaient. Il avait l'air bien. Je me suis dit que si je fermais les yeux et laissais tout aller, je sourirais peut-être comme lui. Les lignes bleues qui sillonnent mes poignets ont été inondées de rouge, du rouge sur le sol, sur mes vêtements. Au moins, ce n'était plus tout noir. Au moins il y avait de la couleur. "
4/5 C'était brut, dur, cru et beau à la fois. Une lecture poignante, que l'on referme étonnamment en ayant envie de s'accrocher à la vie quoi qu'il arrive.
J’ai énormément aimé l’écriture de ce livre, la plume de Loulou Robert qui a su retranscrire avec une justesse rare l’adolescence et les maux de chacun.
"Dix minutes c'est regarder la moitié d'un épisode de Friends, dire six cents fois "merde", embrasser quelqu'un de la tête au pied, faire l'amour, faire un bébé, boire un litre de jus d'orange, perdre des millions, gagner des millions, sauter du six centième étage et s'écraser la tête contre le béton, rater une coupe de cheveux, écouter trois frois "All you need is love" des Beatles, tuer quelqu'un, épouser quelqu'un, faire exploser une bombe." un livre qui me change de mes lectures habituelles mais que j'ai beaucoup apprécié par son style et l'attachement qu'on peut avoir pour les personnages. Cela me fait penser un petit peu à "l'herbe bleue". Un très joli moment rempli de sensibilité.
Laissons de côté la presse People qui a choisi les belles photos du mannequin pour annoncer la sortie de ce premier roman ainsi que l’aspect « fille de», sinon pour souligner que le journaliste Denis Robert peut être fier de sa fille. Si les podiums et le réseau médiatique ont pu servir à propulser ce roman sur levant de la scène, c’est une bonne chose. Car ce récit mérite vraiment le détour. Après «Branques» le hasard aura voulu qu’à nouveau un séjour en hôpital psychiatrique soit à nouveau le sujet principal du livre. Cette fois, la narratrice a 17 ans et se retrouve, sur recommandation de ses parents, dans une unité de soins qui va tenter de soigner un profond traumatisme qui a notamment conduit à une anorexie sévère. À ses côtés, deux autres jeunes filles, Clara qui brûle sa vie dans les paradis artificiels et Juliette, une enfant consumée par l’inceste. Parmi les autres pensionnaires, il y a aussi deux garçons, Simon puis Raphaël et un homme âgé, Jeff. Ce dernier explique : «Quand ma fille est partie, ma femme et ma raison m’ont quitté». On ne pourra qu’admirer sa lucidité et son courage quand on saura qu’un cancer est en train de la ronger. Après le choc des premiers jours, l’observation détaillée d’un personnel soignant fort souvent atteint de névroses diverses et la visite de ses parents dont on dira simplement qu’ils ne sont pas pour rien dans l’état de leur fille, Bianca va nous offrir elle-même le meilleur des résumés: « Alors voilà. C’est l’histoire d’une jeune de dix-sept ans qui à force d’éponger des merdes se retrouve en hôpital psychiatrique. Elle y rencontre un garçon, il devient son meilleur ami puis, sans qu’elle s’en rende compte, elle tombe profondément amoureuse de lui. Il devient le seul. Elle a besoin de lui pour vivre, respirer, mais un jour, il part. Elle n’a plus d’air et ne veut plus continuer. Puis un nouveau garçon entre en scène, il lui fait reprendre goût à la vie, elle décide de ranger l’ancien dans un coin. Et vit sa relation avec le nouveau. Elle finit par tomber amoureuse. Et alors là, coup de tonnerre. L’ancien revient et elle se retrouve dans une pièce au milieu des deux. » Eponger des merdes, comme elle dit, c’est entre autres voir ses parents se déchirer, sa mère mélanger alcool et antidépresseurs, son petit frère Lenny être ballotté dans une histoire familiale qu’il ne comprend plus, assister au suicide de son prof de sport, retrouvé pendu au bout d’une corde puis une fille de douze ans, qui flottait sans vie dans la piscine. Avec Simon, puis avec Raphaël, elle va réussir à se construire, aidée également par Jeff et ses encouragements précieux: «il faut vivre fillette. A fond. Ne te gâche pas la vie avec ces conneries de dépression et d’hôpital. (…) Moi je te conseille de tout essayer, de tout aimer et d’être aimée. Trouve ce que tu aimes faire. Et fais-le, fillette ! Sans jamais regarder derrière.» Si le personnel hospitalier n’apparaît qu’en filigrane, c’est que son rôle n’est guère reluisant. En proie à ses propres problèmes et pulsions, il est davantage là pour surveiller et punir, comme aurait dit Michel Foucault que pour soigner et guérir. Un aspect dérangeant, qui n’a guère été relevé, mais qui n’empêchera pas Bianca de s’en sortir… en nous proposant de réfléchir à la société dans laquelle baignent les adolescents d’aujourd’hui et sur le manière dont ils peuvent se construire. « En entendant le mot « psychiatrie », j’ai pensé qu’ils m’envoyaient chez les fous. Aujourd’hui je me rends compte que ce n’est pas nous qui sommes fous, c’est le monde qui est fou. Et si on est abîmés c’est parce qu’on s’en est aperçus. Personne n’est normal, la normalité, ça n’existe pas. C’est juste un mensonge de plus. » http://urlz.fr/3F0x
Une histoire qui se laisse lire assez rapidement. Cependant, dès le début de l'histoire, j'ai eu un peu de mal avec le réalisme des propos rapportées qui ne semblent pas, selon moi, correspondre à ce que dirait une adolescente de l'âge de Bianca. Néanmoins, suivre Bianca, sa famille, et les personnes avec qui elle vit dans cet hôpital était intéressant. Le style de Loulou Robert qui paraissait assez inégal au début du livre s'améliore au fil de livre. On ne peut que lui souhaiter l'écriture d'un deuxième livre.
J'ai acheté ce livre au hasard, mais il m'a surpris positivement. Le langage était simple est il n'y avait pas de subtilité, mais c'est un conte réaliste et très émotionnel.
Bon, enfin je n'ai pas le droit de critiquer le simplicité du langage, vu que moi je ne maîtrise pas la langue de Molière. Néanmoins, mon impression était qu'elle écrivait d'une manière familière, sans beaucoup de mots soi-disant intellectuels.
L'intrigue a au moins deux parties. L'une est l'histoire de la dépression de Bianca. L'autre est l'histoire de ses relations dans l'hôpital. Les deux sont, bien sûr, liés l'une à l'autre, mais je préfère les séparer.
L'histoire de la dépression m'a plu énormément. Elle est honnête, brutalement ainsi. Si vous avez envie de connaître un peu l'état d'esprit d'une personne déprimée, ce livre vous aidera.
La partie sur les relations, surtout les romances, ne m'ont pas plu. Tout court, ce genre de choses n'est pas mon truc. Je suis pas une fille de 16 ans. Bianca me semble réaliste, mais pas très intéressante.
Une belle plume qui traite des troubles de l'adolescence et de la maladie. Mais aussi de l'amour. Des rencontres qui jalonnent notre parcours. De la quête de soi et de la difficulté de se trouver parfois.
C'est dur, réaliste, souvent triste, et cru. Mais c'est aussi touchant et intelligent. Un beau premier roman.
"Dix minutes c'est regarder la moitié d'un épisode de Friends, dire six cents fois "merde", embrasser quelqu'un de la tête aux pieds, faire l'amour, faire un bébé, boire un litre de jus d'orange, (...) rater une coupe de cheveux, écouter trois fois "All you need is love" des Beatles, tuer quelqu'un, épouser quelqu'un, faire exploser une bombe. Compte à rebours, dix minutes. Alors, non Edith. Une vie peut changer en dix minutes.
" Je m'appelle Bianca. C'est ma mère qui a choisi ce prénom. C'est son côté "Américaine' même si l'Amérique, elle connaît pas. Il y a un mois jour pour jour, assise dans mon salon en compagnie de Teddy, le chat de la maison, je regardais la télévision. Teddy dormait, les lignes de ses lèvres supérieure et inférieure me souriaient. Il avait l'air bien. Je me suis dit que si je fermais les yeux et laissais tout aller, je sourirais peut-être comme lui. Les lignes bleues qui sillonnent mes poignets ont été inondées de rouge, du rouge sur le sol, sur mes vêtements. Au moins, ce n'était plus tout noir. Au moins il y avait de la couleur. "
C'est un livre qui présente de nombreux intérêts dans sa forme tant que dans son fond. Des phrases courtes et concises permettent de pénétrer efficacement dans la tête de Bianca, afin de mieux ressentir ce qui lui arrive. Le sujet principal de la dépression est abordé avec justesse et sincérité, permettant d'en voir les aspects négatifs comme positifs. Les autres thèmes abordés sont également intéressants et j'ai aimé la façon naturelle de le faire de l'auteur.
C'est délicat d'écrire une critique négative sur le récit d'une adolescente anorexique en hôpital psychiatrique. Néanmoins, j'ai eu du mal à finir ce roman, lassée par le style d'écriture assez banal et les chapitres très courts qui se succèdent sans aborder les thèmes en profondeur. De plus, je ne sais si c'est dû à la version Kindle, mais il aurait fallu une sérieuse relecture : il manque un certain nombre de mots, et des personnages changent de nom au fil du récit (la fille de Jeff s'appelle d'abord Stéphanie, puis Nathalie, une Mathilde devient Juliette). Cela m'a vraiment gênée.
Dès le début c’est à la fleur de la peau, et pas épaisse la couenne, c’est même directement à la viande que ce livre parle. Une dépression, anorexie… et internement en HP, hôpital psychiatrique.
Et là, c’est le lent travail d’un retour à la vie et au soleil, avec ses hoquets, rechutes, espoirs, folies, envols, amours et sentiments. C’est dur et tendre
C'est un livre en effet époustouflant, il m'a touché personnellement de part les similitudes dans l'histoire, alors je mets un gros warning dessus, pour les âmes sensibles s'abstenir.
Qu'est ce que ça veut dire de l'avoir fini en une journée pour vous ? Je ne l'ai pas aimé? Je ne crois pas non.
Mon cerveau a été été mis à la machine à laver, essoré et étendu devant les mots de Mademoiselle Loulou Robert.
Juste merci à mon amie de me l'avoir prêté je n'attends que le moment où je lirai Hope (la suite )
Dans ce premier roman de l’auteure et mannequin française Loulou Robert, on y découvre de la pure et vraie tristesse. La jeune Bianca a été retrouvée les poignets ouverts dans la salle de bain de ses parents, et depuis se trouve à Primivères, un hôpital psychiatrique pour enfants. Elle y croise des cas d’inceste, de dépression ou comme le sien, d’anorexie mentale.
Bianca pourrait facilement tomber dans les clichés noirs de l’adolescence, mais c’est vraiment plus que ça. La construction du personnage est profonde et nous entraîne dans des sentiers noirs, quoique maintes fois écrits et lus, d’une façon juste et incroyablement sensible. Le personnage de Bianca, la jeune adolescente mal dans sa tête et dans sa peau, qui voit tout en noir trouvera tout de même un certain réconfort dans cet hôpital qui deviendra tout doucement sa deuxième maison. Avec un père distant et une mère alcoolique, elle souffre d’anorexie mentale depuis assez longtemps. Elle est entraînée dans un cercle vicieux où la mort n’est plus si inaccessible que cela. Il y aura aussi l’amour qui traversera ce roman. La magie des premières fois, des premiers élans amoureux, des regards qui changent tout. L’histoire met bien en scène toute la fragilité des premiers amours et des premiers désirs. J’avoue avoir moins aimé ces passages amoureux, mais ils font partie de l’intensité de l’adolescence, ces passions ardentes qui révolutionnent tout.
J’ai bien aimé le fait que même s’il s’agit d’un roman qui parle de maux d’adolescents, on ne dévalorise pas cette douleur, qu’on ne la confine pas à « ces tourments adolescents ». Ces derniers sont réels et surviennent à des moments charnières de nos existences. Bianca, c’est tant de jeunes filles qui ne savent tout simplement pas comment faire autrement pour rester en vie. C’est noir, c’est lourd, mais ça mérite d’être entendu et nommé. Je suis persuadée que cette lecture saura mettre des mots sur des émotions très souvent difficilement nommées.
De plus, Bianca se liera d’amitié avec Jeff, un homme âgé qui pourrait très bien être son grand-père. Ce dernier est mourant et ainsi, il lui donne par sa sagesse et son humour, une raison de regarder l’avenir et de ne pas le craindre. Bianca, cette jeune fille fondamentalement triste en vient à évoluer durant son séjour à Primivères et c’est, je le pense, grandement grâce à cette relation amicale. J’ai été touchée par les quelques pages où par ces deux personnages, la jeunesse et la sagesse se croisaient. Tout en non-dits, en retenue et en humour, ils s’échangeaient mutuellement du courage. Une pour vivre et l’autre pour partir.
Finalement, Bianca est une fervente lectrice et même si cela lui est parfois reproché par le personnel médical, il n’en reste pas moins que les mots l’aident véritablement à aller mieux, à guérir, à trouver un sens à son mal. Ça m’a bien plu que l’auteure démontre sans trop de pression l’effet de la lecture.
Un très beau premier roman.
— Oui, j’aime les livres. Il n’y a pas de mal à ça, pas vrai? — Non, il n’y a aucun mal à aimer quelque chose. Et je pense qu’aimer lire en est une bonne mais un livre par jour, c’est trop Bianca. — Il n’y a rien à faire ici. En général, on reproche aux gens de ne pas assez lire, pas l’inverse. Avec vous, quoiqu’on fasse, c’est toujours mal. — Ton cas relève de l’obsession. Tu lis pour ne pas penser. Tu te réfugies dans les livres, ce qui t’empêche d’avancer et de te concentrer sur toi.
Un roman bien écrit, crédible, qui m'a émue et que je n'ai pas réussi à lâcher. Je m'attendais à beaucoup l'aimer, mais quand même pas à un tel coup de coeur !