Enfants d'immigrés, Reda, Ismaël et Ben ont du mal à trouver leur place dans une société qui ne cesse de les stigmatiser. L'islam semble leur offrir le sentiment d'appartenir à une communauté : ils rejoignent le djihad en Syrie. Mais sur place, la violence et l'injustice d'un combat qui broie les individus leur crèvent les yeux et remettent en cause nombre de leurs certitudes. Drôle et émouvante, la pièce pose un regard lucide sur les préjugés comme sur les tabous de la communauté musulmane. Entre humour et phrases chocs, cette pièce qui triomphe auprès de tous les publics est devenue le point de départ d'un dialogue entre parents et enfants, enseignants et élèves, politiques et citoyens. Recommandé par le ministère de l'Éducation nationale pour prévenir la radicalisation en milieu scolaire.
C'est loin d'être une panacée. Les journaux (tous de droite) ont salué cette oeuvre mais pour de mauvaises raisons. Ils l'ont saluée, moins parce qu'elle raconte la bêtise des djihadistes qui partent en Syrie sans comprendre la réalité de leur religion et celle des actes qu'ils seront forcés de commenter, mais davantage car, comme l'auteur l'aime à le rappeler, l'oeuvre fait jurisprudence en mentionnant soi disant pour la première fois que les musulmans exercent une forme de pression communautariste entre eux et que cette pression est instrumentalisée par les djihadistes pour recruter. Même si c'est vrai, c'est du pain béni pour tous les réac' qui partent du principe qu'effectivement, "tout le monde sait qu'il y a des territoires abandonnés et que c'est un terrain propice à la radicalisation" et on met les projecteurs sur la responsabilité personnelle des intéressés. Et bien non tout le monde ne sait pas. Tout le monde s'en fiche et faire passer les djihadistes pour des imbéciles ignares est une simplification outrancière du problème.
Une oeuvre didactique, pédagogique, mais trop simpliste, même les élèves s'en rendent compte.
Quand un livre est "recommandé par le ministère de l'Education nationale pour prévenir la radicalisation en milieu scolaire" tu sais que ça va être nul. Quand en deux minutes de recherches sur l'auteur tu vois qu'il ne croit pas en la discrimination à l'embauche et qu'il s'énerve qu'une MJC qui l'accueille prévoie un buffet halal, tu sais que ça va être vraiment mauvais. Et la cerise sur le gâteau, le manichéisme à vomir, le mec en noir et le mec en blanc rohlala... Bref j'ai lu ça pour savoir si je le ferais étudier à mes élèves et la réponse est "non jamais".
another excellent reading chosen by prof debrauwere, I thought that the complexity balanced with humor was a unique choice to convey the heavy topics of radicalisation and conflict. i also really appreciate ismael saidi’s take on laïcité and the words of wisdom that he imparted to us in class, as well as his vision in creating this piece to open dialogues all across the world
La pièce prend sa source dans de belles intentions et se félicite de son succès à avoir ouvert un débat, mais les personnages sont caricaturaux, les transitions et les retournements, trop rapides. Il y a du bon dans le réalisme duquel est tirée la pièce : par le langage familier utilisé, les références pop que tout ado peut reconnaître, par les expériences des personnages, l'incompréhension de l'entourage quant à ce qu'on aime, le rejet, la culpabilisation systématique, l'ignorance et l'instrumentalisation de la jeunesse, mais ces pensées font artificielles dans la bouche des personnage. On y lit davantage les opinions de l'auteur, qu’on ne les sent amenées par les trajets, les constructions des personnages. Peut-être, certainement un outil pédagogique, un médium pour en parler, mais à mon sens, pas une bonne pièce de théâtre.
Tout d'abord, je tiens à préciser et souligne que le sujet aborder est un peu sensible, ainsi je ne m'aventurer pas trop dans mes propos par ailleurs si j'utilise des termes erronés, je m'excuse par avance.
Grace à cette pièce l'auteur traite un sujet important très souvent repris dans les médias (encore plus ces dernières années, le livre ayant été publié en 2017) parfois à outrance et induisant en erreur les spectateurs. Ce père de famille a écrit ce récit pour ouvrir au débat, lui-même permettant d'amener à la communication.
C'est un récit qui se lit rapidement car il est très court, effectivement c'est un texte écrit pour être joué devant un public et qui est à la porté du plus grand nombre.
De l'humour, des personnages simples, une ouverture sur des questions à se poser et un dossier thématique - cette petite pièce mérite amplement son succès et pose des questions brûlantes avec plus d'acuité qu'on ne l'imaginerait.