Ecrit il y a pile 100 ans, en 1922, ce roman découvert dans le réversoir vaste et somptueux que constitue l'énorme bibliothèque d'une amie, Ariane, qui me permet d'y dénicher des trésors inconnus.
Style un peu désuet, guindé, pas une surprise. Mais une belle description d'une amitié compliquée de deux collégiens (collège huppé bourgeois plus), un Luthérien (ce qui ne pose plus problème aujourd'hui, oubliée la StBarthélémy et autre stupidité du genre) et un Juif (et là, l'innomable bêtise perdurera encore sans doute jusqu'à ce que la disparition humaine, prévue de plus en plus tôt, jamais compris cet ostracisme débile). Dreyfus n'est pas si loin, donc le copain juif, ça fait mauvais genre. Il est cependant génial, ce David, survolant de sa superbe intelligence littérature et architecture (pas un mot sur la musique). Attachant, séduisant, agaçant de supériorité. Et vecteur de toutes les emmerdes possibles pour qui se lie d'amitié avec lui. Récit fort plaisant de cet académicien inconnu du grand public, donc forcément de moi! Mais il m'a fait hurler de mécontentement pendant plusieurs pages en abusant du vocable "race" en parlant de la "race juive", une mauvaise note pour un académicien. Fini par fouiller dans l'encyclopédie et lu: Ethnie, notion utilisée à partir de 1930, le terme impropre "race" étant auparavant utilisé... Et donc je suis réconcilié avec Jacques de Lacretelle.