C’est à un joyeux exercice de « géographie narrative » que nous invite Cédric Gras. Une pérégrination glacée aux confins de l’extrême orient russe où, six semaines durant, il a arpenté le pays de l’« avenir lumineux » à la poursuite d’un automne sans fin. À trois reprises, entre les 56e et 43e degrés de latitude nord, entre Irkoutsk et Vladivostok, la « chasse aux feuilles rouges » a scandé et guidé ses pas. Chemin faisant, il a remonté le cours du temps et côtoyé les Bouriates et les Manchous jadis égarés en ces contrées où « on mourrait d’y résider ». Il a dialogué avec les fantômes encombrants d’un passé marqué à l’enclume d’un goulag inavouable et échangé avec une population éthique abandonnée par le grand cycle de l’histoire. Au coeur de la Yakoutie, le long des rives du fleuve Amour, au plus loin de l’île de Sakhaline, il a surtout emboîté le pas de Joseph Kessel et Blaise Cendrars eux-mêmes égarés un temps dans cet Eldorado rêvé, taches blanches définitives d’une littérature qui ne supporte rien moins que les frontières bornées.
Lassé par sa thèse en géographie, Cédric Gras décide de faire de sa thèse une réalité concrète en effectuant un voyage en Extrême-Orient russe. Méconnu de l’Occident, cet espace est peu peuplé. Laissé à l’écart par Moscou, cet espace est pourtant stratégique. Érudit et poétique, ce voyage nous fait découvrir la géographie et l’histoire de ces territoires.
Une déambulation en extrême-Orient Russe dans un style puissant qui allie géographie méticuleuse et poésie enchanteresse. Cédric Gras parcourt l'immensité, la vacuité sinon l'abandon de l'extrême Orient russe. Il la parcourt du nord au sud, en poursuivant sans relâche ces couleurs d'automne qui lui sont si chères. En nous faisant découvrir l'histoire des régions qui émaillent ces terres reculées, oubliées, où l'Asie sonne comme une promesse. Un pur régal.
Very good overall, although there was a bit too much historical/geopolitical content at times. But some passages reminded me of Nicolas Bouvier, which is very high praise indeed!
Un voyage très intéressant, mais qui peine à trouver son ton. Les cinquante dernières pages sont magnifiques et on s’immerge entièrement dans le voyage et dans l’Extrême-Orient russe, mais le début rame. Très content néanmoins d’avoir découvert ce livre et de nouveaux horizons !
Superbe livre de voyage sur l'Extrême Orient Russe. Qui donne envie d'y faire un tour. "La nostalgie du futur". Très belle expression qui revient sans cesse dans ce livre pour exprimer le nouveau malheur russe depuis la chute du communisme. Cédric Gras dans la veine de Sylvain Tesson...