Le temps semble loin où notre pays était un empire. Les territoires autrefois colonisés ont été rendus à eux-mêmes et sont désormais maîtres de leur histoire. C’est contre cette vision simpliste et historiquement fausse que s’insurge Pierre Vermeren : les révolutions arabes de 2011 et 2012 sont la conséquence directe, le dernier chapitre de l’histoire de la décolonisation. De guerre lasse, dans un mélange de bonne conscience et de culpabilité, l’État et les élites de France ont laissé leurs successeurs à la tête du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie et des pays d’Afrique agir en toute impunité. Le silence et l’aveuglement de la France, mais aussi de l’Europe tout entière, ont permis dans ces anciennes colonies l’accaparement des richesses, la confiscation des libertés et la soumission des peuples. Pierre Vermeren apporte aux événements les plus récents, qu’il s’agisse des explosions de colère au Maghreb comme de la lutte contre le djihadisme, l’éclairage irremplaçable de l’histoire. Pierre Vermeren est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-I-Panthéon- Sorbonne, spécialiste des mondes arabes et africains du Nord et de la décolonisation.
Historien français spécialiste des sociétés maghrébines
Né en 1966 à Verdun, normalien et agrégé d’histoire, Pierre Vermeren a enseigné pendant six ans au Lycée Descartes de Rabat (Maroc). Sa thèse portant sur la formation des élites maghrébines a été distinguée par le prix Le Monde de la recherche universitaire 2001. Il a également vécu en Égypte et en Tunisie, ses travaux de recherches portent sur le Maghreb contemporain. Pierre Vermeren est aujourd'hui maître de conférences en histoire du Maghreb contemporain à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, et membre du Laboratoire CEMAF (Centre d'études des mondes africains).