Roman à la mécanique implacable, conte à la morale subtile,Et je serai toujours avec toiimpose Armel Job comme un maître du suspense.Automne 1995. Victime d'un incident mécanique, un homme vient demander de l'aide dans la maison la plus proche. Teresa, la jeune veuve et catholique fervente qui lui donne asile le temps de faire réparer son véhicule, se convainc très vite que cet homme lui est, en réalité, envoyé par Dieu en réponse à la promesse de son défunt mari. " Et je serai toujours avec toi " n'est-elle pas l'épitaphe que ce dernier a demandé que l'on grave sur sa tombe ?Tadeusz et André, les fils de Teresa, âgés tous deux d'une vingtaine d'années, voient pour leur part d'un mauvais oeil l'irruption de cet inconnu qui vient troubler le deuil familial. Un fait divers tragique ne va pas tarder à révéler que celui qui se dit réfugié croate n'est pas tout à fait celui qu'il prétend être...
Teresa n'a jamais manifesté à son mari un amour passionné. Un jour, on découvre à Jacques Broncart un cancer foudroyant, qui transforme sa femme en garde-malade dévouée. Et, lorsque le malheureux est emporté par le mal, Teresa devient une veuve inconsolable. Elle vit dans l'attente d'un signe de l'au-delà, qu'il lui a promis de lui envoyer, en lui glissant, sur son lit de mort, cette parole de l'Évangile : « Je serai toujours avec toi ». Teresa est une croyante fervente. Elle guette donc, inlassablement, le moindre indice du retour de Jacques à ses côtés. Et voilà qu'on frappe à la porte de la ferme. Branko est un vétérinaire Croate qui, à la recherche d'un travail dans les Ardennes, a été victime d'une panne de voiture aux abords de la maison de la jeune femme. Teresa accueille l'étranger tandis qu'il attend la courroie qui permettra de réparer son véhicule. Et soudain, elle l'entend siffloter l'air préféré de Jacques. C'est lui, c'est l'émissaire de son époux. Tadeusz, le fils aîné, le préféré, qui a repris la brasserie familiale, s'occupe aimablement de leur invité. André, le cadet, « l'intellectuel », le déteste d'emblée. Et les choses se compliquent encore le jour où on découvre le cadavre de Suzanne. Mon avis ne peut pas être objectif. Dès que paraît un nouveau roman d'Armel Job, je ne réfléchis pas. Je fonce. Et je ne suis jamais déçue. Le récit se présente comme une narration à deux voix. Les mêmes faits sont vécus de façon très différente par les deux fils de Teresa, qui nous les relatent vingt ans après qu'ils se sont produits. Tadeusz et André prennent la parole chacun à leur tour, un chapitre sur deux. D'entrée de jeu, André éprouve une profonde antipathie pour Branko, « seulement parce qu'il avait fouillé dans mes tiroirs, première intrusion qui devait le conduire à une intrusion totalement insupportable dans le cœur de ma mère. » Tadeusz, lui, réserve plutôt bon visage à Branko. Il l'aide à réparer sa voiture, lui procure un travail à la brasserie, l'emmène avec lui à l'Embuscade, le café du patelin où il a ses habitudes. Branko a des attitudes pour le moins bizarres, surtout à l'égard de Suzanne, une petite allumeuse, qui travaille à la cantine de la pépinière qui a embauché le réfugié. Au centre de ce triangle, il y a Teresa. Mère de famille, elle est considérée par ses fils comme une « vieille ». Mais elle n'a pas quarante ans, elle est seule, « étrangère », puisqu'elle vient de Pologne, elle aspire à un peu de bonheur. Quand Suzanne est assassinée, le coupable est tout trouvé. Il ne peut s'agir que de cet étranger bizarre et taciturne. S'il y a bien un crime, il ne s'agit pas du tout d'un roman policier, comme je l'entends souvent dire par des journalistes qui, soit n'ont pas lu l'ouvrage dont ils parlent, soit n'ont rien compris. Armel Job nous livrera d'ailleurs le coupable en une page, comme pour se débarrasser de cette affaire, car l'intérêt de son livre est ailleurs. Il est bien question de responsabilité et de culpabilité, mais qui n'ont rien à voir avec Suzanne. Quatre personnages sont dans la lumière, mais deux autres apparaissent dans l'ombre : Jacques, le mari de Teresa et Xavier, l'avocat qui va l'aider. Tous deux ont un important rôle à jouer, en dépit des apparences. Des thèmes majeurs sont abordés, tel celui de la responsabilité et du rachat des fautes. Et, bien sûr, il y a l'amour. Mais, contrairement à ce que pense André, celui-ci prend plusieurs formes et ce n'est pas parce qu'on en donne à l'un qu'on le prend à un autre.
l'amour dans le couple, l amour des enfants, l'amour qui fait revivre l'amour qui dépasse les difficultés, l'amour qui permet de se racheter meme après les pires exactions????
le pardon: peut on se racheter qd on a fait le pire? doit on juger l'autre? qu'aurions ns fait a sa place? surtout lorsqu'on n est plus libre et qd on applique les ordres et qu'on ne pense qu'a sa propre survie
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Bonjour les lecteurs…. Saperlipopette .. un livre d'Armel Job qui était perdu au fin fond de ma Pal gargantuesque!!! Il était temps que je le fasse remonter à la surface! C'est avec délice que je me suis plongée dans ce huis-clos familial. Les Ardennes belges 1995. Thérèsa, est une jeune veuve d'origine polonaise. Elle est la mère de deux jeunes hommes d'une vingtaine d'année et s'accroche à une phrase prononcée par le défunt pour continuer à donner un sens à sa vie. Ces quelques mots " Et je serai toujours avec toi" lui permettent de se maintenir la tête hors de l'eau et de guetter un signe de l'au-delà. Ce signe apparait un jour d'automne sous la forme d'un Croate qui tombe en panne devant chez elle et vient lui demander l'asile. La jeune veuve y voit immédiatement un signe. Ces deux fils par contre voient d'un mauvais œil l'apparition de cet intrus. Peu de temps après, un meurtre est commis au village que l'on s'empresse de mettre sur le dos de l'étranger … c'est tellement facile… mais le livre ne serait pas signé Armel Job si il n'y avait pas quelques subtilités au détour de chaque pages. L'histoire est racontée par André et Tadeusz, les deux fils de Thérèsa. Chacun donnant son point de vue des évènements qui vont découler de cette rencontre. C'est bon.. c'est du Armel Job dans toute sa puissance. Nous sommes happés dès les premières pages de ce roman noir. Le lecteur s'engouffre dans une brèche, suis une piste et puis non… un détail, on s'égare, on repart vers d'autres orientations. Telle est la subtilité de l'écriture de ce grand auteur belge qui sous le couvert d'une écriture simple et bien de " chez nous" , distille un conte complexe. On y retrouve les relations " mère / enfants" , des réflexions sur la religion encore bien présente dans nos petits villages, des réflexions sur nos regards par rapport à l'autre, l'étranger, le pouvoir de pardonner et enfin une pincée de référence à la guerre et ses violences. Un très bon suspens psychologique mais pas que … A LIRE
Un livre agréable à lire. L'histoire est bien ficelée bien que la résolution de l'affaire criminelle soit un peu trop vite balayée... au profit du reste de l'intrigue, ceci dit.
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