Tout un hiver, chaque jeudi, le train Paris-Nancy. On suit la Marne, puis la Meuse et la Moselle. Vieilles usines défaites, gares désertes, cimetières au pied des immeubles... Vient le temps des inondations, ensuite la neige. De semaine en semaine, l'éclairage diminue, les villes s'allument. La cimenterie, la botte de nuit, c'est à Toul ou à Commercy ? A chaque trajet, de cette matière fascinante et profuse, on enrichit le détail par écrit, sans revenir sur l'état premier. Travail du regard sur ces apparitions répétées, fragmentaires, discontinues, afin d'inscrire la réalité dans un espace recréé jusqu'à ce que forme et construction l'emportent sur le chaos de la vision - beauté arrachée à un paysage dévasté pourtant tellement riche d'humanité.
Incredibly poetic piece of prose. A description of industrial landscape observed by a train passenger. To see means bringing into existence. To write means to save the space from oblivion. The landscape is presented in the absence of human action and that's the most striking idea of the book - hidden and anonymous life of people behind all the urban machinery.