Il ne faut pas s’étonner qu’un ouvrage théorique qui date d’il y a deux décennies tombe dans la désuétude. Je veux quand même relever les passages qui m’ont choquée par leur simplicité alarmante :
« Si, dans une communauté, il se trouve un jeune qui aime la littérature et la lecture plutôt que la chasse, il peut vite faire l’objet de railleries et de dérision de la part de ses camarades parce qu’il risque d’être jugé moins authentiquement amérindien ; cela pourrait inhiber et étouffer un potentiel de création très riche. » (p. 84)
« Cette évasion, voire cette fuite d’une réalité insup- portable, peut se faire à travers le monde des arts et de la littérature plutôt qu’à travers celui de l’alcool qui, il faut l’admettre, est lui aussi artificiel. » (p. 99)
« Me revient en mémoire le récit d’une femme attikamek qui se souvenait comment sa jeune sœur, pensionnaire de six ans, qui avait la peau particuliè- rement foncée, était soumise régulièrement à des tenta- tives de « blanchissage » de la peau. Le soir, les religieuses immergeaient la petite dans une baignoire d’eau chaude contenant de l’eau de javel, et elles la frottaient ensuite avec un balai-brosse. Quand, dans le dortoir, elles enten- daient ses hurlements, toutes les jeunes se collaient les unes contre les autres en pleurant. La petite mourut peu de temps après.
Des expériences de ce genre ont sans aucun doute laissé des séquelles psychologiques importantes et profondes chez les Amérindiens qui les ont vécues. » (p. 138)
« L’absence ou la présence du stéréotype physique sert encore aujourd’hui à étiqueter, et les personnes visées par ces étiquettes se sentent souvent blessées ou insultées. » (p. 140)