4,5 ⭐
J'ai pris ce roman, presque par hasard, à la mediatheque de mon quartier, mais quelle claque !
Je ne m'attendais pas à être autant touché par le récit de ce jeune étudiant égyptien qui se retrouve, du jour au lendemain, dans un camp de concentration pour les adversaires politiques.
D'apparence, c'est une histoire traditionnelle : un jeune homme pauvre se plonge à fond dans ses études, et il rencontre une jeune étudiante fortunée, Nadia, avec qui il tombe follement amoureux.
Pourtant, la force des auteurices est probablement la narration ! En plus d'être teintée de poésie, nous plongeons directement dans les pensées politiques et réactionnaire du jeune narrateur qui ne supporte plus l'exploitation et l'injustice. Pourtant, l'orientation politique du narrateur, dont nous ne connaissons pas le nom, est très intéressante car elle révèle la complexité d'une opinion, d'une croyance qui s'inspire de plusieurs courants politiques.
Ce roman n'est pas un chant d'espoir, mais un tableau réel, avec une fin ouverte qui laisse place à l'inconnue. Nous sommes dans la peau anonyme de notre narrateur et nous comprenons. Nous comprenons sa haine, ses amours, ses actions et ses motivations. Nous vivons sa force et sa tristesse, sa résiliation et sa révolution.
Avec une voix universelle, les auteurices nous font part du combat qui a été le leur, et qui peut devenir le notre à tout instant.