En 1942, Hitler décida que le verbatim de deux conférences quotidiennes serait sténographié, et à la suite de nombreuses péripéties, les fragments de ce document inestimable, incinéré contre la volonté du Führer à la veille de la chute du Reich, purent être retrouvés et rassemblés. Ainsi se donne à lire, sur le vif, la pensée, les méthodes de commandement, les réactions d'Adolf Hitler, sa fureur lors de la capitulation de Stalingrad, ses projets pour faire enlever le roi Victor Emmanuel d'Italie, occuper la Vatican... Pages étonnantes où retentissent les voix des collaborateurs directs d’Hitler et principaux chefs de la Wehrmacht (Keitel, von Below, von Kluge, Jodl, Rommel, Guderian…) et des dignitaires du régime (Goering, Himmler...) en train de discuter des moyens d'échapper à l'abîme qu'ils ont eux-mêmes creusé sous leurs pieds. Pour une meilleure compréhension de ce texte d’histoire unique, une introduction, une chronologie, une présentation des généraux et un appareil de notes l’accompagne.
Intéressant principalement en temps que source primaire, les sténographies des conférences journalières du QG de Hitler permettent surtout de se rendre compte de l'ambiance et des sujets abordés durant ces réunions. Le côté parcellaire (seul 1% a survécu aux flammes) et l'absence de localisation des endroits dont on parle ("ici", "là") ne permettent pas de suivre l'aspect stratégique du conflit. Intéressant aussi de voir le niveau de micro-management qui remontait jusqu'à Hitler : les alliés sont déjà en Allemagne qu'il s'occupe encore du reclassement des officiers administratifs ou de l'envoi des pièces détachées pour la réparation d'une quinzaine de chars super-lourds ...