Un livre indispensable pour qui veut comprendre l'histoire de la mode du XX ème siècle. Bettina Ballard ? Une figure, une intelligence, une plume de la mode ! Correspondante de Vogue à Paris avant-guerre puis à la Libération, rédactrice " mode " à New York dans les années 50, sa carrière et plus largement sa vie sont un long défilé d'artistes, de femmes du monde, de couturiers, de photographes et de mannequins. Vous lirez ici l'arrière-décor des défilés, les portraits ô combien personnels de Schiaparelli, Chanel, Balenciaga, Dior ; vous découvrirez la frivolité et le luxe d'un monde que seule l'Histoire mit entre parenthèses. Ces mémoires n'avaient jamais été traduits en français tandis qu'ils sont depuis longtemps introuvables aux États-Unis. Ils confirment la prédiction qu'une amie perfide fit un jour à Bettina Ballard : " Si vous aviez fait de bonnes études, ce qui n'est évidemment pas le cas, vous auriez été un véritable écrivain. " In My Fashion est un bijou, une photographie sensible, un grand parfum d'époque.
En général, je préfère lire des biographies plutôt que des autobiographies, pour la simple raison que j'ai toujours peur que la personne qui raconte sa vie ne se donne le beau rôle et n'enjolive un peu les choses, toujours à son avantage. Je faisais donc exception à mes habitudes en lisant "In My Fashion" de Bettina Ballard. Après lecture, je dois avouer que l'auteur ne s'est pas trop laissée tenter, et je pense qu'elle est restée relativement "neutre". Il y a plusieurs moments où elle avoue avoir commis des erreurs, avoir eu honte, ou tout simple remarqué sa "bêtise" avec le recul des années.
Je dois dire que suis rentrée dans ma lecture assez facilement. Bettina Ballard se concentre principalement dans cet ouvrage sur ses années passées dans le milieu de la mode, avec peu voir pas d'informations sur sa vie personnelle. On passe donc toute la période de sa petite enfance, pour débuter à peu près au moment où elle commence à travailler (et assez vite pour Vogue). J'ai trouvé cette première partie du roman - et par première partie je veux dire, avant guerre - intéressante puisque l'on découvre son évolution dans le milieu de la mode, ses débuts au Vogue parisien et sa vision de Paris d'un point de vue très américain. Je trouve cela souvent très instructif d'avoir une personne qui n'est pas française décrire les choses : on les voit sous un angle différent. Cette période est assez "frivole" et on a une très bonne représentation de l'époque. Bettina Ballard nous décrit les talents et nouveaux talents (qui sont parfois ses amis), tels que Chanel ou encore Balenciaga, pour ne citer qu'eux. Avec les quelques anecdotes racontées sur eux par Bettina Ballard, on les découvre dans un contexte moins "professionnel", ce qui est assez intéressant.
Mais ma période préférée a été je pense celle de la guerre et des années qui ont suivi. Bettina Ballard décrit son arrivée progressivement, et nous permet d'avoir une vision plus "mondiale" de la guerre, de part son départ aux Etats-Unis, mais aussi par son engagement au sein de la Croix Rouge. Son retour en France était vraiment très intéressant à suivre, avec quelques moments qui m'ont vraiment passionnés. Comment elle retrouve les gens, le moral des français, les événements marquants qu'ils ont traversé. Puis vient la période où il faut se remettre à travailler, mais comment parler de mode après ce qu'il s'est passé ? Elle ne retrouve pas tout de suite l'enthousiasme de ses collègues français. L'arrivée de Christian Dior est là encore une étape importante et est très bien expliquée par Bettina Ballard. Il apparaît un peu comme le "phénix" qui redonna à Paris sa place d'honneur dans le monde de la mode. L'importance de Dior dans le contexte de l'époque est vraiment bien expliqué et détaillé.
Après Dior arrive la dernière partie du livre, et je dois dire, celle que j'ai la moins appréciée. Elle est toujours intéressante, mais j'avais surtout l'impression de lire une multitude de paragraphes sur une personne différente. Il y avait déjà quelques passages comme cela dans le livre, mais pas sur autant de pages. Il n'était plus vraiment question de Bettina Ballard au final mais vraiment et uniquement "sa mode" - comme l'indique le titre - qui l'entoure au quotidien.
Et c'est bien là le seul bémol que je mettrais au livre, et qui m'empêche de lui mettre 5 étoiles. J'aurais aimé quelques passages un peu plus personnels, plus de "Me and My Fashion" que de "My Fashion" tout court. On ne sait rien de son mari, de sa vie, et on n'a pas vraiment d'informations sur son départ de Vogue... on devine tout juste. Je trouve qu'une petite note plus personnel, tel qu'elle a pu le faire pour sa vie à Paris avant la guerre, aurait rendu l'ensemble plus sympathique et touchant.
Got my hands on an out of the way little indulgence in interwar and post-WWII fashion through the pen of a Vogue editor and author of this memoir. It coulda been a great book with more purpose and vision, less name dropping.
For the Smart Set, confidence emanates from couture clothing, especially for women who were less attractive and/or didn’t know how to put themselves together, “borrowing someone else’s chic.” Dior was exceptional at creating “an inner construction that made the Dior shape prevail whatever the shape of the woman.”
Before WWII, “Women of fashion were at their most powerful—dictators, in a sense, of a luxurious way of life. Their social standing depended very little on being liked—a weak form of leadership—but, rather, on their power to make others emulate the way they dressed or entertained or talked and on their ability to make fashionable the people and places they preferred. Nor was it a period when young women had any standing in the smart world. A woman was not considered important in Paris until she was well in her thirties and had her children behind her so she could concentrate on a fashionable life.” “[Y]ou could never gauge your social success by the invitations you received from socially secure hostesses; they could afford to ask anyone they pleased. But if a climbing hostess who was constantly seeking the “right” people to ask to her parties invited you, you could be reasonably sure that, at least for the moment, you were in the limelight.”
Ballard was in Vienna when Hitler gave the ultimatum on the Sudetenland, in Budapest when the Munich Pact was announced and in Paris when war was declared. Her “unseemly excitement” quickly turned to boredom. She doesn’t give the impression she cared much for politics or history. She and much of her cohort don’t seem to have understood, nor cared, much about the war. Until the later years when life got harder even for the many of the elites. A manger in the Paris Vogue office buried Ballard’s silver for her as she ended up waiting out the war in NYC. After the war, Ballard “was dismayed constantly by the French cynicism, their inability to believe in the ultimate importance of anything except their own families, their overcivilization.