Pour qui cherche des signes, le passage d'une comète est une aubaine, quand bien même elle présagerait des malheurs... Mais comment le Dieu des chrétiens aurait-il permis que les hommes se fourvoient dans des superstitions ? Ces croyances ridicules ne seraient-elles pas plutôt entretenues par les princes et les clercs ? Ainsi s'interroge Pierre Bayle, jeune philosophe dont l'érudition et la virtuosité dialectique sont mises au service d'une implacable démonstration. En taxant le catholicisme de superstition et d'idolâtrie, il semble reprendre le discours protestant contre le "papisme". Mais il le fait de manière originale : sa critique de la superstition pulvérise les habitudes de la controverse religieuse et englobe toutes les croyances. Ces Pensées diverses sont aussi une brillante analyse des fondements de la morale - ne peut-on être moral sans croire en Dieu ? les hommes agissent-ils vraiment selon leurs principes ?-, et une réflexion critique sur les religions, l'athéisme ou encore la manipulation des croyances par les politiques. Célébré par Diderot, qui s'inspirera de son Dictionnaire historique et critique pour l'Encyclopédie, comme par Voltaire, qui lui emprunte bien des idées "éclairées", Bayle est le plus illustre précurseur des Lumières françaises.
French philosopher Pierre Bayle, considered the progenitor of 18th-century rationalism, compiled the famous Dictionnaire historique et critique in 1697 and championed the cause of religious tolerance.
People later renamed Carla-le-Comte as Carla-Bayle in his honour.
His father, a Calvinist minister, and an academy at Puylaurens educated him. He afterwards entered a Jesuit college at Toulouse and, a month later in 1669, joined as a Roman Catholic. After seventeen months, he returned to Calvinism and fled to Geneva.
The teachings of René Descartes acquainted him. He returned, went to Paris, and for some years worked under the name of Bèle as a tutor for various families. In 1675, people appointed him to the chair at the Protestant academy of Sedan. In 1681, the government suppressed the university at Sedan in action against Protestants.
Bayle fled to the Dutch Republic just before that event, and the École Illustre in Rotterdam almost immediately appointed him professor. He taught for many years, but a long internal quarrel in the college embroiled him. As a result, people deprived Bayle of his chair in 1693.
Bayle in Rotterdam died. People buried his body and that of Pierre Jurieu, seven years later, in the Waalse Kerk.
J’ai délaissé ce livre pdt mes études car j’étais persuadée qu’il allait me soûler mais au final c'était top !!
Bayle part d’une superstition qui nous paraît désormais ridicule (les comètes = un signe divin annonçant un grand malheur) pour discuter de moralité, des mœurs, de la nature humaine, des dangers du dogmatisme, du libre arbitre et (avec les barrières de l’époque) de science et laïcité (il désenchante le monde en proposant une économie des miracles tout en conservant Dieu en cause première). J’ai trouvé son essais aussi divertissant qu’intéressant, rien que son personnage de catholique peu crédible était au top ahah
Y’a vraiment qch pour tout le monde dans ce livre ! Bayle discute des conflits basés sur de fausses prémisses, de la curiosité humaine, de la sagesse en dehors de la foi, des difficultés des morales dogmatiques (les hommes ne respectent jamais leurs principes en situation), de l’amoralité "naturelle", des différences entre opinion dominante et vérité, du manque de logique dans le traitement des "péchés" (on brûle des hommes pour une moindre offense, comme la remise en cause d’une théorie théologique dominante, et on pardonne des autres pour plus grave, comme des meutres, par peur de renverser l’ordre des dominants => dans la 1ere situation les religieux et leurs discours sont eux mêmes remis en cause vs 0 chgt concret). Il ose critiquer la moralité des croisades en les rattachant au désir de violence et domination et s’il n’ose pas critiquer trop ouvertement la religion du roi il est facile de rattacher sa critique de l’idolâtrie aux problèmes du catholicisme à son époque et d’y trouver le plaidoyer caché pour la tolérance religieuse, même l’athéisme dont il reste très critique. Il touche les premières Lumières eheh
Le thème central reste l’ego/hybris dont l’étude et la critique reviennent à chaque section. Si on enlève la dernière partie où il se fait stratège pour la France j'ai été globalement très surprise et satisfaite de cette lecture ! Le style est plaisant et l’édition est vraiment au top :)
the first systematic account in the history of political thought that a stable society of atheists could exist, in principle. disentangling religious belief from practical virtue, bayle presents us with an account of the human heart and the passions that motivate us to act. it is amour-propre, or self love-- the love of self as interpreted through the lenses of what others think of us-- that motivate us to act-- specifically the desire for honor and the aversion to dishonor. smart, sharp, and to the point.