4 octobre 1989, Jens, le père de Johanna alors âgée de 2 ans, disparait quelques semaines avant la chute du Mur de Berlin. Elle grandit à Löcknitz, sans nouvelles de lui, avec sa mère, Astrid, collectionnant les vieilles cartes du monde incomplètes représentant des contrées alors encore inconnues: un clin d’œil à la scission des deux Allemagnes et à cet Ouest pourtant désormais accessible mais abritant, pense-t-elle, le mystère de la fuite de son père, ancien musicien en rébellion contre la Stasi. Quand il lui fait enfin signe, elle vit depuis 4 mois à Berlin où elle apprend à conduire des tramways. Il est à l'hôpital, mourant et privé de langage. Elle y rencontre Antonia, sa demi-soeur et Hilde, sa grand-mère qu'elle ne savait pas vivante, qui ne l'aident malheureusement pas à éclaircir la fuite de Jens. L'originalité du roman se trouve dans les rapports et procès-verbaux entourant l'arrestation de son père en 89, rédigés par un certain Séléné, qui s'avère être en fait elle-même. Pour se guérir, se consoler de l'absence paternelle, elle s'invente ainsi le récit de sa fuite. L'auteure fait ainsi la part belle à l'écriture et à son pouvoir thérapeutique.