Une collection de 5 nouvelles courtes (ou plutôt, 2 nouvelles et 3 vignettes) d'histoires de femmes aimées, aimantes, désirées et rarement atteintes. Les hommes de ces histoires sont souvent stupéfaits par la beauté exotique (arabes, gitanes, créoles) de ces femmes énigmatiques, incapables d'agir face à ces objets de désir.
3.5 étoiles globalement (longueur et qualité inégale dans ces histoires brèves) mais avec quelques passages superbes:
"On dit tant de choses dans une vie, et puis ce qu'on a dit s'efface, ça n'est plus rien du tout. Cela, ce que je voulais entendre, dans la musique du vent, dans le grondement des voitures qui montait des rues de la ville, avec cette bulle de lumière rouge autour de nous, comme si nous étions pris dans une aurore boréale. Dire à un fille, comme au cinéma: « Je t'aime. Mon amour. » L'embrasser, toucher ses seins, coucher avec elle dans les collines, avec le bruit du vent, l'odeur des pins, les moustiques, sentir sa peau douce, entendre son souffle devenir rauque, comme si elle avait mal. Quand un garçon reste la nuit avec une fille, est-ce que ce n'est pas ça qui doit se passer? Mais je tremblais, je n'arrivais même plus à parler." Le temps ne passe pas, p. 160
"Le souvenir de ce temps où chaque jour était la même journée, une seule journée de l'existence, longue, brûlante, où j'avais appris tout ce qu'on peut espérer de la vie, l'amour, la liberté, l'odeur de la peau, le goût des lèvres, le regard sombre, le désir qui fait trembler comme la peur." Le temps ne passe pas, p. 161
"Et puis, brusquement, avec la cruauté bouleversante des filles, Gaby n'avait plus voulu de lui." La saison des pluies, p. 207
"C'était comme autrefois, quand elle marchait sur la route, pour rejoindre Ananta, et qu'elle passait à côté de Ti coco sans le voir, avec cette cruauté inconsciente des filles trop belles." La saison des pluies, p. 249