"Je méprise les artifices décrits dans les livres et vendus, dans les vitrines des magasins spécialisés, sur de jolis présentoirs où brillent le verre poli, le métal et le cuir. Je n'ose pas les morceaux de bois, les manches de couteau, tout ce qui blesse et mutile. Je suis une soumise de province taillant des carottes sur un coin de table, je travaille à réduire ma folie par des aménagements ridicules. L'humiliation que je cherche ne naîtra jamais devant vous qui m'aimez, elle ne me viendra pas du regard des voyeurs. L'humiliation, pour être pure, doit être solitaire. Car il faut bien que quelqu'un comprenne un jour ces hommes qui dorment sur les bancs du métro, enroulés autour d'une bouteille, seuls d'un malheur sans art, du vomi à leurs pieds, ou ces folles qui marmonnent dans la rue et n'arrêtent personne car elles ne s'adressent à personne". Un homme et une femme vivent une passion singulière, aussi ritualisée qu'extrême. Le récit d'une emprise et de sa subversion.
Me compré este librito aleatoriamente porque el título me pareció curioso y ahora creo me voy a acordar de la protagonista durante muchos años. Sadomasoquismo aparte, en el fondo es un libro sobre los que viven para los demás sin tener a nadie para quien vivir. El final me ha puesto tristísimo.
Un roman pour le moins singulier, dérangeant parfois, mais profondément intéressant. J’avoue m’être plus d’une fois posé la question : « Qu’est-ce qui peut bien fasciner autant dans le BDSM ? » Ce livre n’y répond pas par le biais de théories ou de clichés, mais en nous plongeant directement dans l’esprit d’une soumise. Peu à peu, l'on comprend ce qui l’attire dans cette reddition totale, aussi bien physique que mentale. Le cœur du roman bat au rythme des blessures et des tabous d’enfance, omniprésents dans les trajectoires des deux protagonistes — comme elles le sont, à des degrés divers, chez tout un chacun. Mais ce qui est encore plus troublant, c’est cette quête d’abandon, ce désir profond de ne plus avoir à décider, à réfléchir, à porter le poids de soi-même. Déléguer son être, presque religieusement, à un “maître” qui “ne veut que notre bien” (comme stipulé dans le contrat…) Certaines scènes, particulièrement explicites, pourront en rebuter plus d’un. Une en particulier, scatologique, m’a mis franchement mal à l’aise (ceux qui auront lu le livre sauront de quoi je parle). Mais Caroline Lamarche ne cherche ni à choquer gratuitement, ni à flatter le voyeurisme du lecteur. Elle assume un propos frontal, sans détours, mais réussit à ne tomber ni dans le faux-semblant, ni dans le vulgaire, ce qui est tout à son honneur. En somme, un petit roman audacieux, dérangeant mais éclairant, qui m’a permis de mieux comprendre une facette très spécifique du désir, et les ressorts psychiques qui peuvent l’animer.