« Pour être sûre d’être féconde, que ma trogne pût quelque jour faire grimacer les sublunaires foules, ma mère avait mis toutes les chances de son côté »
« Une voisine camerounaise, native de Douala, lui ayant vanté (contre l’avis de mon père) l’inattendu bénéfice des pharmacopées excrémentielles, elle avait passé des jours, souvent des nuits, à badigeonner la peau de son ventre de déjections canines, félines (les chats et les chiens venant remplacer au pied levé les crocodiles et les hippopotames de l’ordonnance originelle), mais aussi de fientes de mouettes, de crottes de lapins, de hamsters, de tortues d’eau, de lézards, ainsi que de chiures de mouches dûment, patiemment recueillies par mon père (lequel, chaque samedi matin et chaque mardi soir, devait encore lui introduire dans la cavité vaginale des épines d’acacia finement broyées, de la résine de térébinthe, de la coloquinte, de la gomme arabique, de l’herbe de bœuf, mélangées à des dattes et du miel, le tout étendu, comme il en va des tartines beurrées, sur un tampon de fibre – ce, afin que sa femme ne tombât pas une nouvelle fois enceinte pendant sa grossesse »
« M’enfuir dans les amères eaux de ma mère, brasse crawl papillon, n’eût servi à rien – ils m’auraient retrouvé, ceux qui voulaient à tout prix que je connaisse le parfum des sycomores, la puanteur des pots d’échappement, les chagrins d’amour, les devoirs surveillés de topologie »
« Nous naissons bêtement de cet assaut caudal, des attaques de cette chair électrocutée, qui retombera comme une algue, et stagnera comme un étang décédé »
« J’ignorais tout de la configuration zoologique d’un humain : eussent pu, en lieu et place, m’apparaître des scarabées géants et lustrés, d’un rose fraise, des gastéropodes à gueule de lama (avec billes de porcelaine ou punaises rouillées en guise d’yeux), que je n’eusse point été plus étonné que de découvrir la tête idiote d’un moustachu ventripotent, d’un bubonneux rouquin ou d’une infirmière au carénage postérieur agaçant le sang des bites. »