Jacques Rougeron a douze ans, l'âge où les mots s'enchaînent pour rien, hurlés sous le préau de l'école ou murmurés à la table du père. Jacques Rougeron regarde jaillir ces mots sans pouvoir en attraper aucun. Jacques Rougeron est bègue. Il est bègue, mais le petit Bonzi, son ami, lui dit qu'une herbe magique existe, qui peut le guérir de son mal. Qu'elle existe chez les Indiens, très loin, mais aussi à Lyon, chez lui, et qu'il n'a qu'à goûter ce qui pousse dans la ville, sur les murs, entre les pavés, sur l'écorce des arbres, au pied de son immeuble, même. En attendant sa guérison, le petit Bonzi lui explique comment être respecté à l'école et aimé à la maison. A l'école, il n'a qu'à dire que son père a brusquement disparu de la maison. A la maison, il n'a qu'à prétendre qu'une épidémie de peste s'est abattue sur l'école... Nous sommes le dimanche 29 novembre 1964. Entre deux bouchées d'herbe, Jacques Rougeron raconte que son père a disparu et que la peste décime ses copains. Il sait que dans cinq jours, ses parents ont rendez-vous avec Manu, l'instituteur. Que tout sera découvert. Cinq jours. Cinq jours hors d'haleine pour devenir grand. Cinq jours avec le petit Bonzi à ses côtés. Le petit Bonzi, son ami, son presque frère, sa part de secret, son ombre. Bonzi, celui qui le regarde maintenant se jeter dans le piège.
Un joli roman sur l'enfance, le bégaiement, les violences parentales, l'école et la difficulté d'être différent. Certains passages sont émouvants mais dans l'ensemble, ce roman n'a pas réussi à me transporter complètement.
J'ai l'intention de lire tous les romans de Sorj Chalandon, j'ai donc commencé par le premier. On sent que c'est un premier roman, mais c'est un livre sensible et probablement à dominante autobiographique, qui met en lumière un sujet peu traité : le bégaiement. C'est une jolie histoire triste, un enfant qui échappe à la réalité en se racontant des histoires et en trouvant toutes les alternatives possibles aux mots compliqués à prononcer quand on est bègue. Le personnage du professeur m'a également beaucoup touchée, il m'a fait repenser à une de mes institutrices dont je n'ai jamais oublié le nom. Un livre émouvant.
"L'hyperbolie collectivisme emphatique déroulant simultanément de l'être à l'humus" = Exercice de prononciation pour bègue...
J’ai bien aimé la fin, triste, qui m’a émue. J’ai aussi bien aimé cette atmosphère de fin d’ancienne école et ce merveilleux personnage de professeur si triste et si impliqué auprès des enfants. Mais le livre est lent et j’ai eu du mal à accrocher. Je n’ai pas vraiment réussi à trouver Jacques sympathique et à m’identifier à lui et, à part à la fin ou le récit se dénoue, il ne se passe pas grand-chose dans ce roman
Premier livre de Sorj Chalandon, le petit Bonzi raconte l'histoire douloureuse d'un petit garçon de 12 ans , atteint de bégaiement , qui lutte au quotidien avec les mots et qui s'est créé une sorte d'univers parallèle qu'il partage avec son ami imaginaire, le petit Bonzi du titre. Écrit comme un journal qui consigne la vie à l'école, les émotions, les peurs de Jacques mais aussi la richesse de son imagination et son amour des mots qu'il veut à tout prix dompter, ce premier roman contient aussi en germe des thèmes qu'on retrouve dans les livres suivants de l'auteur : le père qui alterne complicité et violence, la mère presqu'absente qui n'apporte aucun réconfort, une enfance triste et solitaire en somme.
J'avoue avoir eu du mal avec cette lecture, moi qui apprécie énormément Chalandon dont j'ai lu tous les livres ( sauf le dernier, pas encore lu !) Trop d'images douloureuses (comme le jeune garçon se réfugiant sous son lit pour écrire ses secrets sur les lattes du sommier), une atmosphère pesante renforcée par la répétition des rites et des mots. Heureusement qu'il y a une figure positive en la personne du maître d'école qui perçoit la souffrance de son élève et lui vient en aide, à ses risques et périls .Je n'ai pas trop aimé la fin de l'histoire d'ailleurs !
Bref, contente d'avoir lu le premier Chalandon mais il n'entre clairement pas dans mon top 5 de ses romans !
On retrouve beaucoup des romans suivants de Sorj Chalandon dans ce premier livre. Les thèmes de l'enfance en souffrance, du père violent et de la mère effacée, avec un fond autobiographique peut-être. J'ai été moins sensible à ce roman de Chalandon, sans doute parce que le sujet m'intéressait moins. Cela n'enlève pas ses qualités à ce texte sensible et délicat.
J'ai commencé à lire Sorj Chalandon avec Le Quatrième Mur que j'ai adoré, et j'ai ensuite poursuivi avec d'autres de ses romans qui ont souvent un thème qui ne m'attire pas à la base, mais j'aime son écriture alors j'y trouve mon intérêt. C'est donc pour le style que je donne ma 3e étoile, mais l'histoire en soi ne m'a pas intéressée. Au moins il y a peu de pages, ça se lit rapidement.
Je ne m’attendais pas une histoire si triste. L’écrivain arriva à bien manifester les contradictions des adultes. De son père en violent mais soutenante, de sa mère attentive mais absente. Et son maître qui lutte contre ses propres émotions. C’est un roman très émotif, limite drama. Créatif mais pas très attrapant finalement.
Pas si accrocheur que les livres de Chalandon que j’ai lu mais son prose a une énergie qui me plaît. Ce roman était son premier. Pour moi il a bien évolué comme écrivain et je vais lire tout son œuvre dans les semaines à venir.
Un livre magnifique sur un enfant sensible qui s'échappe des maux ordinaires du monde qui l'entoure par les mots: les mots qui fuient devant les autres (bégaiement), les mots qui crééent une amitié (le petit Bonzi) et les mots qui le transportent (cahiers de mots). Servi par un langage très juste et très poétique. Un bonheur de lecture!