Tout simplement génial! La présente théorie est enracinée dans une longue pratique. Premièrement, Berman nous propose une archéologie de la pensée de la traduction, depuis les premières traductions de la Bible jusqu'aux concepts actuels de la traductologie. Ensuite, Berman souligne le rôle primordial des Romantiques allemands dans la constitution et l'évolution de la traductologie. Mais il ne faut surtout pas oublier qu'il est l'un des premiers à parler de la nécessité de définir un champ spécifique, réservé aux études traductologiques. À travers les écrits d'Antoine Berman j'ai eu l'impression d'assister à la naissance de la pensée, dans ses mouvements les plus intimes. Impressionante dans son ampleur, la réflexion de Berman s'apparente par moments à une philosophie de la traduction. "L'épreuve de l'étranger" demeure pour le monde de la traductologie l'un des grands textes novateurs de notre temps dans le champ d'investigation de la problématique actuelle du traduire!
La linguiste en moi a trouvé de l'intérêt à cette lecture... Mais en même temps c'était si lourd... je n'y ai définitivement pas pris plaisir. La faute en partie à écriture bien trop technique. Pourquoi ai-je parfois eu l'impression de lire une mauvaise traduction de l'allemand alors que l'auteur est français?...
Sous les auspices d'une Madame de Staël qui écrivait dans « De L'Allemagne » : « L'art de traduire est poussé plus loin en allemand que dans aucun dialecte européen. Voss a transposé dans sa langue les poètes grecs et latins avec une étonnante exactitude, et William Schlegel, les poètes anglais, italiens et espagnols avec une variété de coloris dont il n'y avait point d'exemple avant lui », Antoine Berman, théoricien français de la traduction, docteur en linguistique et traducteur de littératures allemandes et latino-américaines, s'attache ici à analyser la culture et la traduction dans l'Allemagne romantique. Son essai est consacré à Herder, Goethe, Schlegel, Novalis, Humboldt, Friedrich Schleiermacher, Hölderlin, comme l'indique fort bien le sous-titre. Une lecture assez « ardue », mais à fructifier avec joie par tout futur traducteur littéraire.