De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s'adressent successivement au même homme : sa mère, la femme a laquelle il a tourné le dos parce qu'il l'aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu'il n'en est pas épris, sa sœur enfin. À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d'un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité... Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite. D'une magnifique sensualité, ce roman choral, porté par une langue sculptée en orfèvre, restitue un monde d'autant plus mystérieux qu'il nous est étranger... et d'autant plus familier qu'il est universel.
Léonora Miano may be the most necessary writer working today, returning again and again to the consequences of the Transatlantic Slave Trade and colonialism, with a clear understanding for how those forces shape the modern world - a world defined by racism, patriarchy, and a neo-colonialism woven into the fabric of our lives under the banner of global capitalism. Seagull Books has been slowly bringing Miano's work into English, first with the 2018 publication of Season of the Shadow (La Saison de l'ombre) - one of the greatest works yet of this century - and now with the first volume of the two-volume Twilight of Torment (Crépuscule du tourment). This volume is a series of four monologues: the speakers are four women of African descent who are speaking to a man who is not present. The four women have various relationships with the man and come from different social stations. Miano's decision to have four women speaking to a man who is not there is pregnant with meaning. Each woman speaks about her life, her struggles, her dreams - but the women all seem to understand themselves in relation to the man and, by extension, the world that was created for the man. A number of themes are explored, from the scars of the colonial era, to domestic violence, to sex (and finding fulfillment in a same-sex relationship), to economic power disparities. Each monologue is different in tone and style from the others, yet together they form a coherence that highlights the secondary position of the women, as they themselves perhaps understand subconsciously. This in turn mirrors the way Africa is positioned with respect to the rest of the world. The women experience joy and hope, yet it is a joy and hope forever constrained by circumstances. Gila Walker's translation nicely captures the tones and textures of the four speakers. This is not a typical novel with plot and story beats, but rather a searing high-concept fictional work that cuts to the heart of what it means to be African, and a woman of African descent, today.
I thought Miano’s earlier novel Season of the Shadow was a tremendous literary achievement. I couldn’t get into this one at all. I never got to grips with the second person point of view or all the intellectualizing. Just not for me. Abandoned 55% of the way in.
C'est un roman féminin qui explore les tourments des femmes dans une société attachée à son passé meurtri par la guerre et la colonisation. Le poids de l'identité, la spiritualité, la sexualité, l'amour et la famille sont les sujets principaux sur lesquels s'expriment quatre femmes, chacune à sa manière, elles s'adressent toutes au même homme avec lequel elles partagent un lien direct, un homme faible, fragile et souffrant de la violence qu’a vécue sa mère par son père chose qui a tué toute velléité d’amour en lui et la poussé à agir de même. Le roman est écrit dans une langue extrêmement envoûtante, j'étais tellement ravie de cette lecture que je ne peux qu'encourager chaque femme à le lire, elle s'y retrouvera dans les détails les plus intimes.
The legacy of colonialism, patriarchal society, ancestry, class, family dynamics and domestic violence all intersect in this powerful novel which explores femininity, sexuality and self-identity in contemporary African/African origin society. Extending over the course of one stormy night in the middle of the dry season in an unnamed African country, the narrative is carried by four women in turn, each addressing a man who is not present but involved in a pivotal violent event midway through. His mother, his former girlfriend, his fiance and his sister speak to their own circumstances, their history with him and their personal dreams for the future. Each voice is unique, and each woman is complicated, carrying her own baggage. I am not typically a fan of multi-voice narratives, but this one is very well executed. It is a distinctly feminist novel, yet one which underlines the damage that patriarchy enacts on both women and men. This is a two part novel, the second volume picks up the perspective of the man who is connected to each of these women, commencing on this same night. I expect to read that in the next month or two. A longer review can be found here: https://roughghosts.com/2023/03/03/wh...
Ce n'est pas facile d'écrire un avis sur ce formidable roman, qui est tellement profond et bouleversant.
Par des monologues de quatre femmes, liées au même homme par différents types de relations (mère, soeur, amant), Miano explore les traumatismes infligés par la domination patriarcale et l'histoire d'exploitation coloniale. La revalorisation de la spiritualité africaine et la redécouverte de l'amour interdit entre femmes sont des fils rouges dans le livre.
C'est un livre puissant, intelligent, engageant. J'ai simplement adoré.
La plume de Leonora Miano est envoûtante. Elle arrive avec une extrême dextérité à aborder les thèmes essentiels de la vie: le poids de l'identité, les combats intérieurs, l'existence de Nganga, le pouvoir de la Femme, la place du sexe et le tourment de l'Histoire. Un livre à dévorer
Ce livre est une veritable pepite. Au travers du regard de quatre femmes, Miano s'engage dans une reflexion profonde sur l'identite, la sexualite, les normes sociales, et les effets du colonialisme. Elle nous brosse un portrait de femmes complexes, qui sont a la fois subjugees et combattantes et qui tentent de se forger un 'moi' unique et libre. Je trouve que des romans sont parfois trop facilement designe comme 'feministes', mais Crepuscule du tourment merite a 100% ce qualificatif.
Nous n’aurons pas besoin de parler de toi, je suis heureuse que ce soit elle qui m’ait trouvée, secourue, nous étions déjà liées, et nous sommes deux sans-généalogie venues sur le Continent en quête d’elles-mêmes, nous sommes celles qui mettent au monde leurs ancêtres par l’imagination, la projection, celles qui redéfinissent l’ancestralité, rien ne nous manque, ce que nous cherchons est en nous (...)
A four part novel, built on the stories of four women, who all have one person in common, a man - the son, the fiancee, the lover, the brother. Their stories and lives are written in long epistolary form to him. And yet, I cant help the feeling that this man is every man, the limit, the boundaries against whom they all push to find themselves, establishing their identities in a post-colonial world, drawing strength from their roots in an unspecified Subsaharian country. Within the confines of their identities, sometimes forged in the North (or the white West) and sometimes in the South (black Africa, the Caribbean?) they are left alone and without support by man to rediscover their inner selves, the true meaning of their being amidst ancient dreamlike states and the day to day reality of a male dominated society. Freedom does exist, but only in the magic found in other women. Therein lies the magic, pure womanly sensuality that goes beyond the societal role of reproduction, that transcends the daily grind of humiliation and male violence, to resurface as pure joy, pure energy, pure love.
Il y a une littérature que j'aime de plus en plus : les livres d'autrices qui offrent un choeur de femmes. Et c'est exactement le cadeau que nous fait Léonora Miano avec ce premier volet de "Crépuscule du tourment".
Ce livre est beau : l'écriture est sublime (bon, c'est Miano donc pas trop de surprise sur la qualité exceptionnelle de la prose) ; les personnages sont beaux (ce qui inclut leurs défauts, évidemment, c'est leurs imperfections qui les rendent si intéressants et réels) ; les liens entre les différents femmes dont la vie est touchée par cet homme (fils, amant, frère, compagnon) sont compliqués, entre incompréhension, ressenti, solidarité et bienveillance, ce qui rend ces relations tellement belles.
Chaque femme a sa propre voix qui se distingue dans le style d'écriture, dans le vocabulaire, dans la façon dont les phrases se suivent. A aucun moment pendant la lecture je n'ai été sortie du roman en me disant que chaque voix est en fait Miano. Ce n'est qu'en écrivant cette review que je réalise qu'il s'agit d'un choeur chanté par une autrice mais un choeur si bien chanté qu'on entend toutes les différentes voix.
"Être femme, c'est serrer les dents à l'intérieur, s'accrocher un sourire sur le visage. C'est endurer chaque instant. Encaisser les coups du mari."
Ce premier volume de ce roman épique se compose de quatre chapitres, chaque chapitre parlant dans la langue d'une femme africaine subsaharienne ou descendant d'ascendance africaine, racontant leurs histoires au même homme, chacun selon son point de vue personnel, du blâme de la colère, pour révéler ce qu'ils lui ont caché, ainsi que pour parler de Le passé qu'il a recueilli avec eux: la mère, l'ex-petite amie, la future épouse et enfin la sœur. Cet homme qui occupe en quelque sorte la vie de ces quatre femmes est complètement absent du roman et sa voix n'est pas entendue.
Ces quatre chapitres alternent dans un style monologique introspectif, liés par un groupe de faits chaotiques très bien parlés, à travers lesquels ils révèlent leur vie sexuelle, leur quête de la féminité et la découverte de leur corps sans tabous, parlant des relations homosexuelles entre femmes dans un "monde gouverné par une autorité masculine mal réglementée", à propos de S'efforcer de trouver son équilibre, se comprendre et se débarrasser de sa colère face à l'injustice et à la violence, ainsi qu'extrapoler l'histoire douloureuse de leur famille dans le but d'obtenir des réponses qui clarifient les lourds secrets de famille qui ont façonné leur personnalité, ainsi que la personnalité de l'homme qui s'adresse à lui.
Ce roman aborde également la question du colonialisme sous un angle nouveau et différent de ce à quoi nous sommes habitués, en ce qui concerne l'aliénation religieuse et culturelle, d'effacer l'identité africaine et de la remplacer par des traditions coloniales chrétiennes en évoquant le sort de ces femmes et en essayant de rechercher leur identité afin de se libérer de cette culture coloniale qui a formé des générations étrangères.
Une de mes meilleures lectures françaises contemporaines. Un chœur de femmes noires puissant. Le roman est composé de quatre parties, chacune narrée par une femme de la vie de Dio (sa mère, son ex fiancée, son ex, et sa sœur). Elles lui adressent chacune une sorte de lettre ouverte, sur leurs sentiments, sur leurs vies qu’il ignore. C’est puissant et touchant. C’est féministe. La libération de la parole des femmes dans ce roman est grandiose. Les personnages parlent de sujets comme l’amour, le sexe, la misogynie, le rapport a l’autre. Beaucoup de choses sont racontés par des flashbacks, un épisode en particulier est vécu par les quatre personnages. C’est très intéressant. La plume de Leonora Miano est formidable. Chaque personnage a sa propre voix et son propre style. Mais elles ont toutes une prosodie très agréable à la lecture. Un vrai plaisir de lire un roman si bien écrit, avec pourtant des styles d’écritures bien distincts entre les parties. C’est également un roman très politiquement orienté. L’intrigue se passe dans le Continent, jamais nommé mais que nous comprenons être l’Afrique. Il nous immerge dans la culture africaine, à travers sa ville et ses croyances. Mais également dans le Nord, où les personnages ont été faire leurs études. Les contrastes socio-politique entre ces deux endroits se fait ressentir dans tout le roman, la tension est là, palpable. J’ai adoré découvrir une nouvelle facette de la littérature francophone contemporaine en découvrant cette littérature noire et féministe puissante. J’ai hâte de découvrir ces autres romans.
Identidad, sexualidad, feminismo: tres temas que la autora mezcla y expone a través del relato de cuatro mujeres que se dirigen al mismo hombre, que han sentido mismas formas de opresión, pero que viven de manera muy distinta por su edad, su procedencia y su recorrido vital. El léxico que utiliza Miano encaja a la perfección, es capaz de enlazar todo el relato a través de un vocabulario recurrente y su estilo, que florece directamente del corazón, es desgarrador, transparente y más vívido que la propia realidad. Tanto es así que es capaz de ponerte el corazón en un puño, dejarte la piel de gallina y arrancarte unas cuantas lágrimas. Una autora imprescindible que escribe en nombre de la Madre Tierra.
Historia contada desde el punto de vista de 4 protagonistas diferentes que se dirigen al mismo hombre. Estas son: su madre, la mujer a la que ha amado, la mujer con la que comparte su vida y su hermana. Cada una le revela algo de su vida íntima y algunos acontecimientos vividos desde diferentes perspectivas. Además, la ascendencia es algo que siempre está presente... Me ha gustado mucho, además al final hay un glosario que ayuda a interpretar mejor la historia.
Quelle puissance ! 4 femmes parlent à un seul et même homme. Elles ont toutes un lien particulier avec lui et elles expliquent leur comportement, leur rêve, leur vie qu'il ne peut pas connaître. Entre critique de la société et changement, ce livre nous dresse un panorama de l'Afrique et de ses habitants après la colonisation.
[#61 Cameroon] The writing style of this boo is incredibly refined and delicate. The theme it deals with are interesting and important, I really liked this 4-voices reflection.
C’est un texte qui se gagne, la première voix commence très fort, très brutale dans sa vérité, j’ai failli ne pas continuer. Puis elle se fait plus intime, même si elle est encore tranchante. Les autres voix qui suivent m’ont été plus faciles à écouter.
There was much of value to digest in this book but it really did not work for me as a novel, unlike Miano's Season Of The Shadow which was equally rich with ideas and adventurous in form but for me at least had more coherence as a work of fiction.
pour l’instant j’adore, c’est magnifiquement bien écrit, l’histoire est complexe mais la trame narrative efficace et géniale, les personnages ont des caractéristiques hyper précises qui rendent l’histoire super prenante, vive les girlies et vive les femmes et merci mdrr
De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s'adressent successivement au même homme: sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu'il l'aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu'il n'en est pas épris, sa sœur enfin. A celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les memes épisodes d'un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité... Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite. D'une magnifique sensualité, ce roman choral, porté par une langue sculptée en orfèvre, restitue un monde d'autant plus mystérieux qu'il nous est étranger... et d'autant plus familier qu'il est universel.
4,5/5. Ce livre m'a vraiment transporté. Je ne m'attendais absolument pas à ça. J'ai énormément apprécié l'écriture de l'auteur, qui change selon les personnages. C'est le premier livre que je marque autant. La première partie reste ma préférée même si les autres sont aussi très bien. Le seul léger problème avec ce livre est que certains passages sont comme lassant, je me déconcentre un peu puis suis de nouveau captivé par ma lecture.
Livre vraiment intéressant qui explore mes tourments que la Femme noire contemporaine peut rencontrer.. Sexualité, spiritualité, quête identitaire, réflexion sur l'amour, place dans la famille et société.. Presque tout y est. Chaque narratrice a son tempérament et son propre langage. On a à apprendre de chacune d'entre elle. Je regrette d'avoir déjà fini ce livre