Parfois, j'ai un peu peur de lire les livres qui sont autant aimés, parce que je crains de ne pas voir ce que tous les autres ont vu; de me sentir rabat-joie par rapport à l'engouement extérieur. Mais avec « Déterrer les os », c'est l'inverse qui s'est produit. J'ai l'impression que je ne sais pas comment rendre à quel point j'ai apprécié l'écriture de Fanie Demeule, l'essence de son récit et comment il est amené.
Comment rendre à quel point tout ça m'a rejoint, même si je n'ai jamais vécu avec les troubles alimentaires. Si je le mentionne, c'est parce que j'ai l'impression qu'on pourrait croire que le livre nous touchera moins si on ne les pas vécu, si on ne les connaît pas, mais au contraire. Je ne cacherai tout de même pas que c'est sans doute la ressemblance troublante entre la narratrice et la jeune fille que j'étais, malgré tout, qui m'a encore plus jetée par terre. Cette haine de soi, du corps surtout, qui pousse à un certain désintérêt du monde extérieur; une distance avec les autres. Tout ça, évoqué avec justesse. Après avoir lu deux pages, je savais que j'allais mettre cinq étoiles ici.
Et la fin : quelle fin? Parfaite.
La lecture de « Déterrer les os» m'a troublée, oui, mais pour détendre l'atmosphère en terminant avec un fait cocasse, tiens, j'ai cherché en quelle année était née l'auteure pour voir si nous avions le même âge, et non, je suis plus vieille, sauf que surprise! Nous sommes toutes deux Taureau.
(Je ne crois pas à l'astrologie.)