La faculté de droit de l’Université de Montréal est le dépotoir de l’humanité. Tu le sais : t’en es le déchet cardinal. Tu viens de commencer ta première session, mais y a pas une minute à perdre : si tu veux un beau poste en finissant faudra un beau stage au Barreau et si tu veux un beau stage au Barreau faudra une belle moyenne au bacc et si tu veux une belle moyenne au bacc faudra casser des gueules parce qu’ici c’est free-for-all et on s’élève pas au-dessus de la mêlée en étant gentil. Être gentil, c’est être herbivore, c’est se vautrer dans la médiocrité, et toi tu comprends pas la médiocrité, tu aimes pas la médiocrité, tu chies sur la médiocrité. Toi, t’es venu ici pour être le roi de la montagne, et le début des cours, c’est le début du carnage.
Avec ce deuxième roman empreint d’un flamboyant cynisme, Jean-Philippe Baril Guérard trace un portrait sombre de l'obsession de la performance en mettant en scène le monde des étudiants en droit. À travers eux, il décortique de manière toujours plus incisive l’absurde sentiment de supériorité naturelle des classes dominantes.
J'ai jamais été autant provoqué par un récit dans lequel l'enjeu principal est le GPA d'un gars que je déteste profondément. Royal met en scène des personnages amoraux et vils pour lesquels j'ai aucune possibilité d'empathie mais le roman se construit sur une intrigue si concrète et tendue qu'il m'était impossible de déposer le livre. Si c'est possible de hate-read un livre, c'est ce que j'ai fait avec Royal. J'ai adoré haïr tout le monde dans ce livre.
Première constatation: tu peux décaper ton plancher avec ce roman-là. Ayoye.
Cinq étoiles parce que, sous des allures de dramédie cynique, ce qui se passe entre les lignes tient plutôt du roman d'horreur. (Le monde emmuré vivant, moi, ça me fait peur.) Quand un auteur est capable de me raconter quelque chose en écrivant implicitement l'autre côté du miroir...respect.
Cinq étoiles parce qu'un personnage comme ça, tu peux en trouver partout où la quête acharnée de l'argent et du pouvoir fait glisser des milieux vers la psychopathie. Parce que sa pensée est terrifiante. Parce que son aveuglement est ahurissant et à la fois tellement authentique parce que profondément ignorant. Parce que ses histoires de cul, de plus en plus glauques, le trahissent.
Cinq étoiles parce que, dixit le personnage, "le superficiel est un choix". C'est beau la liberté de choisir.
Cinq étoiles parce que les dernières lignes sont effrayantes, un coup au coeur. Tu ravales et tu peux voir la minuscule fissure qui part de la fondation et qui suit son chemin vers le sommet.
Tu ne peux pas ressortir de cette expérience sans avoir l'impression que tes canines sont un peu plus longues. C'est très réussi. Âmes sensibles s'abstenir.
Des personnages détestables, un regard cru et critique, une franchise désarmante, une écriture rapide, presque angoissante. Tout ça donne un excellent bouquin.
4,5/5 parce que c'est un livre très impressionnant, mais pas toujours plaisant à lire.
L’été dernier, notre département légal a engagé un gentil stagiaire, Arnaud. Je me suis très bien entendue avec lui, ce qui m’a surpris car je suis intuitivement méfiante envers les avocats (on a tous nos préjugés), mais en bout de ligne, il me donnait le sentiment d’être comme un petit frère. Nous avons des sens de l’humour absurde qui se ressemble, et un amour partagé des films tellement mauvais qu’ils en sont bons. Il a fait ses études à la faculté de droit où l’action du livre a lieu, et j’aurai aimé l’avoir lu quand nous travaillions ensemble car je lui aurais immédiatement demandé si cela ressemblait à son expérience, parce que… omg. Arnaud est quelqu’un d’adorable, et je peine à l’imaginer dans la faculté de droit de l’U de M/jungle que Baril Guérard décrit.
J’espère aussi que ça ne ressemble pas à l’expérience d’Arnaud, parce que j’ai profondément détesté tous les personnages dans ce livre, tout en me sentant très mal pour eux. Ils ne sont pas simplement cyniques, ce sont des psychopathes, hyper-privilégiés et insupportables. Ils prennent certaines choses beaucoup trop au sérieux, et se foutent d’autres choses avec aucune capacité de mettre quoi que ce soit en perspective. Mais ce qui est le plus malaisant là-dedans est qu’ils sonnent très vrais. Il y a assez d’exagération pour qu’on sente le ton satyrique, mais pas au point où on peut les lire sans penser à quelqu’un avec qui on a déjà travaillé ou étudié. Ce qui est assez inquiétant.
La narration à la seconde personne est inhabituelle, mais habillement utilisée pour happer le lecteur. Je ne saurais évidement jamais ce que c’est d’être un étudiant de droit mâle de vingt ans, mais j’en ai maintenant une idée – ce à quoi je n’aurais jamais réfléchi autrement. Le narrateur sans nom et sa spirale dans la dépression, les idées suicidaires et… ce qu’il fait avec l’étudiante de première année , le tout déclenché par cette obsession de la performance et la culture d’exceptionnalisme des écoles de droit soi-disant d’élite (mais vraiment, dans le système académique au complet) sont si bien capturés que j’avais de la difficulté à lâcher le livre longtemps, même si je savais que ça ne pouvait aller qu’en empirant. Le cynisme et le nihilisme du narrateur est triste mais aussi alarmant. Il n’a pas d’intégrité, pas d’empathie et ne semble pas comprendre que c’est un problème quand cela est soulevé. Il ne voit ni but ni signification à son existence en dehors du sentier très scrupuleusement dessiné vers lequel il a passé sa vie à travailler – malgré le fait qu’il pourrait faire des choix différents et avoir un incroyable succès, sans compter qu’il serait beaucoup plus sain et heureux s’il avait choisi une autre voie. C’est difficile de se sentir mal pour un tel personnage, mais à la fin, je voulais vraiment qu’il trouve l’aide dont il avait besoin, et qu’il irait mieux. Mais ce livre n’est pas un conte de fées.
J’ai vraiment l’impression de vivre dans les bois, parce que j’ai acheté ce livre sur un coup de tête cet été, pour me faire dire par un ami auteur que Baril Guérard est une vedette de la scène littéraire locale; après cette lecture, je comprends pourquoi! Fin comme une lame de scalpel, il ne retient pas ces coups et écrit avec un rythme effréné qui rend accro. Je vais aller me trouver ces autres livres. Je suis très impressionnée, et un peu dégoûtée par ce roman sombre et sans merci!
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4 and a half, because this is an impressive, but not always pleasant book to read.
Last summer, our legal department hired a lovely intern, Arnaud. I got along with him very well, which surprised me because I intuitively distrust lawyers (we all have own pet prejudices), but he ended up feeling a bit like a little brother. We have very similar absurdist senses of humor and bonded over a shared enthusiasm for movies that are so bad they are good. He went to law school exactly where this book is set, and I almost wish I had read it when we worked together because I would have immediately asked him if this is anything like his experience because… omg. Arnaud is such a sweetheart, and I cannot imagine him in the veritable jungle Baril Guérard makes the U of M law faculty to be.
I also hope this is as far from Arnaud’s experience of going to school there, because I loathed every single character in this book, while simultaneously sort of feeling bad for them. They are not just cynical, they are psychopathic, uber-privileged and insufferable. They take some things much too seriously, and other things much too casually, and they lack a sense of perspective. But the most disturbing part is how realistic they feel. They are over the top enough to be satirical, but not to the point where they won’t remind you of someone you once worked or went to school with. Which is upsetting.
The second person narration is unusual, but brilliantly used here both to draw the reader in. I don’t think I’ll ever really understand what it’s like to be a 20-year-old male law student, but now I have an interesting insight into a reality that I would have otherwise never really thought about. The nameless character’s downward spiral into depression, suicidal ideation and… whatever the hell he thinks he’s doing with the first-year student , triggered by the obsession with performance and culture of exceptionalism of so-called elite law schools (and academia in general) was so well captured that I struggled to put the book down, even if I knew it would go from bad to worst. The cynicism, the nihilism the narrator spirals into is sad and alarming. He has no integrity, no empathy, and he doesn’t seem to think that this is a problem when it’s pointed out to him. He can’t find purpose or meaning to his life beyond that perfectly drawn path he has spent his entire life working towards – despite the fact that he could choose to do something completely different with his life and be incredibly successful, not to mention a lot healthier and happier than he can ever hope to be, considering his choices. It’s hard to feel bad for a character like that, but I ended up wishing he would find the help he needs, that he would turn out OK. But this book isn’t a fairy tale.
I sometimes feel like I live under a rock, because I had picked up this book more or less randomly in a small bookstore this summer, only to be told by a good friend that Baril Guérard is a big deal in the local publishing and writing world; from this book, I can see why! He is scalpel-sharp, holds no punches and writes with the sort of pacing that makes his story addictive. I will be looking for his other books. Consider me impressed if slightly grossed out by this dark and unforgiving novel!
Vraiment intéressant de se plonger dans la tête d’un étudiant au barreau avec toute la pression sociale et personnelle qu’un individu peut vivre et qui devient absolument malsain... L’auteur aborde la santé mentale et le suicide d’une façon particulière. Lecture assez sombre, mais qui en vaut vraiment la peine pour pouvoir relativiser avec nos propres défis quotidiens!
La prémisse de l’université, particulièrement du droit et des exigences incroyables de celui-ci était intéressante.
Le départ était assez coup de poing avec des citations mémorables telles : « Et puisse le sort vous être favorable » qui fait penser à Hunger games. Oui oui l’auteur compare le droit à l’uDM (Université de Montréal) à Hunger Games. Je ne suis pas allée à l’UdM ni en droit, mais le parallèle est assez fort.
Au début, j’ai été happée par les dialogues qui sont phrasés différemment de ce qu’on lit habituellement: -.....tu dis -....cousin Fred dit
On s’y habitue mais c’est très étrange. L’utilisation du pronom « tu » est particulier et me rappelle ma lecture de « La femme qui fuit » d’Anais Barbeau-Lavalette. Les deux objectifs étaient probablement différents, mais le moyen est similaire.
On apprivoise l’écriture de l’auteur qui est crue et très cynique. La sexualité est elle aussi présente et quasi violente, pas trop mon genre.
On suit le personnage principal ( a-t-il un nom?) à travers ses études en droit. Il commence avec une sacrée confiance et dès la première épreuve sa chute solide. La dégringolade, la grosse déprime, le monde est franchement noir m’a fait énormément penser à « Naufrage « de Biz. On vie l’anxiété à l’extrême, la dépression, la quasi fin.
Malgré tout ça se lit assez bien. Je ne peux pas dire que je suis fan du style hyper cynique, mais j’ai passé un bon temps. Peu de moments trop long outre la section du paintball. Ça garde un rythme assez rapide.
Les meilleures notes. Longtemps l’unique ambition de ma vie. Petite, j’étais déjà une grande lectrice. Plus ma scolarité avançait, plus je lisais des récits épiques, des histoires d’amour compliquées, des aventures folles, dans lesquels les personnages mis en scène devaient vaincre des monstres mythiques, mettre de puissants vilains hors d’état de nuire ou déconstruire une société dystopique, prouvant ainsi encore et toujours leur courage et leur grande force morale. Et plus je me demandais pourquoi on ne nous donnait tout simplement pas à lire un récit où la quête principale serait d’obtenir les meilleures notes possibles. Sans farce. Je me disais que c’était la quête la plus réaliste du monde, celle à laquelle il serait le plus facile de s’identifier. Celle qui nous attendait tous dès qu’on refermerait le livre. Parce que n’est-ce pas tout ce qui nous sépare des aventures et des grandes quêtes, le fait que nous passons douze ans ferme dans le système scolaire, avec augmentation de peine pour bon comportement? (Ok, ça et le fait de ne pas être orphelin.) Et quand je suis tombée sur Royal de Jean-Philippe Baril Guérard la première fois, au dernier Salon du livre de Montréal, j’ai su que j’avais trouvé quelque chose de rare, quelque chose que j’attendais depuis longtemps. Je l’avais lu d’un trait quelques jours plus tard, mais j’étais tellement abasourdie par cette lecture que je n’avais pas rédigé de critique sur Goodreads. Je m’étais promis de le relire au mois de septembre, pour la rentrée des classes. Et c’est drôle, il y a un véritable engouement pour ce livre sur les réseaux sociaux ces temps-ci. Comme quoi, le GPA, ça affecte tout le monde.
Royal, c'est mon roman go-to pour la rentrée scolaire. Je veux toujours me replonger dans la vie académique, essayer de comprendre pourquoi ça ne me fait rien, d'un automne à l'autre, de ne pas retourner à l’université. Et l’anxiété de performance, même si elle n’était pas aussi forte chez moi que chez le narrateur, même si l’école ne m’a jamais sérieusement donné envie de me tuer, joue un grand rôle dans l’espèce de distance que j’ai aujourd’hui avec ses bancs. J’en conserve de merveilleux souvenirs, mais je vais m’arranger pour que ça reste ainsi.
2020: 2e rencontre avec l’oeuvre Version audio: Radio-Canada Écouter Jean-Philippe Baril Guérard narrer les propos chiants de ROYAL avec sa voix chiante rend le tout encore plus chiant ... encore plus délicieux! ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ ________ 2018: première rencontre avec l’oeuvre Moins trash, niveau langage, que Sports et divertissements, mais tout aussi cru, ironique et suffisant dans sa démonstration. J’ai été profondément touché par la douleur de l’universitaire devant sa décevante GPA de première session. Ça ne me dérange pas qu’il soit un gosse de riche, c’est pas de sa faute. Il est face à une réalité qui n’a rien à voir avec son statut social. Vouloir être le meilleur. Au top. L’ambition, peu importe les motifs qui la soutiennent, dessine les actions du jour et trace la voie à celles de demain. Cause de sa descente. Cause de sa perte, de sa chute. Pour moi, la plus grande qualité de Royal, ce qui rend la lecture si dynamique, réside dans l’utilisation du « tu » de la narration. Ce « tu » tant permissif. C’est la première fois, je crois, que je lis un roman qui n’utilise pas la première ou la troisième personne dans sa narration. J’ai absolument adoré. En bonus, un charmant clin d’œil aux lecteurs de Sports et divertissements. Même ville. Même faune.
Livre acide sur l'obsession de la performance, Royal met en scène des personnages prêts à tout pour obtenir un stage dans un grand cabinet d'avocats.
Les personnages sont vraiment bien campés: leur milieu privilégié est décrit de manière juste assez caricaturale pour sentir la fiction, mais assez juste pour que n'importe quelle personne qui a côtoyé la classe moyenne-supérieure et/ou supérieure puisse reconnaître ses camarades de classe, ses amis, son monde. Ça m'a rappelé ce qui me tapait sur les nerfs chez certaines de ces personnes que j'ai connues au cégep (privé) et en cela l'auteur a parfaitement réussi.
La langue est simple et sert bien les personnages d'universitaires dans la vingtaine. La narration au "tu" amène la distance face au récit, ce qui est intéressant compte tenu des questionnements nombreux du personnage principal face à son avenir et à la façon dont il mène sa vie. Par l'utilisation de ce pronom, c'est comme s'il décrivait la vie de quelqu'un d'autre alors qu'il s'agit de la sienne - comme si les aspects durs étaient atténués par ce "tu".
J’aimerais vous expliquer pourquoi j’ai aimé ce roman et j’en serais incapable. Je l’ai débuté et j’ai été incapable de m’en détacher avant de l’avoir terminé. C’est un savant roman qui allie pression sociale et personnelle, anxiété de performance, santé mentale, le tout saupoudré de personnages amoraux et détestables. Cette plongée dans l’univers d’un étudiant en droit était excellente, je recommencerais demain sans problème! . Cette phrase particulière m'a fait sourire: « Là où il y a de l’avocat, y a de l’avocaterie : la loi existe pour encadrer la sauvagerie humaine, pas l’éliminer. »
Fucking dark. C’est deep, c’est sombre, c’est gluant d’inconfort et de violence. On aime haïr les gens que nous croisons au courant des pages, la pression de performance dans un monde lisse et parfait des semis-dieux aka les étudiants universitaires qui font la course aux stages. Mais peut-on réellement gagner quand on est mort en dedans?
Je dois avouer que je ne penses pas que je serai passé au travers sans la version audio.
C’est le premier livre de cet auteur que je lis, mais certainement pas le dernier. Ce roman écrit au « tu » qui fait qu’on s’y plonge facilement et qui nous implique en tant que lecteur. Une histoire cynique et captivante qui nous illustre ce qu’est la course au stage durant les études en droit qui, je crois, n’est pas très loin de la réalité que ces étudiants vivent… Je recommande !
Seigneur que c’était bon ce livre un GROS coup de cœur 2025. Le style d’écriture tellement accrocheur, cru?!, vrai j’ai adoré. L’histoire ben malheureusement beaucoup beaucoup trop véridique sur cette réalité qui a été la mienne un an avant que j’abandonne le tout pour la santé mentale et lequilibre. Ça rend justice à la toxicité, ce qui se passe dans la tête et ce monde à part qui est loin d’être enviable. Vraiment un livre coup de cœur de par l’histoire laide mais vraie, le style d’écriture, mais surtout par la surprise de cette découverte. Merci Katou !!!
Inconfortable, angoissant, limite trash et un peu étouffant par bout… Triste réalité des étudiants en droit (et certainement dans d’autres domaines) qui, à mon avis, est toujours en vigueur voire plus encore en 2025. Je suis très décue de la fin, mais à bien y penser, est-ce qu’une fin différente aurait réellement été possible!?
Vraiment une lecture enlevante, celui-là! Le personnage principal était exécrable, mais c'était clairement voulu, alors je pardonne. C'était très difficile à lire par bouts, parce qu'on se demandait sans arrêt si l'auteur était juste incroyablement sexiste ou si c'était un effet littéraire (je PENSE que c'est l'option B?). Disons que pour une première lecture de roman écrit par un homme en deux ans, c'était un petit choc. Mais l'histoire était complètement fascinante. Bref, j'ai dévoré. Merci à ma sœur de me l'avoir acheté pour ma fête!
Les livres de Jean-Philippe Baril Guérard (que je n'ai pas tous lus, donc il est possible que je sois en train d'affirmer des énormités) partagent deux caractéristiques: ils se lisent très rapidement (j'avais fini Haute Démolition en moins d'une journée l'été dernier au chalet, et j'ai réussi le même exploit avec celui-ci, sans même avoir le plaisir de pouvoir passer 3h à lire sans bouger de la balançoire de la véranda), et leurs personnages principaux sont tous plus antipathiques les uns que les autres. Je ne sais plus qui l'a formulé dans les commentaires ici, mais si c'est possible de "hate-read" un livre, c'est clairement ce que j'ai fait avec Royal.
Or, Haute Démolition m'avait surtout intriguée par la vraisemblance de son intrigue (clairement collée sur l'actualité, avec l'envoi du courriel des Anonymes et la liste de 21 humoristes dénoncés pour inconduites sexuelles en juin 2019), sur la part de réel, et je l'avais lu comme un roman à clé, comme je m'amusais à le faire avec Les Mandarins du temps de ma maîtrise sur Simone de Beauvoir.
Royal, quant à lui, m'est bien sûr apparu vraisemblable; je suis en mesure de le tenir pour vrai des suites de cinq années passées à côtoyer les royaux sujets du volet collégial de Brébeuf (et à leur enseigner leurs estifis d'accord du participe passé pronominal, comme si c'était SI compliqué), tous anxieux et peu résilients face à l'échec en raison de leur ferme conviction d'être nés pour dominer le monde plutôt que l'habiter, comme nous, les damnés de la classe moyenne, mais il m'a semblé tout juste assez over the top pour me faire "décrocher" de son univers. Il n'y a pourtant rien que j'aie vu dans Suits ou dans Succession qui pourrait me laisser croire qu'il ne s'agit pas là de la façon dont s'organise le monde chez les Élus, mais j'ai décidé qu'il était mieux pour ma santé mentale de ne pas adhérer à cette vision du monde, et je me suis donc empressée de la refuser.
JPBG se mérite donc trois étoiles en raison du (ou à cause du) fait qu'il m'ait poussé à me retrancher dans le déni. Les esprits acérés comprendront qu'il s'agit probablement là d'un traitement injuste, et vous aurez raison (voilà pourquoi il faut lire les critiques plutôt que de s'attarder aux étoiles).
Un livre vraiment particulier. J’étais assez sceptique en le commençant. J’en avais beaucoup entendu parler, mais cet engouement pour certaines œuvres québécoises est malheureusement souvent totalement surdimensionné et ne reflète pas la réelle valeur du livre selon moi. Ce n’est pas le cas ici. Quel roman! La première partie fait un peu penser a American Psycho de Brett Easton Ellis, sauf qu’au lieu de viser le monde de la finance on s’attaque au monde du droit. Vêtement, repas, entrainement, apparence, plusieurs détails superficiels sont décrits en détails par un personnage à la fois obsessif et désagréable. Personnage principal qui est volontairement antipathique, mais malgré tout, j’ai eu de l’empathie pour lui, je me suis même reconnu sur certains aspects, du côté de la perte des illusions, du détachement, sur le fait d’atteindre certains objectifs et d’y arriver avec une lassitude et un total désintérêt envers ce qui aurait normalement dû nous rendre heureux. Je me suis donc retrouvé a poursuivre le roman avec un besoin de savoir comment le tout allait se terminer. Le thème du suicide m’a ��galement rentré dedans assez violement! Le tout, malgré la violence, le sexe, la brutalité de certains propos, n’est pas gratuit et on sent que l’auteur a vraiment quelque chose à dire, une critique de la société, de l’élitisme et qu’il passe par là pour présenter ses idées, peut-être même choqué, mais pas sans raison. Un auteur qui mérite l’engouement qu’il provoque et que je relirai sans aucun doute. Un excellent roman !
On y suit des étudiants en droit qui sont prêts à tout pour réussir et pour se tailler une place de choix dans le monde du droit. L’esprit de compétition est féroce, terriblement malsain et amoral. La pression est à son maximum et honnêtement, elle nous engloutit et nous étouffe.
Le narrateur est dé-tes-ta-ble ! Un jeune homme narcissique qui a l’habitude d’avoir tout ce qu’il veut sans avoir à faire de compromis. Un vrai bébé gâté avec une attitude exécrable.
Pis honnêtement, je ne me tanne pas des personnages abjectes et antipathiques que l’auteur met sur papier. À chaque fois, il nous offre une critique sociale qui nous montre le laid et la stupidité humaine à son meilleur.
« À terme, vous vous planterez des couteaux dans le dos. Tous les êtres humains sont décevants: il faut seulement leur laisser le temps. »
La finale est grandiose !! Toutes ces questions existentielles, tout ce mal être et cette toxicité, pour une simple place de stage… Wow ! J’ose même pas imaginer la suite.
Excellent roman encore une fois. L’auteur ne cesse de m’épater avec ses personnages toujours aussi amoraux, affables et dérangeants. Une trame qui décape, une narration bien rythmée et le développement du personnage m’ont bien plu. La fin n’était pas celle que j’avais anticipée. Un très beau divertissement!
Ce n'est pas un livre qui fait du bien. C'est extrêmement bien écrit et ficelé. Je me surprenais à retenir mon souffle et à sentir ma poitrine se resserrer pendant ma lecture. Enlevant et atroce à la fois.
J’ai adoré ma lecture. L’auteur a un style vraiment unique. J’ai réussi à m’attacher au personnage principal malgré sa personnalité toxique et j’ai même éprouvé de l’empathie pour lui.
C’est ~drôle~ puisque je viens de vivre tout le processus de la course au stage avec mon copain qui étudie en droit & THANK GOD que ça ne s’est pas passé pareillement pour lui 😮💨
Ce n’était clairement pas la lecture la plus légère à lire (TW: suicide), mais j’ai adoré la caricature dressé par l’auteur. Assez eye opening de voir comment certaines personnes peuvent tant souffrir afin de “réussir” dans la vie.
Aussi, le programme de droit est lowkey broken lol c’est un peu absurde tout ça pour moi. BREF, TO READ TO READ TO READ
Très bon! J'étais très curieux de voir ce qui allait se passer ce qui m'a poussé à lire le livre rapidement. Ça m'a pris quelques temps m'habituer au fait que le livre soit écrit au "tu"
Merci à Myriam et Alexa pour cette recommandation. Je le recommande à mon tour. Bravo à Laïna qui a réussi sa prédiction.
J'ai toujours beaucoup de difficultés à apprécier un roman dont le narrateur me répugne. Et ici, un peu comme pour La bête à sa mère, j'ai eu envie de sacrer une volée au gars pendant la presque totalité du roman.
Ouf! Le personnage de ce livre et la réalité dans laquelle il gravite sont à mille lieux de ce que je suis, j’admire et je défend. Et c’est fascinant parce que la façon dont l’auteur a raconté l’histoire de ce jeune étudiant en droit, issu de ce qu’on appelle « l’élite », a réussi à me provoquer une profonde empathie pour ce dernier.
Dans ce livre, il est question de drogue pour stimuler les facultés cognitives (Concerta, modafinil), d’anxiété de performance, de compétition sauvage entre les étudiants, du sens de la vie versus notre répercussion à l’échelle de l’univers, de suicide, de besoin de contrôle allant jusqu’à se traduire dans les relations sexuelles, ...
Cette histoire est, je trouve, d’un réalisme fou. Je suis triste de me rendre compte que plusieurs s’imposent de tenter de répondre aux dictats de « cette élite » même si clairement, cela les rend « heureux », qu’en apparence, et qu’ils en paient le prix de leur santé mentale.
Malgré mon grand enthousiasme pour ce livre, il est à noter, que pour l’apprécier, j’ai du passer outre au style que l’auteur a choisi pour préciser qui parlent lors des dialogues : « Moi non plus je te comprends pas, tu dis. »